mardi 16 juin 2026

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Un récit et un dessin délicats et émouvants à l’image du Kutani. C’est l’art de la peinture sur porcelaine, une tradition ancestrale de la période Edo.

🌺 Tsutomu est graphiste, installé à Tokyo, avec sa femme et sa fille depuis quinze ans.  Et il s’y trouve bien jusqu’à l’appel l’avertissant que son père est à l’hôpital. Il est sorti, sous la neige, tout nu. Apparemment, il est atteint de démence sénile et on demande à Tsutomu de revenir à Kanazawa, où réside et travaille son père. Ce dernier  est aussi le responsable de l’atelier renommé de Kanazawa, spécialiste du Kutani.

« Tu sais, ton père parle de plus en plus souvent ainsi, sans filtre. C’est ennuyeux. Ils ne vont pas tarder à se rendre compte qu’il n’a plus toute sa tête. »

L’entente entre le père et le fils a toujours été difficile. Tsutomu est sensible, plus proche de sa mère, tandis que son père est exigeant et dur.

Tsutomu redoute ce face à face….

🌺 Il y a beaucoup de thèmes traités avec profondeur et justesse dans cette BD

- Le décalage entre le Kutani, exigeant en temps, en délicatesse, en protection, et la vie de la majorité des Japonais, consuméristes et pressés, comme l’ensemble des occidentaux.

Des valeurs qui semblent d’un autre temps…

« Tu sais, mon garçon, si notre tradition se perd, c’est parce que les gens sont devenus trop pressés.

Leur nourriture est déjà préparée, leur vaisselle jetable… Tout semble plus facile quand on peut se débarrasser des choses après les avoir utilisées. »

- La difficulté du dialogue entre le père et le fils. C’est dur de voir son père dans cet état, et Tsutomu est maladroit, car il ne le comprend pas toujours. D’autant plus que son père conserve la nature profonde de son caractère et s’exprime désormais sans filtre…

🌺 Un scénario qui reste en mémoire car il est chargé de sens et d’acuité. Le graphisme l’accompagne admirablement.

Dans les tons fondus de bleu pour la narration au présent, de rouge pour les souvenirs et le passé. L’accent est porté sur les expressions, les attitudes et j’ai adoré les cases déstructurées comme celles des pages 94, 99, notamment, qui apportent davantage d’émotion au récit en cassant les codes habituels.

🌺 Une vraie réussite sur un thème difficile.

Un auteur et un titre à savourer et à découvrir !

Merci aux éditions Sarbacane.

Extraits

🌺 « Tu sais, ton père parle de plus en plus souvent ainsi, sans filtre. C’est ennuyeux. Ils ne vont pas tarder à se rendre compte qu’il n’a plus toute sa tête. »

🌺 « Tu sais, mon garçon, si notre tradition se perd, c’est parce que les gens sont devenus trop pressés.

Leur nourriture est déjà préparée, leur vaisselle jetable… Tout semble plus facile quand on peut se débarrasser des choses après les avoir utilisées. »

🌺 « C’est dommage, mais de nos jours, les gens ont peur. Ils n’ont plus envie de prendre cette responsabilité-là. Crois-moi, casser, c’est facile, mais préserver, protéger cela demande de l’attention, du temps… »

 

 


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