mardi 9 juin 2026

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La mer est comme la vie, douce et belle, ou dure et violente...

Cela dépend des moments.

⛵Martin Dumont nous raconte son périple sur l’Atlantique, à bord du Yuzu avec sa femme et son bébé. L’auteur parisien, "Citadin, terrien. Amoureux des lumières et du bruit. » est aussi un amoureux de la mer et un architecte naval.

Il nous démontre surtout qu’il y a des moments dans la vie où il ne faut pas hésiter, et suivre son rêve. Même si pour bien des gens raisonnables, s’embarquer ainsi avec un bébé apparaît comme un pari bien risqué…

« Qu’est-ce qui nous pousse à mettre le clignotant, sortir de l’autoroute et nous engager sur un chemin de traverse ? »

Tous les instants sur la mer ne sont pas idylliques, loin s’en faut, mais l’expérience est concluante. En une année, on comprend tout ce qu’ils ont retiré, lui et sa femme, de cette incroyable aventure.

⛵ Je suis surtout tombée sous le charme de l’écriture de l’auteur. Une plume juste et précise, un vocabulaire riche et souvent poétique. Un excellent conteur.

Comme lui, j’ai vu et admiré les algues plancton bioluminescentes ce soir du 10 mai 2024 au sud-ouest des Açores : « Les étoiles sont descendues se perdre dans l’océan. »

Comme lui, j’ai craint l’énorme baleine qui longeait la coque, avant d’être admirative et séduite.

Et je n’ai pas relevé tous les exemples, mais l’écriture est très visuelle.

⛵ Un témoignage intéressant et une belle réflexion sur le sens de la vie, sa fragilité et son inépuisable force.

⛵ Quelques extraits que j’ai aimés :

« En bateau, on parle des trois F ( faim, froid, fatigue), de redoutables brèches dans lesquelles s’engouffre le mal de mer. On en oublie souvent une autre, une affliction qui retourne sans mal les marins les plus expérimentés. La peur ».

« De ces gens si doux et bienveillants que, dans ce monde qui a fait de « gentil » un synonyme de « stupide », ils en semblent naïfs. »

« « Il y a sans doute cette sensation unique de confier sa vie à son embarcation, d’être dépendant de sa coque, son mât, son moteur ou ses voiles. Pendant ces douze mois sur l’eau, Yuzu n’a pas simplement été notre maison, il est devenu notre monde. »

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 26 mai 2026

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Les années 60 – la banlieue proche de Paris et mitoyenne du futur périphérique qui se termine.

C’est là où habite Bibi ( la scénariste, Brigitte Lecordier). Un immeuble dans un terrain vague : « La Zone » comme l’appelle Bibi qui a 5 / 6 ans à l’époque. Une zone de liberté…

🚧 Cette BD est un souffle de vie et de sincérité. Un souffle qui décoiffe car c’est celui d’une enfant qui raconte son existence, avec les yeux de la normalité et de l’habitude.

C’est normal si son père est un gros macho- mégalo-paresseux, c’est normal si sa mère se crève au travail, c’est normal, si les gamins du dessus « reçoivent tellement de branlées par leur père qu’il y en a tout le temps un qui a la tête défoncée. ».  La franchise et l’innocence d’une petite fille de 5 ans.

C’est surprenant lors des premières pages et puis on en redemande…

🚧 C’est rempli de la joie de vivre de l’enfance, même si son frère Mamar ( Marcel) commence à filer un mauvais coton. Le ton est cash et acéré mais jamais triste et plombant. Mention particulière pour le dessin des assistantes sociales, page 101. A lui seul, il donne toute la tonalité du graphisme : coloré, rond mais en même temps juste et précis.

🚧 La tendresse des bras, y a pas le temps pour sa mère. Alors, Bibi va la chercher chez Pouloute, une vieille voisine qui chouchoute les petits.

« Pouloute, elle vit au troisième étage. (…) Un fleuve de tendresse et d‘amitié, j’vous dis. C’est ma copine, Pouloute.

 La grand-mère que j’ai jamais eue… »

🚧 L’attention, c’est Dany, sa grande sœur qui lui apporte. Elle, elle veut sortir de son milieu, devenir instit et elle suit les cours de l’Ecole Normale.

🚧 Ce qui est remarquable dans cette BD, est l’absence de jugements. C’était la réalité de l’époque, elle était énorme, mais on faisait avec…

Un contraste particulièrement réussi pour le scénario et le graphisme entre une vie misérable et l’insouciance de l’enfance.

💛 Un gros bol de joie de vivre et de tendresse dans une réalité pourtant bien difficile !

 

Extraits

🚧 « C’est la naïveté qui rend les gens moins terribles qu’ils ne le sont, ce sont les évènements difficiles qui deviennent juste des épreuves à surmonter. »

🚧 « Mais en face de lui, c’est tous des dégonflés ! Mon père, il dit qu’il est aristocrate-anarchisse, il a fondé son propre parti politique et il est tout seul dedans ! (…)

J’ai jamais osé lui dire qu’en face, ben, y avait que lui…

Je n’ai pas un père, j’ai un reflet. »

🚧 « Ils ont treize enfants et ils reçoivent tellement de branlées par leur père qu’il y en a tout le temps un qui a la tête défoncée... »

🚧 « Tu vois, pas besoin d’aller au cinéma, au treizième, y a tout ce qu’il faut !!! »

🚧 « Pouloute, elle vit au troisième étage. (…) Un fleuve de tendresse et d‘amitié, j’vous dis. C’est ma copine, Pouloute.

 La grand-mère que j’ai jamais eue… »

🚧 « On ne demande rien quand on est pauvre, parce qu’on ne peut pas rendre… »

🚧 « Oh ! Le boucan !!! Ils ont mis le périphérique en service ce matin. Depuis, toute la maison tremble et résonne !!! C’est simple, on ne peut plus ouvrir les fenêtres. Chez madame Boulaztec, les carreaux de la cuisine ont pété !!! »

 


lundi 25 mai 2026

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1941 – Hong Kong

Ce roman cochait toutes les cases pour me séduire :

- Un scénario bien maitrisé. Celui de trois chinoises, dans une famille privilégiée, la mère, sa fille et leur servante dévouée.

- Un arrière- plan historique intéressant. Celui de l’invasion de Hong Kong en 1941 par les troupes japonaises.

📌 C’est bien fait, mais cela ne m’a pas convaincue pour plusieurs raisons : 

- Les trois femmes, et surtout la mère et la fille sont présentées, malgré les situations de danger et de terreur, comme toujours inébranlables et sans faille aucune. Je les ai visualisées, le menton en avant, la parole rageuse et rebelle, quelle que soit la situation.

- Les scènes de rapprochement amoureux sont mièvres et peu crédibles, compte tenu de leur personnalité de Wonder-women…

- Et surtout, les personnages secondaires sont les faire-valoir, et c’est trop évident, de la mère et de la fille.

En revanche, la personnalité de la servante, et du jardinier sont plutôt attachants, mais pas assez mis en valeur.

📌 En conclusion : je ne suis pas le bon public pour ce genre de récit.

J’aime quand le récit et les personnages sont plus nuancés.

Dommage car il est manifeste que l’environnement historico-social est bien documenté.

Extraits :

📌 Le jardinier

« Voilà trois mois que je me plie aux ordres des japonais et que j’exécute leurs moindres commandes. Ils me disent incline-toi et je m’incline. Ils me disent travaille, et je travaille. Ils me disent de ne pas rendre hommage à mes ancêtres et j’obéis. Mais ils m’ont trop pris. »

📌 « L’éveil de celles qui sommeillent pour déplacer des montagnes »