mardi 3 mars 2026

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Faire revivre, faire connaître les laissés-pour-compte, les artistes oubliés ou méconnus, c’est dans l’ADN graphique de Frantz Duchazeau.  Sa tendresse pour Marcel Bascoulard, qui a véritablement existé de 1913 à 1978, est immense. Cela se sent car il rend son personnage très attachant.

✏ Un drôle de bonhomme, notre Marcel, un clochard attifé en femme, toujours un carnet de croquis à la main, qui fait reculer les passants par son odeur et son apparence.

Pourtant, ceux qui le connaissent, l’apprécient comme le boucher avec qui il échange du mou pour ses chats contre un dessin. C’est une figure atypique de Bourges, mais il n’est pas rejeté, il fait partie du paysage…

Peu lui importe ce que pensent les gens, il vit pour ses dessins, pour les chats qu’il nourrit, et pour son chien qu’il retrouve le soir dans son paradis : son camion-maison, plutôt son épave-maison. Mais lui s’y sent bien, solitaire dans la nature. Un homme désabusé par la vie, meurtri par son enfance, totalement désintéressé par l’argent et ce qu’il procure, mais infiniment lucide sur lui-même et les autres.

Par exemple :

« _Monsieur Bascoulard, vous êtes une figure populaire dans la ville de Bourges, pourquoi ne vous présenteriez-vous pas aux prochaines élections municipales ?

_ Ah non ! Je suis bien trop propre pour ça ! »

Les dessins de Marcel sont d’une infinie précision, aucun détail ne manque à la cathédrale de Bourges quand il la dessine. Idem pour les locomotives qu’il affectionne.

✏ Avec un graphisme à l’encre de Chine et au fusain (me semble-t-il), Frantz Duchazeau reproduit infiniment bien le trait précis de Marcel. Les paysages sont somptueux, addictifs. Il est souvent difficile de les quitter pour passer à la page suivante.

J’ai beaucoup aimé cette découverte : celle de Marcel Bascoulard et celle de Frantz Duchazeau que je n’avais jamais lu.

Merci aux éditions Sarbacane.

 

Extraits

✏ « _Monsieur Bascoulard, vous êtes une figure populaire dans la ville de Bourges, pourquoi ne vous présenteriez-vous pas aux prochaines élections municipales ?

_ Ah non ! Je suis bien trop propre pour ça ! »

✏ « Moi, je suis noir dedans et rose dehors ».

✏ Retour sur la violence de son père : « Quand ce démon rentrait, régnait le dur silence. Il suintait l’ouragan. Mieux valait tout laisser puis s’enfuit que subir plus longtemps la pestilence »

 

 

 


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