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C’est quoi, cette histoire ? Un gros crapaud en ciment volé à une vieille dame, et tout s’emballe ?...
🐸 Elle a été rude, la vie de Simone, bientôt 85 ans, mais jamais elle ne s'est plainte. Les lamentations, ce n'est pas son genre...
Une petite fille perdue, un dur métier de saunière, avant d’épouser René et devenir commerçante.
Un fils toujours trop occupé pour venir la voir, une petite fille réalisatrice, et soucieuse de sa grand-mère, et une fidèle amie et voisine, Marthe.
Mais maintenant Simone glisse vers le « à quoi bon ? ». Ce que les pros appellent le syndrome du glissement : lâcher la rampe, à quoi bon fournir des efforts, à quoi bon vivre ?...
Sauf qu’un événement inattendu va complétement bousculer son quotidien et sa vie : le gros crapaud en ciment devant sa maison a été volé, et « voilà-t-y- pas » que maintenant il lui écrit de ses différents lieux de villégiatures…
« Chère Simone,
J’ai toujours eu envie de visiter Venise.
Vous savez quoi ? En vrai, la ville est encore plus belle que dans mes rêves !
Je pense souvent à vous et vous embrasse.
Votre crapaud »
Ce crapaud va sans doute changer le cours de sa vie. Mais dans quel sens ?
🐸 Plusieurs temps de lectures rythment le récit : l’autrice qui raconte Simone, et les personnes interviewées à propos de Simone. J’ai beaucoup aimé la parole de Sylvie, la bibliothécaire, son analyse lucide et bienveillante des personnes dans leur rapport quelquefois difficile avec les livres. Puis celle de son fils, Thierry, dont on comprend mieux l’attitude…
Alexia Stresi est parfaitement entrée dans la peau de son personnage central : elle la fait parler avec une spontanéité et un naturel très convaincants.
🐸 C’est une réflexion grave et sensible sur la vieillesse, surtout pas mièvre, et encore moins « bisounours ». Car c’est aussi le portrait d’une « belle personne », gentille (au sens noble du terme), empathique et drôle.
Le lecteur s’attache spontanément à Simone mais aussi à son crapaud…
Au fait, que devient-il notre crapaud ?
🐸 Alexia Stresi m’avait déjà enchantée avec « Des lendemains qui chantent » quand j’étais jurée Orange 2023, et là, je retrouve avec plaisir son sens de la progression dramatique et sa plume juste et précise.
Un vrai bonheur de lecture !
🐸 Je laisse la conclusion à Simone : « L’essentiel reste d’avoir eu le cran de se lancer. Si seulement, elle avait su plus tôt combien il est amusant d’oser. A-t-on idée de s’être montrée si docile tout du long. Quelle cruche elle aura été. »
Extraits
🐸 « Ce qui la touche aujourd’hui ? pas grand-chose. Les tourments sont derrière, plus rien n’empoisonne. La vie, Simone a même l’impression de la regarder de loin, au travers d’un carreau sale. »
🐸 « L’impression qu’elle a de ne pas éprouver ce qu’il faudrait. Déjà, à la mort de son père, ça lui avait fait ça. Marcher lentement en tête de cortège, sentir les regards sur soi comme il est de coutume lors d’un enterrement et savoir que les gens vous pensent éplorée alors que…non. »
🐸 « Chère Simone,
J’ai toujours eu envie de visiter Venise.
Vous savez quoi ? En vrai, la ville est encore plus belle que dans mes rêves !
Je pense souvent à vous et vous embrasse.
Votre crapaud »
🐸 Extraits du neurologue
« C’est juste la tête qui lâche. L’envie, je dirais. Le problème, c’est qu’à cet âge-là, tout le reste suit. (…) On ne sait pas rattraper quelqu’un qui en a marre à ce point. Syndrome de glissement, c’est tout. »
🐸 « Sa priorité reste de protéger sa nouvelle amitié avec le crapaud. (…) S’émerveiller, se laisser porter, c’est plutôt une qualité de l’enfance, ça. Ou alors de la grande vieillesse. Oui, il faut être soit très jeune, soit très vieux, pour s’ébahir sans trop chercher à comprendre. »
🐸 Simone, à propos du bouddhisme
« Que la clé du bonheur réside dans la gentillesse dont chacun fait preuve avec les autres. Que témoigner de la compassion réduit notre sentiment de solitude et qu’à l’inverse l’égoïsme isole. En effet, c’est insupportablement provocant, s’amuse Simone. »
« L’essentiel reste d’avoir eu le cran de se lancer. Si seulement, elle avait su plus tôt combien il est amusant d’oser. A-t-on idée de s’être montrée si docile tout du long. Quelle cruche elle aura été. »
🐸 Extrait : c’est le fils qui évoque sa mère
« Parfois, avec maman, j’ai l’impression que ce ne sera jamais assez. Au sens où je suis simplement moi, tu comprends ? Je ne peux pas remplacer la petite sœur. »
🐸 Sa petite fille, Céline, explique les objectifs de son documentaire
« Mon envie de départ, c’était d’évoquer les gens à qui la vie n’a pas permis de donner leur pleine mesure et ça concerne beaucoup de monde. (…) Et mon postulat, c’est qu’il suffit d’un petit coup de pouce pour les aider à s’en libérer. Optimisme béat ? Je ne crois pas. Vous allez voir, mon film raconte précisément l’un de ces envols. Un envol, voilà. »
🐸 « Serait-elle d’accord pour affirmer que le crapaud de son film est un prince ? »
🐸 « Bref, l’idée de Céline, c’est que n’importe quel petit vieux allait pouvoir se reconnaître en elle. »

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