vendredi 18 septembre 2026

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Amateurs de fantastique, cette BD est pour vous.

📌 Un univers parallèle où sont tombés Inès, son frère Tristan et leur chien Pégase.

Quiconque « déborde » dans ce monde devient amnésique. Et Inès et Tristan se sont oubliés…

J’ai aimé la transformation assumée des deux personnages, déjà engagée dans le tome 1. Tristan, autiste devient un rebelle. Tandis que sa sœur, soutient le régime…

Du moins, pour l’instant… 

📌 C’est surtout un éclairage particulier et intéressant sur le pouvoir, la dictature et l’injustice sociale. 

📌 Le graphisme contribue au caractère pesant de l’histoire. Des couleurs essentiellement sombres, l’accent porté sur les visages et surtout les yeux des personnages. En accord avec le scénario : à Bordeterre, les habitants deviennent en partie transparents, leurs contours sont flous.

📌 Un roman à découvrir, celui de Julia Thévenot (qui « cartonne » au niveau des ados) et une adaptation très réussie avec Timothée Leman.

Merci aux éditions Sarbacane !

 

 

 


mardi 15 septembre 2026

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Rester neutre (comme la Suisse) quand un conflit éclate à sa frontière ?

C’est la position du gouvernement suédois, à l’aube de la seconde guerre mondiale.

📕Faire respecter cette neutralité, c’est la mission confiée au capitaine Stig Blumfors, adjoint au commandant d’un aérodrome perdu dans le grand nord.

Il se heurte très vite à son supérieur hiérarchique, qui manifeste une grande admiration pour l’Allemagne et son régime autoritaire.

Comme il y a peu d’activité sur cette base, Blumfors se met à noircir des carnets dans lesquels il exprime ses doutes, ses réflexions mais aussi le descriptif des personnes qui travaillent sur la base ainsi que la vie des Sami, éleveurs de rennes plus ou moins nomades qui stationnent pendant une partie de l’année près de l’aérodrome et qui eux, ne se soucient pas des limites frontalières.

Même lieu mais changement de temporalité.

2023 - La Suède se propose de rejoindre l’OTAN, abandonnant ainsi son idée de neutralité.

Le capitaine Guy Puech, à la tête d’une unité spéciale de commandos parachutistes français, vient faire avec ses hommes, un stage d’entraînement aux conditions arctiques. Il est associé à la capitaine Maria-Pia Tedelius, qui a préparé moult exercices pour les hommes des deux unités, française et suédoise.

Rapidement, Guy Puech est fasciné par le mode de vie des Sami. Et comme Mirja,  la grand-mère de Marie-Pia réside à proximité, cette dernière décide de l’emmener chez cette aïeule, qu’elle a peu fréquentée ces dernières années. Mirja, apprenant que le compagnon de sa petite fille est français, décide de lui confier les carnets écrits par Blumfors, en lui faisant promettre de résoudre l’énigme que ces derniers recèlent.

Nous allons donc suivre, en parallèle, les deux récits liés à cette base aéronautique perdue au fin fond de la Suède.

📕 Contrairement à bon nombre de romans où le lecteur peut se perdre dans différentes temporalités, Olivier Turc parvient parfaitement à relier les deux histoires par le biais de la lecture quotidienne des carnets. Et petit à petit, le lecteur se trouve pris dans un engrenage feuilletonnesque et surtout addictif ! Comme les hommes du capitaine Puech, le lecteur attend avec impatience la suite des aventures de Stig Blumfors. C’est une vraie réussite !

📕 De plus, grâce à une écriture claire et précise, non dénuée d’humour, Olivier Turc nous plonge vraiment dans cet univers du grand nord, les problèmes (passés et présents) des autochtones et de leurs relations avec le reste de la population.

📕 A noter et cela m’a bluffée : quelle que soit l’époque, tous les personnages sonnent justes, avec leurs doutes, leurs certitudes et leurs aspirations. Même ceux dits « secondaires » (mais y a-t-il des seconds rôles dans la vraie vie ?) sont croqués avec justesse.

📕 Un grand roman d’aventure(s) qui nous fait réfléchir sur l’état actuel de notre monde, sur l’impossibilité de rester aveugle à ce qui se passe autour de nous et sur la question de la neutralité, qui ne fait qu’ouvrir à la porte à toutes les compromissions.

Un roman à découvrir et à savourer, bien au chaud près de la cheminée…🔥

Chronique établie par Gégé.  

 

 

 

 

 

 

samedi 12 septembre 2026

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Non mais, quelle plume !!! 😯

✏ Elle est à la fois dure, car très précise, mais aussi poétique et souvent drôle. Même si on rit jaune : « Quand les balles se mettent à parler, on ne leur coupe pas la parole en fuyant au hasard. »

On le connait pour ses critiques et ses poèmes, et dans ce beau roman, la fluidité du style embarque et séduit le lecteur.

Dans un interview, il indique : « Plus le texte décrit une situation dure, plus il faut l’accompagner avec des gammes de couleur. »

✏ Jonas Dorléon est haïtien. Il décide de fuir son pays après une x-ième attaque des gangs dans son quartier de Port-au-Prince et raconte. Un périple que connaissent beaucoup de migrants haïtiens : la République Dominicaine, le Brésil, le Honduras, le Mexique, les USA puis le Canada.

La faim, la soif, la terrible la jungle du Darien, la mort. Mais aussi les absurdités de l’administration, sa toute-puissance et en même temps son anonymat.

✏ Encore plus que la densité du récit, que la douleur de la migration, l’auteur pose plusieurs questions :

- Peut-on fuir et rester fidèle à ses convictions, à sa personnalité ?

Peut-on conserver son intégrité d’homme quand il faut subir les humiliations, accumuler les mensonges ?

Il le raconte dès le début du récit avec l’arrêt du car, par un gang. Auront la vie sauve ceux qui feront rire le chef de gang…

Quelle personne devient-on après un tel périple ? Suis-je resté moi ou suis-je devenu un autre, transformé par les compromissions, les souffrances et les amis qui sont restés sur la route ?

- Un autre thème particulièrement émouvant est celui de l’angoisse de la trace qu’on laisse… Ou pas. Quand on risque d’être fauché par la mort, là où personne ne le saura. Devenir inexistant…

« Ce qu’il mettait en mots, ce n’était pas la peur de mourir – on l’avait déjà tous apprivoisée – c’était une peur plus radicale encore : celle de disparaître sans trace, de s’éteindre sans témoin, d’être rayé du monde sans même laisser une rature. »

✏ C’est tellement bien raconté avec force et sensibilité que j’ai cru qu’il s’agissait d’un récit autobiographique. Mais non, Thélyson Orélien a repris les récits de ses compatriotes qui ont vécu ce parcours douloureux.

Lui,  a émigré au Canada en rejoignant sa famille après le séisme de 2010.

 

✏ Une vraie claque et un premier roman bluffant. Je comprends qu’il fasse partie des « Goncourable » et je lui souhaite une belle et longue vie.

 

Extraits

✏ « Quand les balles se mettent à parler, on ne leur coupe pas la parole en fuyant au hasard. »

 ✏ « _Frère, as-tu la croix de Jésus dans ton cœur ?

J’ai dit oui, parce qu’en Haïti, il faut toujours dire oui à Jésus, même si tu ne crois qu’à la loterie. »

✏ Page 34

« Un migrant qui passe une frontière, c’est comme un serpent qui se glisse sous un tapis. Ça rampe, ça tremble, ça prie, ça ment, et à la fin, soit il ressort vivant, soit il reste écrasé sous la semelle du monde. »

✏ Page 115

« Ce qu’il mettait en mots, ce n’était pas la peur de mourir – on l’avait déjà tous apprivoisée – c’était une peur plus radicale encore : celle de disparaître sans trace, de s’éteindre sans témoin, d’être rayé du monde sans même laisser une rature. »

✏ Page 125

« Pas le courage qui fait des discours. Le courage qui marche, qui ne promet rien. Le courage qui dit simplement : « encore une pas »