vendredi 11 juillet 2025

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Tome et et 2 

Matthias est responsable d’une entreprise. Un parisien, ultra connecté, ultra stressé. Il aime passionnément cette vie. Jusqu’au au jour où un événement tragique au bureau le pousse à s’interroger et à ralentir… A entreprendre un stage de « détox ». Il raconte.

Je l’avoue. Quand j’ai commencé la lecture, je me suis dit : encore une histoire de bonhomme qui ne vit que pour son travail. Qui va comprendre la vacuité de sa vie après un séjour de méditation et de jeun dans la nature.

Tous les critères étaient rassemblés… Alors, c’est ça, mais c’est beaucoup plus que cela !

Déjà, les organisateurs du stage de « Détox » paraissent bien plus perturbés que lui. Ensuite, lui, il résiste, et violemment en plus. Il faut dire que : « Pendant dix jours : pas d’ordinateur. Pas de téléphone. La nature jusqu’à perte de vue », c’est contre nature pour lui !

Ensuite, c’est une vraie détox, car ne sont servis aux participants qu’un breuvage à base de romarin où les intestins (notre 2ème cerveau) participent pleinement.

📌 Jim pousse le curseur et c’est plutôt jubilatoire, mais toujours parfaitement juste et analysé.

On s’amuse en se demandant comment Matthias va ressortir de cette aventure et s’il va en tirer des fruits…

Je redoutais un côté moralisateur, ce n’est pas du tout ça ! C’est au contraire, profondément lucide, réaliste et surtout très humoristique.

📌 J’ai beaucoup aimé le graphisme, les couleurs, les décors (merci Antonin Gallo) et surtout, l’expression des personnages. C’est hyper travaillé, précis, et agréable ! Souvent le texte est inutile…

Un trop bon moment de lecture !

Extraits :

Tome 2

📌 « Finalement… La nature loin de la nature humaine… c’est encore ce que je préfère. »

📌  « Moi, je ne suis pas mystique pour deux sous. J’aime pas les cures, j’aime pas la religion et les bouquins de développement personnel. Sous couvert de bienveillance, à mes yeux, une fois sur deux c’est juste de l’attrape-paumés… »

 📌 « Les jours s’enchaînent… Avoir froid… Avoir faim… Avoir chaud…

Avoir… Le temps…

Rêver quand le corps le réclame…

Accepter le jeu du ralentissement… Attendre que rien ne vienne…. Vivre au rythme ralenti de mes organes… Essayer de n’être qu’un spectateur…

Un simple spectateur… »

📌 « On vit dans un monde où, fourmi parmi les fourmis, chacun de nous prend le vent des mauvaises nouvelles tous les matins, tous les midis et tous les soirs, et malgré le souffle des noires bourrasques, nous tentons de répondre à l’injonction de rester debout et de ne pas plier. »

 

Pages explicatives à la fin du Tome 2

Récit tiré de l’histoire réelle d’un ami de Jim

📌 « L’enjeu du récit était donc dès le début la recherche de l’équilibre, de l’apaisement. L’empressement, le bouillonnement… et en face, la paix retrouvée, les jours sans but ni nécessité à être productif… ce mouvement de balancier perpétuel entre déni et acceptation… Ce mouvement est en chacun de nous. »  

 

 


mardi 8 juillet 2025

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Une histoire de tous les jours. Celle de la famille de l’auteur sur quatre générations. Et comme ils habitent la colline de la Croix-Rousse, celle qui travaille, c’est aussi la vie d’un quartier.

Un quartier essentiellement ouvrier, qui ressemble aux gens et qu’ils aiment. En opposition avec l’autre colline, celle de Fourvière, où les gens prient et vivent confortablement.

📌 C’est aussi un vrai tour de force d’intéresser les lecteurs en parlant de gens ordinaires. L’écriture douce, intimiste, sobre et discrète y contribue largement.

Une plume visuelle et évocatrice, car j’ai vu les personnages évoluer sous mes yeux de lectrice : Louise, Alice, René…

📌 C’est un excellent roman même si je me suis ennuyée sur certains passages. Il m’a manqué aussi l’arrière-plan historique, pas assez présent à mon goût, qui soutenait cette saga familiale.

Peut-être un roman qui parle davantage aux lyonnais et aux amoureux de cette ville.

En tous cas, un bel et nostalgique hommage !

 

En arrière-plan du livre : la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour

 

 


 

jeudi 3 juillet 2025

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Récit tiré de la réalité : « En 1979, la course du Fastnet, l'une des plus belles épreuves de voile où s'affrontent skippers expérimentés et amateurs, tourne au cauchemar : 15 morts, 139 personnes secourues. C'est le récit d'une tragédie où la nature se rappelle aux hommes. »

Cette course se déroule du sud de l’Angleterre au sud de l’Irlande.

🌊 Première page : dans une mer en furie, un homme crie le nom d’une femme en sombrant dans les profondeurs.

Pages suivantes et retour dans les jours précédents. On comprend que cet homme, Francis, avait fait la promesse à sa femme, Madeleine, de ne pas faire la Fastnet. Elle avait fait un cauchemar, et elle le voyait se noyer…

« Ne t’inquiète pas, Charly. Papa va rester à terre avec maman et toi pendant que les copains s’amusent sur le bateau de Papa et gagnent la course. »

Il faut dire que Madeleine, excellente skipper, a été marquée par le naufrage de son père, dont elle avait rêvé la nuit précédente….

303 voiliers de différentes catégories prennent le départ avec 2700 hommes et femmes à bord.

Depuis 1963, « le petit temps et le temps médium ont largement prédominé. A tel point, que dans les pubs de Cowes, on plaisante à propos de la Slownet Race. »

Mais, en 1979, les voiliers ne sont pas équipés d’instruments de prévision comme ils le sont aujourd’hui. Et le bulletin météo avertissant d’une grosse tempête, parviendra bien trop tard…

 « Le bulletin de 18 h annonce un vent de force 9. Il sera répété à 18 h 30 et 19 h 05. A 23 h, il prédira une force 10. Mais la grande majorité de la flotte sera déjà en train de l’affronter. »

Les bateaux les plus gros auront déjà quitté la zone pour revenir, tandis que le reste de la flotte sera pris dans la tourmente.

🌊 Un récit parfaitement documenté, une progression dramatique maîtrisée. Un graphisme somptueux et travaillé : expressions, attitudes, paysages.

Sont particulièrement bien saisies :  la violence de la mer et la fragilité de l’homme face aux éléments.

Un bel hommage aux sauveteurs : sans leur travail, le bilan aurait été encore plus tragique.

« Au total, les 13 bateaux de la Royal National Lifeboat Institution (l’équivalent de notre SNSM) répartis sur la côte nord de l’Irlande et la côte sud-ouest de l’Angleterre effectueront 26 interventions totalisant 170 heures de mer et mettront 70 marins à l’abri. »

Un seul bémol : une abondance de termes nautiques.

🌊 Une lecture passionnante que je suis ravie d’avoir découverte grâce à Babélio et aux éditions « Coup de tête » ( Delcourt).

Album à découvrir pour tous les amoureux de la mer, calme ou en furie.....

 

Extraits

🌊 « Ne t’inquiète pas, Charly. Papa va rester à terre avec maman et toi pendant que les copains s’amusent sur le bateau de Papa et gagnent la course. »

🌊 « Sans être dangereuse (un seul accident mortel en 1931), la Fastnet race est réputée éprouvante. A cette époque, il n’y a pas de pilotes automatiques. La course se déroulant sans escale, elle oblique les équipages à se relayer constamment à la barre durant trois jours pour les voiliers les plus rapides et six jours pour les plus lents. »

🌊 « Depuis 1963, cependant, le petit temps et le temps médium ont largement prédominé. A tel point, que dans les pubs de Cowes, on plaisante à propos de la Slownet Race. »

🌊 « Mais sur tribord, alignés comme des rayures sur le dos d’un maquereau, ce sont de sombres alto-cumulus. »

🌊 « Le bulletin de 18 h annonce un vent de force 9. Il sera répété à 18 h 30 et 19 h 05.

A 23 h, il prédira une force 10. Mais la grande majorité de la flotte sera déjà en train de l’affronter. »

🌊 « Une vague plus haute que les autres retourne le voilier par l’arrière. Denis qui guette les lames depuis plus de deux heures pour aider Yvon, l’estimera ensuite à plus de 15 mètres. Le genre de monstre que tous les marins au long cours redoutent et qu’ils nomment la vague scélérate ».

🌊 « A l’arrivée, Rob James, équipier du Condor raconte : La mer et les vagues étaient pires que ce que j’ai jamais affronté au cap Horn ou dans les mers australes. »

🌊 « Au total, les 13 bateaux de la Royal National Lifeboat Institution ( l’équivalent de notre SNSM) répartis sur la côte nord de l’Irlande et la côte sud-ouest de l’Angleterre effectueront 26 interventions totalisant 170 heures de mer et mettront 70 marins à l’abri. »

 🌊 « Tous les classes zéro ( les plus gros voiliers) sont arrivés à bon port. Les plus petits voiliers ont payé un lourd tribut à la tempête.  Le bilan est lourd  et le monde du yachting est sous le choc : 15 morts, 24 voiliers abandonnés, 5 coulés, 136 marins secourus. »