mardi 3 février 2026

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Lorsque deux symboles du Cambodge éternel traversent l’horreur.

📌Dans ce roman historique, nous suivons les destins de Yith, le jeune moine bouddhiste et Dalin la jeune danseuse traditionnelle. Encore enfants à l’époque du royaume de Norodom Sihanouk, ils acceptent chacun de continuer dans la voie que d’autres ont choisie pour eux.

Lui sera moine après le décès de sa mère, elle sera danseuse au palais royal, mise là par le nouveau compagnon de sa mère, pour se débarrasser d’elle.

Puis, chacun d’eux va se retrouver emporté par le maelstrom infernal de la dictature du Parti Communiste du Kampuchéa, plus connu sous le vocable de « Khmers Rouges », jusqu’au moment où ils finiront par se rencontrer et espérer une autre vie…

📌 A travers ce roman qui retrace quinze années de la vie des Cambodgiens, François Huzar brosse le portrait d’un pays en souffrance, balloté entre l’incompétence et l’inégalité d’un régime corrompu et l’horreur absolue et criminelle d’un régime nationaliste et militaire qui conquiert le pouvoir en 1975.

Un des intérêts de ce récit est la description précise la vie d’avant les Khmers Rouges, une période rarement évoquée. La comparaison entre la vie villageoise près des rizières et celle des citadins de la capitale Phnom Penh. Deux mondes diamétralement opposés.

La description de l’arrivée des forces du Kampuchéa Démocratique dans la capitale nous rappelle le magnifique et terrible film de Roland Joffé, de 1984, « La Déchirure ».

On retrouve la stupéfaction des habitants puis l’évacuation de toute la population vers des camps de travail qui se transforme bientôt en camps d’extermination. L’existence (ou plutôt la non-existence) dans ces camps est particulièrement bien analysée et nous ressentons la dureté, la souffrance et l’inhumanité de ces conditions de vie.

📌 Ce livre est un avant tout un exercice de mémoire pour les plus âgés d’entre nous. N’oublions pas les images de cette époque et après 1980, les découvertes des charniers témoignant des souffrances du peuple cambodgien, ainsi que celles des dernières vagues des « boat people » (après celles du Vietnam).

📌 Un bémol pourtant. Pourquoi avoir choisi une fin digne d’un film indien tourné dans les studios de Bollywood ?...

📌 Cela demeure un roman à recommander, pour se souvenir ou pour découvrir ce que la folie des hommes peut créer au nom d’un idéal politique. Malheureusement, cela continue actuellement, dans d’autre pays.

Parfaitement documenté et passionnant !

Merci aux éditions l’Harmattan

Chronique établie par Gérard G.


 

 


dimanche 25 janvier 2026

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1986 – Les années Thatcher en Écosse.

Les copains, le punk rock, l’alcool, de drogue et le foot.

C’est Jimmy qui raconte. Lui, est un étudiant de 18 ans, son ami le plus proche est Tully, un ouvrier de 21 ans. Infiniment charismatique. Autour d’eux, et inséparables dans ces années 80, leurs quatre copains.

Si on n’a pas les codes musicaux et politiques, on se sent bien seul dans cette première partie… Et je ne parle même pas du foot…

🎵 Il ne faut pas renoncer, car la seconde partie, en 2017, est bouleversante, poignante et surtout intense.

Chacun a fait sa vie, les liens se sont distendus.

Mais quand Tully, gravement malade, appelle Jimmy au secours, ce dernier est immédiatement présent.

Peut-être trop, au goût d’Anna, la femme de Tully…

« Anna gère le plus difficile avec Tully et lui, il met un plan au point avec quelqu’un d’autre. C’est vraiment un truc de mecs, ça. »

🎵Le thème de l’amitié sincère, indéfectible est superbement traité.

Quand l’amitié est plus puissante que tous les autres sentiments, même l’amour, même la maladie. Les deux doigts d’une main, liés à jamais, dans la vie et dans la mort.

« Il parle à travers toi, et tu parles à travers lui »

Merci aux Éditions Métailié

Extraits

🎵 « C’est comme une explosion de vie qui se produit et après c’est fini, dit-il. On a fait notre temps, vieux. Je l’ai accepté, je ne suis jamais allé en Suisse et je suis prêt. »

🎵 « Anna gère le plus difficile avec Tully et lui, il met un plan au point avec quelqu’un d’autre. C’est vraiment un truc de mecs, ça. »

🎵 « Je ne fais pas partie de cette histoire, Jimmy. Je suis sa femme. Et je voulais le garder en vie parce que je ne supporte pas l’idée de le perdre. »

🎵 « Les gens parlent du pouvoir des vieilles amitiés. Je prends ce pouvoir en compte, Jimmy. Il parle à travers toi, et tu parles à travers lui, et il n’y a pas de places pour la discussion. »

 

 

 

 

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Une lecture légère et agréable, mais qui analyse bien un aspect précis de notre société : l’immédiateté, la facilité d’une part et le temps et l’effort d’autre part.

🍇L’histoire :

C’est une véritable correction pour Wei, fils unique d’un magnat de Shanghai d’être envoyé en France par son père, afin de lui rendre compte d’un domaine viticole acheté à Bordeaux.

Il faut dire que l’ami Wei, « fils à papa » totalement immature,  cultive les « conneries »… Trop facile, la vie d’un gamin riche et gâté, avec les copains, les filles, le jeu…

Bien sûr, en France, son état d’esprit reste le même. Sauf qu’il tombe amoureux de Lola, l’œnologue du domaine dont il est chargé de rendre compte.

Et Lola, ne manque ni de caractère, ni d’implication dans son travail….

Allons-nous assister à une véritable mutation ou le naturel va-t-il revenir au galop ?

🍇 Bien sûr, c’est une comédie romantique classique, mais :

1 / Elle n’est surtout pas mièvre.

Les thèmes abordés le sont avec intelligence, lucidité et souvent avec humour.

En plus de ceux évoqués au début de cette chronique, et particulièrement bien traités, elle suggère aussi les non-dits. Comme la difficulté de dire « je t’aime » entre un père et un fils. Voir la page 122.

2 / les personnages sont parfaitement campés, crédibles et bien attachants.

« La tête à claques » qu’est Wei devient touchante au fil du récit.

3 / On apprend aussi beaucoup de choses sur la vinification mais aussi sur son environnement, sur ses codes.

4 / Elle fait du bien et repose de nos lectures souvent ( trop souvent ) bien graves, voire dramatiques.

🍇 Un vrai bouquet de plaisirs que cette BD : scénario bien construit et prenant, personnages attachants, connaissance du vin, et graphisme précis, travaillé et tellement bien colorisé.

A savourer comme un excellent vin ou, cela me parle beaucoup plus, comme un trop bon chocolat noir ! ....

💜 En tous cas, que du bonheur !

Grand merci à Clementine-littéraire et à Grand Angle pour l’envoi de Bordeaux-Shangaï qui titillait ma curiosité, depuis sa parution.