💙💙💙💙
Je ne me rappelle pas avoir vu passer ce beau roman sur les RS…
Certains romans passent à la trappe et c’est dommage… Car celui-ci est dense et concis, chargé de sens et excessivement bien écrit. Une plume précise et fluide.
🏃 1944 – Jean Sautet, pilote français d’origine eurasienne, soutient les alliés, quand son avion est abattu à la frontière sino-birmane.
Il se retrouve dans le camp de prisonniers du Commandant Matsui.
Les deux hommes se reconnaissent immédiatement : Jean a battu Matsui lors des JO de 1924 en France, sur les 5000 mètres.
Une blessure d’orgueil toujours à vif pour le japonais.
« Un Japonais raciste n’acceptera jamais d’avoir perdu contre quelqu’un d’une autre race. Pour lui, toutes les autres races, même blanches, sont inférieures, condamnées à être vaincues par les japonais. »
Par conséquent, Matsui décide de refaire la course 20 ans après dans les mêmes conditions. Les prisonniers devront construire et recréer le stade français dans les moindres détails, et dans les pires conditions.
Un vrai délire qui pourtant va prendre forme !
🏃 Un roman à la fois, d’une dureté pas possible, car elle évoque toute la barbarie de l’homme, et en même temps, très poétique par l’évocation des souvenirs d’enfance de Jean qui s’est déroulée à Van Long ( au nord du Vietnam), proche du camp de prisonniers.
🏃 La tension et le malaise grandissent encore quand Jean découvre des enfants indigènes qui servent de cobayes aux recherches scientifiques japonaises.
« Je comprends que c’est un des enfants-cobayes (…) qui accuse les médecins militaires d’avoir prélevé des organes aux enfants : reins, foie, cœur, pancréas, et à lui-même, les yeux… »
🏃 L’arrière-plan historique est passionnant également car bien documenté. Une guerre et des atrocités qui s’exercent dans tous les coins de la planète...
🏃 Comment l’orgueil et le pouvoir peuvent pousser l’homme dans la démesure et l’inhumanité. Où les situations les plus ubuesques sont acceptées comme « normales » par les japonais ….
« _ Je déclare ouverte la VII Olympiade de Paris.
La phrase qui résonne à présent dans un français approximatif vient d’être prononcée, au plus fort de la seconde guerre mondiale et au cœur de la jungle asiatique, en Chine, par le président Jiro, à qui a été confié le rôle de Président de la République en cette invraisemblable parodie des JO de 1924. »
Comme le génocide juif a été accepté et BANALISE par les occupants et les populations occupées…
Un sujet intemporel traité avec une puissance inversement proportionnelle au nombre de pages ( 150)
🏃 Une belle découverte !
Car je n’ai jamais lu « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de ce cinéaste et romancier chinois, envoyé en rééducation dans le Sichuan entre 1971 et 1974.
Avez-vous lu ce roman ou « Balzac et la petite tailleuse chinoise » ?
Extraits :
🏃« Un Japonais raciste n’acceptera jamais d’avoir perdu contre quelqu’un d’une autre race. Pour lui, toutes les autres races, même blanches, sont inférieures, condamnées à être vaincues par les japonais. »
🏃 « Je comprends que c’est un des enfants-cobayes (…) qui accuse les médecins militaires d’avoir prélevé des organes aux enfants : reins, foie, cœur, pancréas, et à lui-même, les yeux… »
🏃 « _ Je déclare ouverte la VII Olympiade de Paris.
La phrase qui résonne à présent dans un français approximatif vient d’être prononcée, au plus fort de la seconde guerre mondiale et au cœur de la jungle asiatique, en Chine, par le président Jiro, à qui a été confié le rôle de Président de la République en cette invraisemblable parodie des JO de 1924. »







