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Méfiez-vous. C’est un roman qu’on commence et qu’on ne lâche plus...
Pourtant, il parait bien classique : encore un récit sur le désespoir et l’enfance difficile en banlieue….
Oui… Et non !😊
📌 Les années 90. C’est Cora qui raconte. Elle vit à Muircross, une banlieue miséreuse proche de Glasgow. Elle a 14 ans, une mère en fauteuil roulant, un beau-père plus jeune sur lequel elle s’interroge : « Qu’est-ce qu’il espérait d’une daronne encombrée d’une morveuse comme moi ? »
Avec son manque de concentration à l’école, les difficultés scolaires s’accumulent. L’alcool, la drogue, la délinquance, la violence deviennent son quotidien.
Pourtant, elle rêve d’un ailleurs, dont les contours sont plutôt flous. Elle se raconte sur plusieurs années, et son envie « d’ailleurs » parait bien compromise...
📌 La force de ce récit est à l’image de Cora. Il est abrupt et lumineux. CASH ET SOLAIRE.
On comprend sa honte pour le milieu dont elle est issue, son sentiment profond d’imposture. Pourtant, la spontanéité la pousse toujours vers l’avant, sans aucun recul, ni réflexion. Un personnage tellement vivant, tellement insaisissable ( le pire et le meilleur ) et surtout tellement attachant.
📌 La plume est elle aussi, à l’image de Cora : souvent désespérée, mais en même temps infiniment réaliste et pleine d’humour. Un humour noir.
Les dialogues sont d’une justesse pas possible. Simples, parfaitement adaptés à la personnalité de chacun. Une écriture rapide et fluide.
📌 Un premier roman très réussi, qui figure, à juste titre, parmi les cinq finalistes du prix FNAC :
- Force et la justesse de l’analyse psychologique.
- Maîtrise de la progression dramatique
- Intérêt de l’environnement social.
Gros coup de cœur !
📌 N’oubliez pas. Il est possible de gagner ce beau roman jusqu’au dimanche 30 aout à 18 h. Sur instagram, commelaplume.
Voir post du dimanche 23 aout.
Extraits
📌 « Un pauvre petit boudin comme toi. Qui se permet de rêver »
📌 A propos du compagnon de sa mère, Gunner
« Qu’est- de qu’il espérait d’une daronne encombrée d’une morveuse comme moi ? »
📌 « Dans le coin, les options pour les filles comme moi, c’étaient l’école ou un chiard, la mise en rayon ou le vol à l’étalage, le gin dans les Weetabix ou la langue dans la prise. »
📌 « Je pouvais difficilement lui dire la vérité. Je me traîne au boulot alors que c’est à dix minutes à pied, et pareil pour rentrer à l’appart. J’ai le bout des doigts engourdi à force de manipuler des plats surgelés. Je me douche. Je mange. Des fois, je vois Pauline mas elle est presque tout le temps avec des potes ou des mecs. « Je reste dans ma chambre à écouter les autres se marrer à travers le plafond. Je ferme les yeux et je regarde mes rêves se désagréger comme une boule de neige mal tassée. »
📌 « J’en revenais pas qu’il nous apprécie, moi ou ma mère et je ne comprenais pas ce qu’il faisait avec nous. Et puis, quand j’ai appris à le connaître, j’ai su très précisément pourquoi on le méritait : un voleur borgne qui tringlait la baby-sitter. »
📌 « T’as l’impression de servir à rien pendant à peu près toute ta scolarité et, d’un coup, tu débarques dans le monde des adultes avec une moustache de sauce tomate en priant pour que personne ne flaire l’imposture. »
📌 « Dans les petites villes, tout te revient toujours à la gueule… et tu finis par croire que cette image qu’on te renvoie, c’est toi. J’ai connu ça, ta mère aussi. (…) Ta mère s’est pris un tas de saloperies, mais elle s’est jamais excusée d’être qui elle était. Quand t’es ado, les opportunités se présentent qu’une seule fois, alors ne sois pas la gamine de Muircross, la fille pas trop sûre d’elle, qui a honte de ce qu’elle est. »
📌 « Ton histoire, c’est toi qui l’écris, ma belle »










