samedi 25 juillet 2026

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J’ai lu d’une traite ce magnifique récit et maintenant, je le referme avec regret.

Sans doute, car il change de mes lectures habituelles :  un vrai roman d’aventures, un suspens permanent, des personnages attachants et complexes et des thèmes intéressants.

🌊Embarquement immédiat dans un autre temps, un autre espace.

1757 – Madras en Inde. Le Norfolk, un navire marchand britannique s’apprête à repartir pour Londres avec la cale remplie de marchandises.

Malgré la résistance farouche du capitaine Attenborough, ancien officier de la Royal Navy, un dernier passager est ajouté à bord :  Thomas Cockcroft, condamné pour meurtre. Le bateau doit le ramener en Angleterre pour y être pendu. Cela fera plaisir à la riche famille de la victime, indique le Gouverneur de Madras.

Rien ne va se passer comme prévu et là, vous allez sentir le souffle de la mer, l’odeur de la poudre, la terreur consécutive aux maudits français, aux pirates et à la tempête.

Ne croyez pas qu’il s’agît de la somme rassemblée en un récit de tout ce qui peut arriver en mer. Surtout pas !

🌊 La progression dramatique est parfaitement maîtrisée, comme l’analyse psychologique des personnages.

🌊 J’ai aimé, non, j’ai adoré la plume de l’auteur. La linéarité du récit. Pas de temporalité différente, pas de narrateurs différents. Cela change des romans habituels et surtout, l’action y est fluide, hyper vivante.

Une écriture visuelle où j’ai vu les scènes se dérouler sous mes yeux, guidée par la plume percutante et précise de l’auteur.

🌊 Sous couvert d’un vrai roman d’aventures, c’est aussi un roman qui questionne :

- Sur la place de la femme au 18ème siècle.

« Son éducation d’abord, son quotidien de marin ensuite ne laissaient pas une grande femme aux femmes, sinon d’être de courtoises et discrètes épouses, ou des prostituées dans le bordel d’un port. »

- Sur la vision du monde qu’a chacun au fond de soi :

L’une passive, fondée sur l’illusion et la croyance, l’autre active, fondée sur l’expérience et les faits. »

- Sur la nature de l’homme.

L’éternel débat : est-ce l’éducation qui construit l’être humain, peut-il sortir d’une enfance malheureuse, possède-t-il vraiment son libre arbitre ?

Et surtout les circonstances peuvent-elles le faire changer ?

 

💙Quel bonheur de lecture, ce roman !

Je découvrais Olivier Merle, chercheur et écrivain, le fils de Robert Merle, et je vais me plonger dans ses autres romans, et notamment Noir négoce. 

Sa bio : https://oliviermerle-ecrivain.fr/auteurhttps://oliviermerle-ecrivain.fr/auteur

 

Extraits :

 🌊 « Lieutenant, je crois qu’il va être temps de filer à la française ».

Les français utilisent la même expression que les Français, mais inversée, pour signifier la même chose. »

🌊  « Un argumentaire de négociation ? » Décidément, Crawford, vous n’êtes jamais totalement dans la vraie vie. J’ai l’impression parfois que vous avez fait trop d’études. »

🌊 Moment de nostalgie….

« le retour.

Le retour vers la verdoyante Angleterre, son climat frais et supportable, les quais des docks, les bateaux en carène et l’odeur du goudron, les vieilles tavernes , les pavés mouillés, et puis, au-delà du faubourg, les champs clos des murets, l’herbe grasse, les brebis paisibles, et cette pluie fine et délicate, si différente des trombes d’eau qui s’abattent souvent sous les tropiques. »

🌊 « Attenborough comprit comment Missingtooth, malgré la crainte qu’il inspirait, parvenait à emporter l’adhésion des ses hommes. Il flattait et excitait continûment leurs plus bas instincts, leur promettant plaisir et jouissance en jetant par-dessus bord tous les freins imposés par la société. »

 🌊« Son éducation d’abord, son quotidien de marin ensuite ne laissaient pas une grande femme aux femmes, sinon d’être de courtoises et discrètes épouses, ou des prostituées dans le bordel d’un port. »

🌊« Elles n’étaient plus qu’esclaves sexuelles, corvéables à merci, privées du droit d’exprimer des sentiments. Le seul droit qu’elles conservaient était celui de se taire. »

🌊 « Une dispute éclata, âpre et passionnée car elle mettait au prise deux approches des réalités du monde. L’une passive, fondée sur l’illusion et la croyance, l’autre active, fondée sur l’expérience et les faits. »

🌊 « _ Je pense que l’homme n’est ni bon ni mauvais. L’homme est comme un chien.

_Comme un chien !?

_ Oui. On peut le dresser à être très gentil ou très méchant. Il est tellement influençable, tellement facile à manipuler qu’on en fait ce qu’on en veut si on le prend assez jeune. Très gentil ou très méchant. Oui, exactement comme pour un chien. »

 

 


lundi 20 juillet 2026

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Je savais qu’Auguste Escoffier était le père de la Gastronomie Moderne, mais je n’en savais guère plus…

Les auteurs ont choisi une approche judicieuse : c’est Auguste, âgé et à la retraite qui raconte son parcours, sa passion pour la cuisine.

🍴 Octobre 1846 – naissance d’Auguste en Provence.

Un petit garçon, très attiré par les beaux-arts, qui se rêve sculpteur.

Mais sa proximité avec sa grand-mère, excellente cuisinière, le pousse irrésistiblement vers la cuisine.

Au fur et à mesure des années, sa cuisine gastronomique connaît un succès grandissant, il forme des chefs, ouvre des restaurants dans le monde.

Son objectif : toujours améliorer, chercher de nouvelles recettes, susciter la gourmandise et la curiosité.

Un amateur de musique, un auteur aussi, car il veut transmettre ce qu’il a compris et appris. Dès 1903, il publie « le Guide Culinaire ». 943 pages, « considéré comme la Bible des cuisiniers. »

Un altruiste également qui songe aux plus pauvres, les nourrit dès qu’il le peut et publie même « Le projet d’assistance mutuelle pour l’extinction du paupérisme. »

Quelqu’un qui vit avec son temps, les yeux ouverts sur son époque. Il collabore avec Julius Maggi ( la marque Maggi) pour améliorer le bouillon Kub. Favoriser une meilleure « nutrition des familles ouvrières et des femmes qui travaillaient de plus en plus à l’extérieur et avaient moins de temps pour cuisiner. »

🍴 Son apport dans la cuisine est essentiel. Moderniser le fonctionnement, rechercher, innover, transmettre. Une base sur laquelle travaillent les cuisiniers du monde entier.

Un révolutionnaire dans son approche de la cuisine, et un passionné !

🍴 Le graphisme est classique, travaillé dans les personnages et leur environnement. Parfaitement harmonisé avec le scénario.

🍴 Un seul bémol et il n’empêche pas le coup de cœur.

Après la mort d’Auguste, les dernières pages de conclusion présentées par Stéphane Bern n’apportent pas grand-chose au récit…

Une belle découverte et un coup de cœur ! 

Merci  aux éditions Plein Vent. 

 

Extraits :

🍴 « Je conserve de la brillante tragédienne le plus respectueux et affectueux souvenir. Sarah Bernhard avait un cœur d’or. »

🍴  A propos de la soprano Nellie Melba :

« Je décidai de lui rendre hommage en créant spécialement pour elle, ce qui serait l’un des mes plus beaux desserts. La pêche Melba ! »

🍴 « Pendant toute ma carrière, j’ai formé quelques deux mille cuisiniers dont la plupart sont allés de par le monde faire connaître la cuisine et les produits français. »

 

 

 

 


vendredi 17 juillet 2026

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Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu le plaisir de découvrir une aussi belle BD,  tant en scénario, mais encore plus en graphisme !

🌅 9h 52, atterrissage d’un petit hélico sur une ile au milieu de nulle part. Un homme en sort, envoyé par son patron et sans doute, futur locataire. 

le propriétaire l'accueille, explique et montre. Il concède des baux de 50 ans à quelques familles ou individus triés sur le volet, ou plutôt sur leur degré de richesse...

Végétation luxuriante. Énergie fournie par une usine marémotrice souterraine et des éoliennes, gastronomie, tout est fourni aux ultra-riches.  

Ils habitent des palais, tous plus extravagants les uns que les autres. Palais vénitien, palais d’été chinois, énorme riad marocain….

Seuls les ultra-riches peuvent s’offrir ce luxe démesuré… Mais la concurrence est rude entre eux, impitoyable. Montrer qui a le plus. L’ostentation est à la hauteur de l'égo…

10 h 30 -. Quelque chose s’agite dans la mer…

12 h 06 – le fond de la mer…


🌅 Bien sûr, le sujet est classique.

- Peut-on TOUT acheter en étant riche ? Y compris la préservation de sa vie…

C’est un questionnement qui rejoint celui de l’état d’esprit. L’argent, beaucoup d’argent, achète-t-il le bonheur et la sérénité. ?

- C’est surtout une question drôlement d’actualité : où trouver la région susceptible de se protéger de l’accélération du changement climatique ?

🌅 J’ai aimé la justesse des dialogues,  l'acidité et la lucidité du propriétaire quand il parle des riches :

« _ Il y a de la petite délinquance chez les ultra-riches ?

_ Les riches ? Ce sont parfois de grands délinquants ».

🌅 J’ai aimé la galerie de portraits avec une mention particulière pour la cantatrice. Caricatural, juste ce qu’il faut.

Le scénario est celui de Pierre Christin (souvent inspiré par Orwell) assisté de Stella Lory.

🌅 Et surtout, j’ai adoré le graphisme !

Travaillé, tant dans les personnages que dans leur environnement. Les couleurs sont variées, toujours harmonieuses, et les pleines pages sont tout simplement somptueuses. Un bel ouvrage, soigné également par l’éditeur avec des pages épaisses qui offrent un parfait rendu.

BD que j’ai adorée et que je recommande !

 

Extraits :

🌅 « Il n’y a qu’un seul propriétaire de l’ensemble des terrains de l’ile et de leurs habitations… c’est moi. Je reste, les emphytéotes

passent. »

 

🌅 « _ Il y a de la petite délinquance chez les ultra-riches ?

_ Les riches ? Ce sont parfois de grands délinquants ». 

 

🌅« _ Voici, Bret et Azéalia.

Le couple le plus glamour d’Hollywood. (…)

Et leurs nouveaux voisins : le couple le plus glamour de Bollywood. »