mercredi 22 avril 2026

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Je retrouve avec plaisir les personnages du Tome 1

📌 Colette, toujours marquée par le décès de sa jumelle, toujours passionnée de boxe et interdite de pratique par sa mère qui craint pour elle, la surprotège et la cloître quasiment… Toujours soutenue par son père, mais qui n’ose pas le faire ouvertement auprès de sa femme.

Les personnages sont toujours aussi bien campés, attachants, mais….

En effet, c’est toujours le même registre ou presque. J’aurais apprécié un peu plus de surprises dans les personnages ou les situations.

Car le harcèlement scolaire de Colette par Astrid ne m'a pas convaincue... Et surtout, l’attitude des parents devient caricaturale.

📌 Peut-être, pour avoir adoré le Tome1, que j’attendais trop de la suite. C’est fort possible.

En tous cas, je retrouverais avec plaisir le Tome 3 car j’aime infiniment le travail de Véra Cazot et Carole Maurel. Un binôme qui fonctionne bien…

 


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Quel plaisir de retrouver Eevi pour une nouvelle aventure en Finlande, avec les Esprits et son ami, le gnome Otso !  Il vient demander l’aide d’Eevi, car sa sœur a été envoutée. Louhi la cruelle, la maîtresse du royaume des morts, lui a jeté un sort.

Or Eevi possède un mystérieux pendentif qui pourrait sauver la sœur d’Otso.

A priori, la mission se révèle périlleuse car les lutins de Louhi sont déjà sur ses traces…

🌲Alors, bien sûr, c’est une BD pour les plus jeunes et elle les séduit, car le suspense est toujours présent, ainsi que la magie et la douceur.

En même temps, elle parle aux cœurs des adultes car elle évoque la poésie dans le trait ET le récit, ouvre l’imagination vers l’environnement naturel et la culture finlandaise.

🌲 Dans ce tome 2, j’ai encore plus apprécié le graphisme de Miila Westin.

Peut-être car les couleurs sont très variées (c’est la belle saison et non plus l’hiver comme le tome 1), les expressions particulièrement travaillées et les gros plans nombreux.

Un dessin aussi magique que le scénario !

🌲 On trouve toujours à la fin de l’album, une explication succincte mais très claire des mythes finlandais de la Baltique.

Merci aux Éditions Sarbacane.

 

 

 


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Quel plaisir de retrouver la plume vive et impertinente de Kathryn Stockett que j’avais adorée dans « La couleur des sentiments » !  

La liberté de ton qu’elle laisse à ses personnages et son œil acéré à propos du sud des États-Unis des années 30. Mais la situation a-elle vraiment évolué en profondeur ?...

660 pages que j’ai avalé d’une traite, ou presque…  

📘Le sud des États-Unis - Juillet 1933 – Birdie raconte. C’est une jeune femme de 24 ans, intelligente, soucieuse des autres, mais… toujours célibataire à son âge. A cette époque, c’est mal vu.

Elle cède à la pression de sa mère et grand-mère pour réclamer l’aide financière de sa sœur, richement marié à un homme d’affaires et part dans le Mississippi.

La crise financière de 29 a ruiné de nombreuses familles, dont la sienne.

Sa sœur Frances ne lui ressemble pas du tout : « une petite tête » uniquement soucieuse des apparences et de son bien-être. Mariée avec Rory, très souvent absent : les affaires… Une union qui, immédiatement, éveille les soupçons. 

Frances participe comme toutes les dames de son entourage aisé, aux œuvres de charité comme l’orphelinat que Garnett Pittman dirige d’une main de fer. Il est réservé aux petites filles blanches. De préférence, des bébés. Plus grandes, elles vont directement travailler à la conserverie où elles sont exploitées.

Parmi les plus âgées, Meg qui a 11 ans, est la tête de turc de Garnett.

Elle aussi, raconte.  Son abandon par sa mère il y a un an et son quotidien. Cloitrée par Garnett dans une pièce insalubre, aux volets hermétiquement fermés… Qui est Garnett Pittman, farouche baptiste, qui coiffe des heures entières la petite fille dans la pièce insalubre où elle la séquestre quasiment ?  

Meg est vive d’esprit, lucide et sa voix est cash, comme peut l’être celle d’une enfant.

Birdie et Meg se rencontrent dans cet orphelinat et sympathisent immédiatement. La franchise et le rejet de l’injustice les rassemblent. L’affection de Birdie est douce au cœur de Meg, mais pourra-t-elle aller plus loin ?

En même temps, les catastrophes s’enchaînent pour la sœur de Birdie. A t-elle la carrure pour réagir et que va faire Birdie, venue lui demander de l'argent ? 

Birdie, qui héberge la mère de Meg, va devoir faire à une situation inattendue…. Et plutôt délicate, surtout pour elle…

📘 Ce roman coche toutes les cases :

- Le suspens, la dramaturgie de certaines scènes, le ton plus léger et les remarques acides et drôles dans d’autres scènes. Je garde en mémoire la tension des derniers moments avec Tom et Lucille, qui ont recueilli Meg. Une tragédie...

- L’analyse psychologique des personnages est particulièrement juste et nuancée, la force et les zones grises chez beaucoup d’entre eux.  

On s’attache immédiatement aux personnages de Birdie, encore plus de Meg, grâce à leur empathie naturelle à toutes les deux. On aime aussi leur combativité et celle des personnages féminins, qui les entourent. Certains encore plus improbables que d’autres, mais tous attachants bien campés.  

- L’arrière-plan historico-social est passionnant, notamment le poids des religions et de l’hypocrisie ambiante, de l’injustice sociale. On décerne sans hésiter le premier prix de la cruauté habillée de bigoterie à Garnett Pitmann, qui deviendra même la Présidente de la Ligue contre l’Immoralité.

📘 C’est surtout un magnifique plaidoyer pour la liberté de chacun et la tolérance, qu’il s’agisse de couleurs de peaux, de tendances sexuelles ou de niveau social.

Un roman passionnant, bouleversant, addictif et jubilatoire.

Une seule conclusion évidente après ma lecture : Lisez-le ! 

Merci aux éditions Robert Laffont. 

 

Extraits

📘 A propos de sa sœur, Frances :

« Elle s’était présentée comme un article dans un catalogue, susceptible d’être échangé contre un autre, de taille ou de forme différente. »

📘 A propos de Garnett Pitmann, baptiste fervente :

« Elle soutient que les noirs ne devraient pas apprendre à lire et que les femmes ne devraient avoir le droit de vote. »

📘« Pourquoi une femme qui n’aime pas les enfants dirige un orphelinat ? »

📘 La pression de la religion :

« l’église méthodiste d’Oxford, l’église presbytérienne, l’église baptiste, l’église méthodiste du Christ (celle des Tartt) »

📘 « Mais Frances n’avait pas fini. Elle consulta une liste qu’elle avait dressée à la maison, intitulée « Tenues à la mode pour se faire remarquer » inspirées d’idées chipées dans un de ses magazines Photoplay. Une si belle écriture pour des mots aussi bêtes. »

📘 « A cause d’une maladie. Ça s’appelle Homo Sexualité. Rory l’avait. C’est quand les hommes veulent être…. Intimes avec d’autres hommes. »

📘 « Madame Tartt avait perdu un fils, Frances, un mari et elles avaient toutes deux perdu leur très cher ami, l’argent. »

📘 Meg

« Elle a un gros derrière, elle est plus petite que tout le monde sauf moi, sa figure est toute ridée, mais ses cheveux sont aussi noirs que ceux de Willie May. Au point de se demander s’ils n’ont pas été teints… »

📘 « Nos papas s’entendent bien tant que personne ne parle des Démocrates, d’aller à l’église ou des esclaves pendant la guerre. »

📘 Birdie

« C’était une idée tellement honteusement ingénieusement extraordinaire qu’elle m’avait remplie d’émoi, même si je restais consciente que ce petit commerce était aussi sale et tordu que la vieille piste de danse, qu’elles avaient montée dans le jardin, encore plus bancale aujourd’hui, à la lumière du jour. »

📘 « Tu vas me dire combien t’as vu de tes petites copines étudiantes qu’ont eu la blenno ! Combien qui mordillait un bout de bois chaque fois qu’elles pissaient ! (…) Celles qui se retiennent toute la journée au point qu’elles en mouillent leur froc. Ou combien avec la chtouille qui l’ont pas su avant que ce soit trop tard ? Combien de tes copines t’as vu devenir aveugles, appeler dans le lit à côté du tien ? »

📘 Lucille

« Non, je ne peux pas redevenir pauvre, Tom. Ce n’est pas possible. J’ai trop longtemps été misérable. Je me suis battue pour échapper à mes frères et à mes oncles. Ils m’ont fait… des choses insupportables. »

📘 « Quand on ouvrait un bordel dans une ville qui comptait treize églises, sans doute fallait-il s’attendre à se heurter à des obstacles à tous les coins de rue. »

📘 Garnett Pittman :

« Nos orphelinats sont déjà pleins d’enfants qui coûtent cher aux contribuables, des enfants qui sont atteints d’imbécillité ou bien pire. Je ne suis pas juge, juste chrétienne, et présidente de cette belle institution qu’est la Ligue contre l’Immoralité. Je recommande que Miss Stuggs et ses acolytes soient envoyés dans le service hospitalier réservé aux gens de leur espèce, qui procédera à l’intervention destinée à limiter la multiplication de leur progéniture, et qu’il leur soit donné de longues peines de prison, afin de protéger la société. »

📘 Picador, la domestique :

« Miss Viktoria n’est pas si niaise. L’argent n’a pas d’odeur, ou si l’en a une, l’est bien bonne. »