lundi 25 mai 2026

💙💙💙

 
 

1941 – Hong Kong

Ce roman cochait toutes les cases pour me séduire :

- Un scénario bien maitrisé. Celui de trois chinoises, dans une famille privilégiée, la mère, sa fille et leur servante dévouée.

- Un arrière- plan historique intéressant. Celui de l’invasion de Hong Kong en 1941 par les troupes japonaises.

📌 C’est bien fait, mais cela ne m’a pas convaincue pour plusieurs raisons : 

- Les trois femmes, et surtout la mère et la fille sont présentées, malgré les situations de danger et de terreur, comme toujours inébranlables et sans faille aucune. Je les ai visualisées, le menton en avant, la parole rageuse et rebelle, quelle que soit la situation.

- Les scènes de rapprochement amoureux sont mièvres et peu crédibles, compte tenu de leur personnalité de Wonder-women…

- Et surtout, les personnages secondaires sont les faire-valoir, et c’est trop évident, de la mère et de la fille.

En revanche, la personnalité de la servante, et du jardinier sont plutôt attachants, mais pas assez mis en valeur.

📌 En conclusion : je ne suis pas le bon public pour ce genre de récit.

J’aime quand le récit et les personnages sont plus nuancés.

Dommage car il est manifeste que l’environnement historico-social est bien documenté.

Extraits :

📌 Le jardinier

« Voilà trois mois que je me plie aux ordres des japonais et que j’exécute leurs moindres commandes. Ils me disent incline-toi et je m’incline. Ils me disent travaille, et je travaille. Ils me disent de ne pas rendre hommage à mes ancêtres et j’obéis. Mais ils m’ont trop pris. »

📌 « L’éveil de celles qui sommeillent pour déplacer des montagnes »

💙💙💙💙





 

L’histoire d’un anti-héros bien déterminé...

📌Amédée est maintenant un vieux notaire à la retraite. Comme depuis des années, il subit les reproches de sa femme, se « shoote » aux médicaments, mais surtout aux histoires rocambolesques de Jo, son voisin. Qui a tout vu, tout vécu, s’est échappé des pires situations, comme le héros de BD de sa jeunesse, Pinpin, dont il a plusieurs albums…

Exactement, la bulle d’évasion dont a besoin Amédée, dont l'existence est bien terne…

« Tu passes ta vieillesse comme tu as passé ta jeunesse, à te préserver de tout, du soleil, des microbes, des déceptions… » lui répète sa femme.

Quand Jo meurt brutalement d’une crise cardiaque, Amédée se donne une mission : trouver l’enfant de Jo et lui remettre la maison de son père, sa mémoire et surtout les exemplaires de Pinpin.

Il reprend sa (très) vieille voiture à l' allure de tortue et entreprend son enquête.

C’est pas gagné ! De piste en piste, de rebuffade en rebuffade, va-t-il parvenir à trouver le fils de Jo ?

Une aventure bien dangereuse pour ce malheureux notaire…

📌 La morale de l’histoire : peut-être, ne pas se fier aux apparences, même les plus médiocres et laisser une chance à chacun d’allumer la petite étincelle qui le fait réagir et vivre.

📌 C’est tendre et humoristique. Les différents personnages sont parfaitement « croqués » par le scénariste Mark Eacesercall ( Bordeaux-Shangaï) et le graphiste Sylvain Vallée. 

Un vrai plaisir de lecture !

 

Extraits :

📌 La lucidité de sa femme, Françoise

« Tu passes ta vieillesse comme tu as passé ta jeunesse, à te préserver de tout, du soleil, des microbes, des déceptions… »

dimanche 17 mai 2026

💙💙💙💙


 

Peut-on vraiment enseigner « Lolita » de Vladimir Nabokov et la littérature occidentale dans une université iranienne après la mise en place de la république des Mollahs ?

📕Juste après la révolution de 1979, Azar Nafisi revient s’installer en Iran. Au sein de l’Université de Téhéran, elle est professeure de littérature de langue anglaise. Sacrée gageure que de vouloir enseigner Nabokov, Fitzgerald, H. James ou J. Austen dans un pays qui, au fil des années bascule dans l’intégrisme religieux !

Après une première démission, elle est réintégrée en acceptant certaines concessions comme le port du voile. Enfin, en 1995, elle quitte définitivement son poste et décide de réunir quelques jeunes filles, sélectionnées parmi ses étudiantes, afin de poursuivre les études des écrivains.

📕 Il y a deux grands courants dans cet ouvrage.

- Le premier est remarquable.  C’est le quotidien des habitants de Téhéran, pendant les soubresauts de la révolution, l’imposition de la loi islamique et enfin les huit années de la guerre avec le voisin irakien.

On ne peut que s’attacher aux personnages rencontrés : les étudiants progressistes qui se confrontent aux religieux, ou les intellectuels soumis à un dilemme. Faut-il accepter un dictat religieux en lieu et place de la dictature du Shah ?

Mais surtout, on ressent une profonde empathie pour les jeunes femmes. Elles sont issues de tous les milieux, avec des positions différentes sur les évènements en cours, et elles viennent chercher l’oxygène de la liberté lors de ces réunions hebdomadaires au domicile de leur professeure.

📕Le second, nous plonge dans les univers des trois auteurs et de l’autrice que Azar Nafisi fait découvrir à ses élèves. La narratrice, professeure émérite, conférencière, possède totalement son sujet. Peut-être un peu trop. Nous avons parfois l’impression d’assister à un cours magistral dans un amphi (ce qui pour certain(e)s peut rappeler de bons ou de mauvais souvenirs…😏). D’ailleurs, Azar Nafisi a réutilisé ce procédé dans le livre « Lire Dangereusement » en 2024.

📕 Plus qu’une simple autobiographie, c’est un livre de souvenirs d’une vingtaine d’années passées en Iran. Corollaire à l’utilisation de la mémoire, un certain manque de chronologie nous fait, parfois, perdre le fil de la destinée des personnages.

L’intérêt essentiel de cet ouvrage, réside dans le témoignage des difficultés subies au quotidien, par la population. Surtout par la jeunesse.

📕 C’est une lecture facile car on peut passer les explications de textes des quatre romans, si on les connaît bien ou si on a déjà lu « Lire dangereusement. »

Surtout, ce livre nous permet de mieux comprendre la mentalité des Iraniens, surtout en cette période de nouvelle guerre du Golfe Persique.