jeudi 2 juillet 2026

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De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim.

📓Face à la violence du régime de Bachar Al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait un pari insolite : sauver des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

La bibliothèque secrète de Daraya

📓 C’est le récit de quatre ans de correspondance quotidienne via Skype, entre Delphine Minoui et Ahmad ainsi que plusieurs de ses camarades. Chaque narrateur y apporte sa voix et son ressenti.

📓 J’ai beaucoup aimé la franchise et la simplicité des échanges.  L’autrice pose aussi les questions qui dérangent comme celle-ci : avez-vous été tentés par le Djihad ? Ils répondent tout aussi sincèrement que cela a été une tentation pour certains, mais non. Finalement la raison et la réflexion l'ont emporté.

Même si elle manifeste pour les assiégés beaucoup d’empathie, de compassion, elle s’en tient aux faits. Et c’est sans doute encore plus fort et plus émouvant.

📓 Ce livre est la voix de la résistance et de la détermination de ces hommes pour choisir une autre voie que celle de la dictature et de la violence.

Le contraste est particulièrement bien marqué et démontré entre le pire, Al-Assad – Daech, et le meilleur de l’humanité : la liberté, la démocratie, la vie, en réponse à la haine et à la guerre. Cela aurait-il était possible sans les livres ?

📓 Tout le talent et l’engagement de la journaliste-autrice.

Un livre qui m’a marquée et que je souhaitais faire revivre aujourd’hui.

Énorme coup de cœur ! 

📓 A rapprocher du roman de Rachid Benzine de 2025 : « L’homme qui lisait des livres ».

 

Extraits

 📓 « Il me raconte sa ville dévastée, les maisons en ruine, le feu et la poussière et dans tout ce fracas, les milliers d’ouvrages sauvés des décombres et rassemblés dans ce refuge auquel tous les habitants ont accès. (…) Il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ces lectures effrénées pour se nourrir l’esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d’instruction massive. »

📓 « Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit »

📓  « A l’ombre de la guerre, les phrases peuvent de nouveau vibrer. Elles sont la marque du temps qui reste, quand tout est condamné à disparaitre. Elles frémissent de tous ces mots, ceux de la sagesse, de l’espoir, de la science, de la philosophie qui résistent à la poudre d’explosif. Parfaitement ordonnés et classés sur les étagères, les mots sont solides, (ils tiennent debout, triomphants, résistants, vaillants, crédibles, empreints de vérité).  Ils offrent des pistes de réflexion, des torrents d’idées, des histoires pour s’échapper. Le monde entier à portée de main. »

📓  « Notre problème n’était pas Israël, ce n’était pas non plus Assad. Notre problème, c’était notre lâcheté, notre manque d’éducation, notre manque de courage pour faire bouger les choses. »

 📓 « Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive. »

📓  « A Daraya, le régime s’est évertué à effacer toute trace positive et intellectuelle de la révolution. Pour Assad, un homme cultivé et éduqué est un homme dangereux, parce qu’il représente un défi à l’ordre établi. Mais j’ai l’impression de ressortir grandi de cette tragédie. Jamais, je ne me suis senti aussi libre, porteur d’une mémoire que personne ne pourra m’arracher »

 

 

 


 

dimanche 28 juin 2026

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Un scénario prometteur : la rencontre de deux enquêteurs bien opposés.

📓Penny Coyne, écossaise, ancienne bibliothécaire de 80 ans, aux allures de Miss Marple : 

« Elle mesure à peine un mètre cinquante et ne doit pas peser plus de deux kilos avec son sac à main, mais faut pas la chercher. »

Et Johnny, un américain, aux allures de Harry Bosch. Lui, est dans le muscle et le respect relatif de la loi. Tout est bon pour trouver l’assassin.

« Je respecte la loi, poursuivit-il. Mais il y a la loi et il y a les règles. Si quelqu'un enfreint la loi et qu'une règle m'empêche de le traduire en justice, je dois respecter quoi : la loi ou la règle ? »

Car chacun enquête sur un suicide plutôt suspect jusqu’au moment (attendu) où les deux histoires vont se joindre.

📓 C’est jubilatoire, car plein d’humour, et addictif car le suspense et les coups de théâtre sont permanents.

Les deux personnages sont parfaitement campés, à la limite de la caricature, mais ce n’est pas gênant, bien au contraire !

Une analyse psychologique bien travaillée avec un jeu de miroirs passionnant entre les styles et les personnalités des deux enquêteurs.

📓 En revanche, je me suis perdue dans la seconde partie, où l’histoire s’est compliquée et m’a paru bien embrouillée. Et c’est bien dommage…

📓 Cela n’empêche, je conserve un excellent souvenir de ce roman pour son action rapide et le plaisir de retrouver sous d’autres noms, Miss Marple et Harry Bosch, ou Dirty Harry, si cela vous parle mieux…

📓 Un roman original, un virtuose du suspense. C’est pourquoi, j’ai très envie de découvrir « l’ange déchu », du même auteur, et paru en 2021. Un thriller familial étouffant.

Merci aux éditions Métailié Noir.

 

Extraits

📓 « - C'est quoi, cet endroit ?
- Une bibliothèque. Vous n'en avez pas en Amérique ?
- Seulement dans les États démocrates. »

 📓 « Je respecte la loi, poursuivit-il. Mais il y a la loi et il y a les règles. Si quelqu'un enfreint la loi et qu'une règle m'empêche de le traduire en justice, je dois respecter quoi : la loi ou la règle ? »

📓 - Lieutenant Johnny Hawke. Voici l'inspecteur Ibanez.
Le type porte sur lui l'équivalent du prêt immobilier de Johnny. Sa coupe de cheveux à elle seule a sans doute couté plus cher que son plus beau costume.

 

 

 

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Je sais. Je ne suis plus une enfant, et même depuis quelques années…Et cela va peut-être choquer certains, mais j’ai adoré cette BD jeunesse.

🌳D’abord, car le graphisme est somptueux. Les attitudes, les expressions particulièrement bien observées et ensuite parfaitement rendues. Regardez la première page, avec la petite fille blottie contre sa mère qui travaille. C’est exactement cela !

S’ennuyer peut-être ( et encore quelques brefs instants) mais rester avec maman !

J’ai beaucoup aimé aussi les couleurs belles et variées, dans les tons pastel.

🌳Quant au texte, il parle aux petits et aux grands :

- Le suspens est permanent. La mère récolte des plantes dans la forêt. Une passionnée et une experte de la flore.

Un soir, puis une nuit s’écoule et la mère ne revient pas de la forêt… Malgré tous les dangers, Nénue part à sa recherche…

- Le besoin vital du lien et de la proximité entre parents et enfants. La souffrance et l’angoisse quand il est menacé.

- La place de chacun dans la nature. Ici, c’est la place de la mère de Nénue dans la forêt qui est remise en cause par ses habitants. Ne vient-elle pas piller LEUR forêt ?

🌳 C’est un premier album pour une jeune autrice talentueuse et sensible.

Une vraie réussite !