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Les années 60 – la banlieue
proche de Paris et mitoyenne du futur périphérique qui se termine.
C’est là où habite Bibi ( la
scénariste, Brigitte Lecordier). Un immeuble dans un terrain vague : « La
Zone » comme l’appelle Bibi qui a 5 / 6 ans à l’époque. Une zone de
liberté…
🚧 Cette BD est un souffle de
vie et de sincérité. Un souffle qui décoiffe car c’est celui d’une enfant qui
raconte son existence, avec les yeux de la normalité et de l’habitude.
C’est normal si son père
est un gros macho- mégalo-paresseux, c’est normal si sa mère se crève au
travail, c’est normal, si les gamins du dessus « reçoivent tellement de
branlées par leur père qu’il y en a tout le temps un qui a la tête défoncée. ».
La franchise et l’innocence d’une
petite fille de 5 ans.
C’est surprenant lors des
premières pages et puis on en redemande…
🚧 C’est rempli de la joie de
vivre de l’enfance, même si son frère Mamar ( Marcel) commence à filer un
mauvais coton. Le ton est cash et acéré mais jamais triste et plombant. Mention
particulière pour le dessin des assistantes sociales, page 101. A lui seul, il
donne toute la tonalité du graphisme : coloré, rond mais en même temps juste
et précis.
🚧 La tendresse des bras, y a
pas le temps pour sa mère. Alors, Bibi va la chercher chez Pouloute, une
vieille voisine qui chouchoute les petits.
« Pouloute, elle
vit au troisième étage. (…) Un fleuve de tendresse et d‘amitié, j’vous dis. C’est
ma copine, Pouloute.
La grand-mère que j’ai jamais eue… »
🚧 L’attention, c’est Dany,
sa grande sœur qui lui apporte. Elle, elle veut sortir de son milieu, devenir
instit et elle suit les cours de l’Ecole Normale.
🚧 Ce qui est remarquable
dans cette BD, est l’absence de jugements. C’était la réalité de l’époque, elle
était énorme, mais on faisait avec…
Un contraste
particulièrement réussi pour le scénario et le graphisme entre une vie misérable
et l’insouciance de l’enfance.
💛 Un gros bol de joie de
vivre et de tendresse dans une réalité pourtant bien difficile !
Extraits
🚧 « C’est la naïveté
qui rend les gens moins terribles qu’ils ne le sont, ce sont les évènements difficiles
qui deviennent juste des épreuves à surmonter. »
🚧 « Mais en face de
lui, c’est tous des dégonflés ! Mon père, il dit qu’il est aristocrate-anarchisse,
il a fondé son propre parti politique et il est tout seul dedans ! (…)
J’ai jamais osé lui
dire qu’en face, ben, y avait que lui…
Je n’ai pas un père, j’ai
un reflet. »
🚧 « Ils ont treize
enfants et ils reçoivent tellement de branlées par leur père qu’il y en a
tout le temps un qui a la tête défoncée... »
🚧 « Tu vois, pas
besoin d’aller au cinéma, au treizième, y a tout ce qu’il faut !!! »
🚧 « Pouloute, elle
vit au troisième étage. (…) Un fleuve de tendresse et d‘amitié, j’vous dis. C’est
ma copine, Pouloute.
La grand-mère que j’ai jamais eue… »
🚧 « On ne demande
rien quand on est pauvre, parce qu’on ne peut pas rendre… »
🚧 « Oh ! Le
boucan !!! Ils ont mis le périphérique en service ce matin. Depuis, toute
la maison tremble et résonne !!! C’est simple, on ne peut plus ouvrir les fenêtres.
Chez madame Boulaztec, les carreaux de la cuisine ont pété !!! »