mardi 20 janvier 2026

💙💙💙💙💙


 




Une BD qui exprime et explique particulièrement bien un état d’esprit, celui de Robert Badinter. Un homme de justice et de convictions. Intègre. Impliqué et sincère. Intelligent et lucide. Entier et sans concessions.

📘Les auteurs racontent la vie de Robert Badinter :

- En s’attardant sur son enfance, une famille juive dont le père est mort en déportation.  « Jusque sur les bords du monde, on porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi, je suis et resterai pour toujours l’orphelin. »

- En détaillant son engagement d’avocat, de Ministre de la Justice.

L’abolition de la peine de mort en 1981.

L’abrogation des lois restrictives à la liberté, les réformes comme celle de la magistrature « pour la rendre plus indépendante du gouvernement. »  Comme celle de « La dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général comme alternative à la prison. »  

Une prison plus humaine où la réinsertion est un objectif essentiel : 

« La prison servait surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était souvent impossible. Les criminels et petits délinquants se retrouvaient mélangés. Bref, la prison était aussi une école du crime.»

Philippe Maurice est un exemple de réinsertion réussi, mais le cas de Patrick Henri est oublié…  En 1977, la plaidoirie de Badinter lui évite la peine de mort. En 2001, il est placé sous liberté conditionnelle mais retourne en prison en avril 2003 pour trafic de stupéfiants.

📘 En 1986, c’est le procès Barbie et les interrogations à propos du régime de Vichy. La France doit-elle s’excuser de son passé ?

Mitterrand choisit de bien dissocier le régime de Vichy et la France de De Gaulle. Il ne s’excuse pas au nom de la France. Quand il dépose des gerbes au Vel ’d’Hiv, il est conspué. Ce qui provoque la grosse colère de Badinter : « Vous m’avez fait honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »

📘 C’est facile à lire, passionnant et parfaitement documenté. Une BD à découvrir et à faire découvrir ! 

Merci  aux Éditions Dunod Graphic ! 

 

Extraits :

 📘 « Tu te rends compte, la France est le premier pays à avoir reconnu aux juifs le statut de citoyens en 1791.

_ N’est-ce pas aussi le pays de l’Affaire Dreyfus ? »

_ Justement !

Tu en connais des peuples qui se divisent pour un juif condamné à tort et qui placent la justice au-dessus de l’honneur de l’armée ?! »

📘 « Ma mère, mon frère et moi devons la vie à ces villageois qui nous ont accueillis. Je ne les ai jamais oubliés. Ce village-là, pour moi, c’est la France, la vraie. »

📘 « Jusque sur les bords du monde, on porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi, je suis et resterai pour toujours l’orphelin. »

📘 « La défense, mon petit, ça ne s’exerce pas à moitié. Il faut s’engager totalement comme si ta vie en dépendait.

Tu vois, défendre, c’est comme prendre un homme sur son dos. »

📘 « Le crime angoisse, et la mort du criminel vide cette angoisse, elle rassure. Elle donne l’impression que l’on peut tuer le crime avec le criminel. »

📘 « Je réalisais maintenant que la passion vengeresse était irrationnelle. Et que c’était à ce niveau d’irrationalité qu’il fallait agir pour convaincre le jury. Non seulement, la peine de mort était irrationnelle mais elle était aussi démagogique. »

📘 17 septembre 1981 – Assemblée Nationale

« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue.

Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. »

📘 Robert Badinter, Ministre de la Justice, sous Mitterrand

« Pour me prémunir de la vanité, j’installais un Schtroumpf sur mon bureau, cadeau de mon fils Benjamin. Impossible de me prendre au sérieux sous le regard du personnage en plastique ».

📘 « Réforme de la magistrature, pour la rendre plus indépendante du gouvernement », « la dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général comme alternative à la prison. 

Un de mes grands combats fut d’humaniser la détention carcérale.

(…) La prison servait surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était souvent impossible.

Les criminels et petits délinquants se retrouvaient mélangés.

Bref, la prison était aussi une école du crime.»

📘 « Vous m’avez fait honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »

📘 Quand on lui propose de présenter à la présidentielle de 1995 :

« Je suis juif. Je suis riche et j’ai aboli la peine de mort. Il y aura trop de conjonctions, d’oppositions. »

📘 « Pour preuve, Philippe Maurice, dernier condamné à mort de notre histoire en 1980. Il reprend ses études en prison. Docteur en Histoire en 1995, libéré sous condition en 2000, il est aujourd’hui chargé de recherche au CNRS. »


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire