vendredi 17 juillet 2026

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Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu le plaisir de découvrir une aussi belle BD,  tant en scénario, mais encore plus en graphisme !

🌅 9h 52, atterrissage d’un petit hélico sur une ile au milieu de nulle part. Un homme en sort, envoyé par son patron et sans doute, futur locataire. 

le propriétaire l'accueille, explique et montre. Il concède des baux de 50 ans à quelques familles ou individus triés sur le volet, ou plutôt sur leur degré de richesse...

Végétation luxuriante. Énergie fournie par une usine marémotrice souterraine et des éoliennes, gastronomie, tout est fourni aux ultra-riches.  

Ils habitent des palais, tous plus extravagants les uns que les autres. Palais vénitien, palais d’été chinois, énorme riad marocain….

Seuls les ultra-riches peuvent s’offrir ce luxe démesuré… Mais la concurrence est rude entre eux, impitoyable. Montrer qui a le plus. L’ostentation est à la hauteur de l'égo…

10 h 30 -. Quelque chose s’agite dans la mer…

12 h 06 – le fond de la mer…


🌅 Bien sûr, le sujet est classique.

- Peut-on TOUT acheter en étant riche ? Y compris la préservation de sa vie…

C’est un questionnement qui rejoint celui de l’état d’esprit. L’argent, beaucoup d’argent, achète-t-il le bonheur et la sérénité. ?

- C’est surtout une question drôlement d’actualité : où trouver la région susceptible de se protéger de l’accélération du changement climatique ?

🌅 J’ai aimé la justesse des dialogues,  l'acidité et la lucidité du propriétaire quand il parle des riches :

« _ Il y a de la petite délinquance chez les ultra-riches ?

_ Les riches ? Ce sont parfois de grands délinquants ».

🌅 J’ai aimé la galerie de portraits avec une mention particulière pour la cantatrice. Caricatural, juste ce qu’il faut.

Le scénario est celui de Pierre Christin (souvent inspiré par Orwell) assisté de Stella Lory.

🌅 Et surtout, j’ai adoré le graphisme !

Travaillé, tant dans les personnages que dans leur environnement. Les couleurs sont variées, toujours harmonieuses, et les pleines pages sont tout simplement somptueuses. Un bel ouvrage, soigné également par l’éditeur avec des pages épaisses qui offrent un parfait rendu.

BD que j’ai adorée et que je recommande !

 

Extraits :

🌅 « Il n’y a qu’un seul propriétaire de l’ensemble des terrains de l’ile et de leurs habitations… c’est moi. Je reste, les emphytéotes

passent. »

 

🌅 « _ Il y a de la petite délinquance chez les ultra-riches ?

_ Les riches ? Ce sont parfois de grands délinquants ». 

 

🌅« _ Voici, Bret et Azéalia.

Le couple le plus glamour d’Hollywood. (…)

Et leurs nouveaux voisins : le couple le plus glamour de Bollywood. »

 

 

 

 

 

lundi 13 juillet 2026

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La confrontation des hommes aux milieux extrêmes. C’est le rôle du GMHM : Groupe  militaire de haute montagne.

📌Je ne connaissais pas du tout ce groupe militaire spécialisé pour la très haute montagne ou les lieux les plus inhospitaliers.  Exemples parmi d’autres : l’Everest (8848 m), le Kamet (7758 m), l’Amérique du sud, mais aussi les deux pôles.

Un groupe soudé, crée en 1976 à Chamonix où existait déjà depuis 1932, l’école militaire de haute montagne.

Son objectif : « Mieux comprendre la résistance et le comportement du corps humain » dans des milieux hostiles et transmettre l'expérience. 

Transmettre pour l’instruction des cadres des troupes alpines, pour la mise au point des équipements les plus efficaces, pour la résistance de l’organisme :  « Depuis 1992, le GMHM travaille étroitement avec le centre de recherches de santé des armées. Ceci permet une meilleure compréhension de la résistance au froid, du mal aigu des montagnes et de l’hypoxie en haute altitude. » 

Une sorte de laboratoire sur le terrain pour plus d’efficacité des forces armées. 

📌 C’est plus un docu qu’une BD . Pour preuve, l’abondance de textes explicatifs dans les bulles. Au départ, c’est un peu surprenant, mais comme c’est intéressant, bien construit et bien dessiné, on poursuit le cheminement vers les hauteurs avec beaucoup d’intérêt et de plaisir.

C’est surtout une histoire d’hommes, de cohésion du groupe. Des hommes qui se dépassent chaque jour.

A la lecture, j’ai découvert de belles personnalités fondatrices du groupe, comme le Capitaine Antoine de Choudens, comme Dominique Gleize et tant d’autres à qui le récit rend hommage.

📌 Parfaitement documentée avec un graphisme classique qui rend particulièrement compte de la difficulté des milieux, de leur beauté aussi.

Passionnant !

Merci à Babélio et aux éditions Plein Vent pour cette belle découverte.

 

Extraits :

📌 « Crée en 1976, le GMHM ( groupement militaire de haute montagne), prestigieuse unité de l’armée de terre, à la pointe de l’alpinisme, a réalisé avec succès de nombreuses expéditions en Himalaya, en Antarctique, en terre de Baffin (au-dessus d cercle Arctique), aux iles Kerguelen, au challenge des trois pôles. »

📌 « S’aventurer dans la grande ile de la terre de Feu dans les 50ème hurlants, au nord-ouest du Cap-Horn, c’est vouloir se confronter à la partie de la planète ayant les pires conditions climatiques. »

📌 « Mieux comprendre la résistance et le comportement du corps humain » dans des milieux extrêmes.



jeudi 2 juillet 2026

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De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim.

📓Face à la violence du régime de Bachar Al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait un pari insolite : sauver des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

La bibliothèque secrète de Daraya

📓 C’est le récit de quatre ans de correspondance quotidienne via Skype, entre Delphine Minoui et Ahmad ainsi que plusieurs de ses camarades. Chaque narrateur y apporte sa voix et son ressenti.

📓 J’ai beaucoup aimé la franchise et la simplicité des échanges.  L’autrice pose aussi les questions qui dérangent comme celle-ci : avez-vous été tentés par le Djihad ? Ils répondent tout aussi sincèrement que cela a été une tentation pour certains, mais non. Finalement la raison et la réflexion l'ont emporté.

Même si elle manifeste pour les assiégés beaucoup d’empathie, de compassion, elle s’en tient aux faits. Et c’est sans doute encore plus fort et plus émouvant.

📓 Ce livre est la voix de la résistance et de la détermination de ces hommes pour choisir une autre voie que celle de la dictature et de la violence.

Le contraste est particulièrement bien marqué et démontré entre le pire, Al-Assad – Daech, et le meilleur de l’humanité : la liberté, la démocratie, la vie, en réponse à la haine et à la guerre. Cela aurait-il était possible sans les livres ?

📓 Tout le talent et l’engagement de la journaliste-autrice.

Un livre qui m’a marquée et que je souhaitais faire revivre aujourd’hui.

Énorme coup de cœur ! 

📓 A rapprocher du roman de Rachid Benzine de 2025 : « L’homme qui lisait des livres ».

 

Extraits

 📓 « Il me raconte sa ville dévastée, les maisons en ruine, le feu et la poussière et dans tout ce fracas, les milliers d’ouvrages sauvés des décombres et rassemblés dans ce refuge auquel tous les habitants ont accès. (…) Il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ces lectures effrénées pour se nourrir l’esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. »

📓 « Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit »

📓  « A l’ombre de la guerre, les phrases peuvent de nouveau vibrer. Elles sont la marque du temps qui reste, quand tout est condamné à disparaitre. Elles frémissent de tous ces mots, ceux de la sagesse, de l’espoir, de la science, de la philosophie qui résistent à la poudre d’explosif. Parfaitement ordonnés et classés sur les étagères, les mots sont solides, (ils tiennent debout, triomphants, résistants, vaillants, crédibles, empreints de vérité).  Ils offrent des pistes de réflexion, des torrents d’idées, des histoires pour s’échapper. Le monde entier à portée de main. »

📓  « Notre problème n’était pas Israël, ce n’était pas non plus Assad. Notre problème, c’était notre lâcheté, notre manque d’éducation, notre manque de courage pour faire bouger les choses. »

 📓 « Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive. »

📓  « A Daraya, le régime s’est évertué à effacer toute trace positive et intellectuelle de la révolution. Pour Assad, un homme cultivé et éduqué est un homme dangereux, parce qu’il représente un défi à l’ordre établi. Mais j’ai l’impression de ressortir grandi de cette tragédie. Jamais, je ne me suis senti aussi libre, porteur d’une mémoire que personne ne pourra m’arracher »