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Une partition sonore et visuelle à plusieurs narrateurs.
- Tout d’abord, celle du vent, qui souffle et mugit, en vers libres. Le vent des iles Féroé comme celui des sentiments et des souffrances.
- Puis celle de Jonas, un père éperdu d’amour devant son bébé handicapé. « Anna, ce nouveau-né étrangement calme. »
Protéger, l’entourer d’affection et de tendresse dès que cela est possible.
Créer une bulle d’amour autour d’elle, lui tout seul, sans sa femme Olga… « Comment avait-il fait pour ne pas s’en rendre compte plus tôt ? Pour ne faire le lien, si évident, si clair tout à coup, entre les dérives d’Olga et la souffrance de sa petite ? »
- Puis la voix d’Olga, qui dès sa grossesse, sent confusément que son bébé n’est pas bien, ne poursuit pas naturellement sa croissance. Elle en connaît la raison…
- Et puis, la voix du village de Gjogv ( à prononcer « Djèkv), et celle de « l’Étranger », le touriste qui aime profondément cette région à tel point qu’il la ressent dans tout son être. « Le Français, l’Etranger, pour eux, c’est du pareil au même. Je reste l’intrus, le temporaire. Ce lieu ne m’appartient pas et pourtant il est à moi, plus qu’à eux car je l’ai choisi. »
- Puis les objets, comme ce bonnet de laine tricoté pour la petite fille handicapée, par sa tante Elin tellement heureuse d’avoir une petite nièce, elle qui n’a jamais porté d’enfant, « mais elle était mère, peut-être plus que d’autres. »
Ce bonnet porté par la petite, caressé par sa tante et son père, est infiniment émouvant, chargé de sens pour nous aussi, lecteurs. Combien d’objets autour de nous, parlent d’amour ou de bonheurs ? Quelquefois, encore plus que des photos…
Une partition poétique, emportée par le vent des iles Féroé, tendre et dramatique.
📘Portée par l’écriture douce et particulièrement juste, c’est un beau roman sur les addictions, le sentiment de culpabilité, mais surtout sur l’amour paternel, la tristesse du deuil.
📘 J’ai retrouvé dans ce premier roman ( bravo pour ce coup de maître) des accents de Bérénice Pichat dans « La petite bonne ».
L’écriture est douce, mais que la situation est dure et bouleversante !
Un roman intemporel …
Extraits
📘 « Le Français, l’Etranger, pour eux, c’est du pareil au même. Je reste l’intrus, le temporaire. Ce lieu ne m’appartient pas et pourtant il est à moi, plus qu’à eux car je l’ai choisi. »
📘 Le bonnet
« Elin passa plusieurs fois sa main sur moi, sur Anna, ce nouveau-né étrangement calme. »
📘 Jonas
« Comment avait-il fait pour ne pas s’en rendre compte plus tôt ? Pour ne faire le lien, si évident, si clair tout à coup, entre les dérives d’Olga et la souffrance de sa petite ? »
📘 « Il savait, mais il ne voulait pas voir. Au moment de leur mariage, il s’était rêvé grand, vainqueur et apaisant. Il avait échoué, terrassé par les vents intérieurs, indomptables de sa jeune épouse. »
📘 « 22 mars 1953. Il n’ouvrirait plus les yeux. Ce monde sans Anna, il ne voulait plus le voir. Il y resterait aveugle en attendant de la rejoindre, le lendemain. »
📘 « Anna et Olga : même corps, même souffrance, même destin. Et de l’amour malgré tout. »
📘 « Il ne chercha plus ni salut ni pardon, et traversa les décennies en portant en lui, discret, de manière étonnamment apaisée, ce double deuil d’amour et de rancœur. »
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