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Bouleversant et
magistral ! Tous, ils subissent
l’injustice du plus fort, dans cette campagne des siècles passés. Ils
l’acceptent, se résignent et se soumettent.
Tous, sauf cette gamine,
Madelaine, venue de nulle part et adoptée par la famille du hameau des Montées.
Celle par qui le danger va arriver…
« Madelaine a
peut-être douze ou treize ans, et elle a mille ans. »
C’est une enfant, , qui
plus est une fille, et pourtant elle n’accepte pas l’emprise violente de la
famille l’Ambroisie, et surtout celle de l’Ambroisie-le-fils.
📌 Un récit qui prend aux
tripes, quand il raconte le froid qui pétrifie jusqu’à la moelle, la famine où
le ventre gronde, où la faiblesse s’installe. Une famine habituelle à laquelle
on espère simplement survivre.
📌Un magnifique récit sur
l’injustice, sur le courage, le prix à payer quand une tête se dresse au-dessus
des autres, sur la soumission.
Un récit où le silence des
plus faibles provoque lâcheté et sentiment de culpabilité.
« Nous avons
protégé des maîtres qui n’en avaient pas besoin pour ne pas risquer pire que ce
qu’était déjà notre existence. Nous avons choisi le silence. Nous sommes des
lâches mais nous sommes vivants. »
📌 Un récit dur, sans espoir
où la misère engendre la misère. Même si une personnalité extraordinaire dit
non au violeur, au meurtrier.
📌 Une belle leçon d’amour
entre les membres des Montées, sans grandes phrases, pudique. Qui s’exprime
dans la solidarité, dans les actes, jusqu’à l’engagement le plus total pour
ceux qu’on aime.
📌 L’analyse psychologique
est particulièrement travaillée comme dans tous les romans de Sandrine
Collette. Longtemps après avoir terminé la lecture, les personnages vivent
encore dans ma tête.
Tous les personnages des
Montées sont attachants, chacun bien différent, sans manichéisme.
Mais j’ai préféré celui de Madelaine et de Bran. Ce dernier est émouvant
car il représente l’amour le plus dépouillé et le plus fidèle.
📌 La tension dramatique est
permanente d’un bout à l’autre du roman, c’est l’ADN de Sandrine Collette qui
embarque immédiatement son lecteur dans des contrées bizarres et angoissantes.
J’ai été scotchée, bluffée
par la fin de la 2ère partie, à la page 138. Je n’ai rien vu venir.
Et pourtant, j’ai lu et savouré tous les romans de l’autrice, certains plus que
d’autres. Mais celui-ci…. C’est vraiment le plus abouti !
Porté par une plume juste,
précise, évocatrice et fluide.
📌 Elle est passée avec
beaucoup de talent – et de travail – des thrillers « polars » aux
thrillers sociaux et c’est une véritable réussite !
Chapeau l’Artiste !
Voir à ce propos l’article (argumenté et élogieux) de Lire Magazine de Septembre
Sandrine fait partie des
« Goncourables » et je croise les doigts en ce sens.