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Rester neutre (comme la Suisse) quand un conflit éclate à sa frontière ?
C’est la position du gouvernement suédois, à l’aube de la seconde guerre mondiale.
📕Faire respecter cette neutralité, c’est la mission confiée au capitaine Stig Blumfors, adjoint au commandant d’un aérodrome perdu dans le grand nord.
Il se heurte très vite à son supérieur hiérarchique, qui manifeste une grande admiration pour l’Allemagne et son régime autoritaire.
Comme il y a peu d’activité sur cette base, Blumfors se met à noircir des carnets dans lesquels il exprime ses doutes, ses réflexions mais aussi le descriptif des personnes qui travaillent sur la base ainsi que la vie des Sami, éleveurs de rennes plus ou moins nomades qui stationnent pendant une partie de l’année près de l’aérodrome et qui eux, ne se soucient pas des limites frontalières.
Même lieu mais changement de temporalité.
2023 - La Suède se propose de rejoindre l’OTAN, abandonnant ainsi son idée de neutralité.
Le capitaine Guy Puech, à la tête d’une unité spéciale de commandos parachutistes français, vient faire avec ses hommes, un stage d’entraînement aux conditions arctiques. Il est associé à la capitaine Maria-Pia Tedelius, qui a préparé moult exercices pour les hommes des deux unités, française et suédoise.
Rapidement, Guy Puech est fasciné par le mode de vie des Sami. Et comme Mirja, la grand-mère de Marie-Pia réside à proximité, cette dernière décide de l’emmener chez cette aïeule, qu’elle a peu fréquentée ces dernières années. Mirja, apprenant que le compagnon de sa petite fille est français, décide de lui confier les carnets écrits par Blumfors, en lui faisant promettre de résoudre l’énigme que ces derniers recèlent.
Nous allons donc suivre, en parallèle, les deux récits liés à cette base aéronautique perdue au fin fond de la Suède.
📕 Contrairement à bon nombre de romans où le lecteur peut se perdre dans différentes temporalités, Olivier Turc parvient parfaitement à relier les deux histoires par le biais de la lecture quotidienne des carnets. Et petit à petit, le lecteur se trouve pris dans un engrenage feuilletonnesque et surtout addictif ! Comme les hommes du capitaine Puech, le lecteur attend avec impatience la suite des aventures de Stig Blumfors. C’est une vraie réussite !
📕 De plus, grâce à une écriture claire et précise, non dénuée d’humour, Olivier Turc nous plonge vraiment dans cet univers du grand nord, les problèmes (passés et présents) des autochtones et de leurs relations avec le reste de la population.
📕 A noter et cela m’a bluffée : quelle que soit l’époque, tous les personnages sonnent justes, avec leurs doutes, leurs certitudes et leurs aspirations. Même ceux dits « secondaires » (mais y a-t-il des seconds rôles dans la vraie vie ?) sont croqués avec justesse.
📕 Un grand roman d’aventure(s) qui nous fait réfléchir sur l’état actuel de notre monde, sur l’impossibilité de rester aveugle à ce qui se passe autour de nous et sur la question de la neutralité, qui ne fait qu’ouvrir à la porte à toutes les compromissions.
Un roman à découvrir et à savourer, bien au chaud près de la cheminée…🔥
Chronique établie par Gégé.



