mercredi 7 janvier 2026

💙💙💙💙💙


 

Amani, la discrète, la dévouée disparait. Sans fracas, en laissant simplement un petit mot : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. Tu comprendras. Je t’aime. A bientôt, fils. »

Et là, c’est un tsunami qui ravage Salmane, le fils de 36 ans toujours chez papa et maman, et le mari, Heidi. Amani, dont ils ne remarquaient même plus la présence. Amani, bien seule entre un mari taiseux et un fils trouillard, tous les deux égoïstes.

Hedi réagit immédiatement : réaménager l’appartement, ôter l’alliance. Tandis que Salmane même l’enquête et raconte. Lui, veut comprendre et retrouver sa mère.

📘 A travers sa recherche, il va prendre conscience de sa vie, de leur vie à tous les trois, se remettre en cause et sortir de sa léthargie béate… Il se réveille enfin après 36 ans d’hibernation au sein de la Caverne, la barre des 6 immeubles HLM où il a toujours vécu.

La Caverne est un personnage à part entière : le nid douillet où il fait bon rester, sans se poser de questions, sans voir les autres et la société extérieure. Rester chez papa et maman, trouver un job sans effort, (alors qu’il a fait des études supérieures et obtenu son diplôme) et voir les copains le soir.

Pourtant, il va falloir sortir de cette zone de confort, réprimer sa peur de l’extérieur pour rechercher sa mère.

« La trouille de quitter la caverne, de prendre un avion, de m’écraser, de mourir, de parler à des inconnus, de croiser un douanier, de retrouver ma mère, de revenir à la Caverne. La trouille d’être amoureux. La trouille de foutre le nez dans ma vie et de me rendre compte que j’ai perdu du temps. La trouille d’avoir bientôt 40 ans. »

Un portrait sans concessions mais bien réaliste.  

📘  Un premier roman, dont les thèmes sont traités avec beaucoup de maîtrise :

- Comment le mensonge, érigé en règle de vie, apporte la peur de voir la vérité découverte, et le silence.

- La peur d’ouvrir les yeux, de regarder en face. La peur qui empêche de vivre, parents et enfant, et les maintient dans une bulle de paresse. Ne pas bouger, ne rien changer.

- Le silence qui s’étend comme une toile d’araignée sur une famille, les emprisonne dans la routine de la vie, trop confortable pour en sortir. Les proches, ensemble, mais qui ne se voient plus et ne s’écoutent plus.

- L’égoïsme de ceux habitués à se reposer sur la femme et la mère. Celle-ci devenant complètement invisible et, pour, finir, inexistante.

📘 Un premier roman éblouissant de sincérité.

Un auteur à suivre.

 

Extraits :

📘  « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. Tu comprendras. Je t’aime. A bientôt, fils. »

📘  « Ici, une femme ne se barre pas en laissant un homme à la maison. Elle doit rester, quoi qu’il en coûte, quitte à se bousiller elle-même »

📘 « Mes parents n’ont jamais envisagé de quitter la Caverne où ils avaient trouvé la paix »

 📘 « Les murs de nos immeubles, de nos halls et de nos caves sont tagués d’aurochs, de bisons et de mammouths. Nous sommes les HLM de Lascaux. »

 📘 « Comme d’autres à la Caverne, je suis le champion des odes à la Mama. On jure sur tout et n’importe quoi qu’on leur donnerait notre vie. Alors que pour Amani, je n’ai même pas été capable de sacrifier un milligramme de routine. »

 📘 « Après mon Master, j’ai envoyé les grands projets d’avenir se faire foutre. Un seul désir m’animait à la fin de mes études : esquiver la pression du réveil et roder avec mes potes dans la Caverne, unique endroit où je me sens vivant. »

📘 « Je l’aurais su si je m’intéressais à Archie. Depuis combien de temps, ne lui ai-je pas demandé s’il allait bien ? (…) Est-ce qu’il est malade ? Je n’en sais foutre rien car je suis un ami de merde. »

📘 « Nous sommes deux Gammoudi affreusement décevants. Nous aimons Amani mais moins que la Caverne est sa routine. »

📘  « Ta mère est en Tunisie, Salmane »

 📘 « Je n’ai jamais ressenti le besoin d’une chasse aux origines. J’aime ma tour et ses six frangines. C’est un amour passionnel, qui ne laisse aucune trace à une maîtresse. J’y ai mes parents, Archie et sa bande qui valent largement une famille. »

📘  L’échange de lettres entre Nadher ben Youssef et Amani

« Il l’avait réconfortée et elle en avait besoin. Grâce à lui, l’envie de pleurer, de pleurer tout le temps, lui était passée. Il l’avait comprise et, surtout, écoutée. »

📘 « La flemme, mais aussi l’égoïsme pur. »

📘 Amani: 

« Après la fuite du chat, j’ai compris que j’étais une femme seule. »

📘  « La trouille de quitter la caverne, de prendre un avion, de m’écraser, de mourir, de parler à des inconnus, de croiser un douanier, de retrouver ma mère, de revenir à la Caverne. La trouille d’être amoureux. La trouille de foutre le nez dans ma vie et de me rendre compte que j’ai perdu du temps. La trouille d’avoir bientôt 40 ans. »

📘 « Ma vie d‘avant était royale. Pour cinq cents euros par moi, j’étais épargné de toutes les responsabilités et de toutes les tâches. »

📘  « Je ne la reconnais pas, mais qui reconnaît qui ? lundi, je ne savais même pas qui j’étais. »

 📘 « Ils devaient oublier la Tunisie et leur passé pour se réparer. NE PLUS EN PARLER. C’était ça ou la folie. OU LA MORT. Après tout, ils n’avaient rien fait de mal. Le travail d’enfouissement a commencé. »

📘 « C’est ta mère qui a raison. On t’a menti, on a menti à tout le monde, on s’est surtout menti à nous-mêmes. (…) ça nous a mis de la peur dans le cœur. Quand tu mens, tu as toujours peur d’être découvert, tu as peur que la vérité t’éclate dans la gueule. Sans le savoir, on t’a éduqué dans la trouille. »

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire