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Non, Vienne n’était pas le seul nid d’espions pendant la durée de vie du rideau de fer entre l’ouest et l’URSS.
📌 En 1970, la situation de Trieste, la ville italienne la plus au nord-est du pays, fausse presqu’île sur sa bande de terre dont une partie du territoire a été cédée à l’ex-Yougoslavie, a provoqué une zone de frictions importante.
Passages de la frontière (dans les deux sens), trafics en tous genres (dont des armes) et autres suppressions de témoins gênants, offrent un terreau fertile pour les enquêtes, lorsque l’on est journaliste, né et vivant à Trieste.
C’est le cas d’Ettore Salassi, la quarantaine qui, fils d’un professeur de lycée a fait un mauvais choix lors de la dernière guerre, en rejoignant une brigade fasciste. Pour lui, une erreur de jeunesse mais qui le poursuit toute sa vie. C’est ainsi qu’il se retrouve sous l’emprise du Colonel, un responsable du service de renseignement italien qui lui demande, en parallèle de son activité de journaliste, de trouver certains renseignements non divulguables dans la presse et souvent, de falsifier certains éléments dans ses articles, bref d’être lui aussi un espion !
À la suite de la découverte du corps d’un jeune soldat, sur les bords de l’Adriatique, nous allons suivre Salassi lors de son enquête, cornaqué par le Colonel, jusqu’au dénouement final.
📌 Ce que j'ai trouvé intéressant :
Pietro Spirito mêle adroitement le roman policier et le roman d’espionnage, mais pas seulement. Il présente l’image d’une Italie bien éloignée des clichés de « dolce vita », où l’influence fasciste était encore très présente, comme en témoigne la tentative avortée de coup d’état du Prince Borghese, où le Parti Communiste était encore très présent, où différentes factions espéraient accéder au pouvoir. « Beaucoup pensent que l’Italie est un pays libre, un pays où nous sommes en mesure de tout faire tout seuls. Et en réalité, nous ne sommes que les marionnettes d’un jeu plus grand. » (Page 132).
Dans un style classique, Pietro Spirito nous emporte dans la noirceur de cette ville au nord de l’Adriatique et l’on suit avec intérêt les recherches de Salassi.
Et la question qui se pose en refermant ce roman, c’est de savoir s’il y avait des personnes non corrompues, non-espionnes, justes normales dans le Trieste de cette époque ?
📌 Ce que j'ai trouvé plus difficile : la nécessité de se renseigner sur cette région de l'Italie. Cela facilite la lecture de certains passages un peu compliqués à suivre…
Pour renouer avec les grands romans d’espionnage et passer un bon moment.
Merci aux éditions Métailié
Extraits :
📌 « Beaucoup pensent que l’Italie est un pays libre, un pays où nous sommes en mesure de tout faire tout seuls. Et en réalité, nous ne sommes que les marionnettes d’un jeu plus grand. »
📌 « Voyez-vous, mon ami, ce pays… L’Italie…. C’est depuis que la guerre est finie que nous ne sommes pas capables d’avoir des gouvernements stables, pour nos alliés nous sommes comme une passerelle sur la mer toujours prête à s’effondrer. C’est depuis la fin de la guerre que certains, beaucoup, envisagent la nécessité d’une intervention énergique pour rétablir un équilibre plus… en somme, il faut plus de stabilité. »







