mardi 25 février 2025

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Ce magnifique roman traite avec beaucoup d’efficacité les thèmes de la guerre et de l’amitié et questionne à propos du courage :

En cas de menace physique, serais-je courageuse ou lâche ?

Est-ce que le courage et la lâcheté sont innés ?

Est-ce qu’ils dépendent de notre éducation, comme le pense le narrateur ? Peut-on changer sa nature profonde et se sublimer face au danger ? Ou au contraire, se trouver de bonnes raisons d’avoir agi comme un couard ?

📌 L’auteur illustre son propos avec l’histoire de quatre amis d’enfance qui vont se réfugier dans le Vercors, chez la tante de l’une d’entre eux, durant la seconde guerre mondiale.

Chacun est attachant, et bien typé :

- Le narrateur, Pierre, ou « Petit Pierre » comme le surnomment ses amis qui le connaissent bien : « A presque vingt ans, je découvrais le vrai visage de mon père, fanfaronner devant les faibles, les petits, les soumis et s’écraser le jour où l’on avait besoin de lui." Le personnage de Petit Pierre est particulièrement émouvant car le lecteur se projette en lui et s’interroge.

- Gontran ou « Bouboule » qui se découvre altruiste et empathique grâce à son maître d’école et ses leçons de morale adaptées aux écoliers.

- Radek, l’immigré polonais, arrivé en France avec sa famille dans les années 30. Il trouve une amitié indéfectible avec quatre camarades de classe. Une personnalité forte et empathique. Celui qu’on aimerait avoir comme ami.

- Eugénie, la seule fille du groupe. Un caractère bien marqué, qui perd son frère Auguste durant l’exode et secourt un bébé dont elle va s’occuper.

📌Le thème de l’amitié est superbement traité. Celle qui ne juge pas, qui, toujours, soutient et réconforte.

📌 Le thème de l’horreur de la guerre est particulièrement convaincant car les scènes à propos de l’exode, notamment, sont dures car très évocatrices.

« Nous étions le 16 mai 1940, nous croisions la mort pour la première fois. La guerre n’était pas un jeu, plus un mot quelconque ni une idée abstraite faite de bravoures et de défis, de colère et de vengeance. La guerre s’écrivait en rouge, couleur de sang. »

📌 Les mots sont forts, percutants, le scénario tendu, les pages se tournent toutes seules, quelquefois même au détriment de la fatigue de la journée.

Un vrai coup de cœur !

 

Extraits

📌 Gontran (« Bouboule ») : « Aider, juste pour aider et le plaisir que cela donne.

📌 Pierre :  : « A presque vingt ans, je découvrais le vrai visage de mon père, fanfaronner devant les faibles, les petits, les soumis et s’écraser le jour où l’on avait besoin de lui. Je réalisai devant sa faiblesse que j’agissais de même. »

📌 La sagesse d’Eugénie, qui a perdu son frère Auguste durant l’exode :

« Sauf si chaque jour est comme une nouvelle page du livre de ta vie et que tu parviens à trouver du bonheur entre ses lignes. Se satisfaire de peu, c’est mon secret et chaque matin je bénis la vie de me permettre d’ouvrir les yeux encore une fois. »

 « Nous étions le 16 mai 1940, nous croisions la mort pour la première fois. La guerre n’était pas un jeu, plus un mot quelconque ni une idée abstraite faite de bravoures et de défis, de colère et de vengeance. La guerre s’écrivait en rouge, couleur de sang. »

 📌 La mère de Radek, retournée en Pologne: « Mon fils, mon fils ainé, c’est le cœur meurtri que je te demande de combattre de toutes tes forces ces barbares d’Allemands. Ton père s’est montré courageux en défendant cette pauvre enfant. (…) Une fois au sol, les allemands ont continué de le frapper. (…) Que ta main soit ferme et ne tremble jamais, n’oublie pas, le loup est en toi. »

📌Radek et Petit Pierre

_ Tu parles d’un courage ! Maintenant, tout le monde sait que je suis une merde de trouillard.

_ Détrompe-toi ! Mon gars, tu as gagné des points auprès de tous les maquisards, on se raconte ton histoire dans tous les camps. Les camarades, ils te respectent. Donner sa vie pour ne pas trahir, tu connais mieux comme exemple d’héroïsme ? »

📌Eugénie :  « Tu me répugnes, ta lâcheté me répugne, ton amitié, ta tête de pleurnichard, Radek doit se retourner dans sa tombe, en a-t-il une seulement, le pauvre ? C’est bien le moindre de tes soucis ! »

 

 

 

 


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