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Une passionnante et addictive épopée !
On croit tout savoir sur Jeanne d’Arc, une figure pâlie et ressassée par l’histoire, sans plus beaucoup d’intérêt…
Lisez cet album et vous changerez d’avis, car l’approche choisie par les auteurs est passionnante : l’éclairage est porté non sur Jeanne, mais sur l’évêque Cauchon, le juge du procès de la Pucelle.
🔥Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la dimension est complexe et parfaitement rendue. La réalité historique est respectée, avec les conseils éclairés de David Glomot, agrégé et médiéviste.
Bien sûr, de nombreux détails demeurent inconnus, comme la relation entre Cauchon et Jeanne (a-t-il vraiment voulu la sauver du bûcher ?), comme leurs portraits.... Les auteurs ont alors laissé libre cours à leur imagination, mais pour l’essentiel, leur objectif est de servir la réalité historique.
Mention particulière pour Isembar à qui les auteurs ont prêté le regard du candide, peut-être le nôtre, particulièrement réussi.
🔥 En véritable stratège, l’évêque Cauchon a parfaitement saisi l’enjeu de la figure de Jeanne. Il ne faut pas la tuer sans raison, car elle deviendra une martyre, et Charles VII, qu’elle a fait couronner, sera reconnu en tant que roi.
Il est essentiel que le procès en bonne et due forme, sans torture, avec la possibilité de répondre pour Jeanne, la reconnaisse hérétique : La « putain » hérétique, et le roi « bâtard ».
Malgré la forte pression anglaise, Cauchon gardera toujours cette ligne de conduite, même si l’attitude de Jeanne, va le questionner au plus profond de lui-même.
A noter, et c’est la réalité, l’absence totale de réaction de Charles VII à qui, désormais, Jeanne fait de l’ombre.
« Charles VII veut la lumière, elle lui fait de l’ombre.
Elle est devenue son problème. »
🔥 Car Jeanne n’est pas la simplette de Domrémy, comme on la présente souvent. Non seulement, elle réfléchit et riposte, portée par sa foi, mais elle attaque également frontalement. « le Seigneur m’a choisie, et c’est la jalousie qui vous met dans cet état, Cauchon »
Cela ne l’empêche pas de douter…
🔥 C’est une analyse psychologique drôlement travaillée, parfaitement crédible. Deux figures complexes et attachantes (oui, oui, même l’évêque) que Xavier Dorison et Louis-David Delahaye nous restituent.
C’est aussi une mise en cause du clergé
« Il y a plus de sincérité dans les croyances de cette gamine que dans tous les sermons de ta glorieuse assemblée ! »
🔥 Mention spéciale pour le graphisme riche et varié de Joël Parnotte et Sophie Uliana.
Les dessins sont travaillés avec beaucoup de soin, qu’il s’agisse des personnages ou de leur environnement. Les couleurs sont diversifiées, froides, sombres et renforcent la puissance du récit.
Les gros plans, les expressions sont particulièrement réussies et je sais que désormais, pour moi, les traits de Jeanne et de Cauchon seront ceux-là.
💛 Énorme coup de cœur !
Une merveille de scénario et de graphisme !
Extraits :
🔥 « Tuez-la ! Et vous ferez d’elle une martyre ! »
🔥 « Mais si ces voix sont un mensonge ? Si elles n’ont jamais existé ?
Si un procès, juridiquement inattaquable prouve au peuple que cette putain en jouant les saintes et en invoquant le seigneur…
Alors, elle sera jugée hérétique.
Et à l’instant du verdict, la légitimité de Charles VII s’effondrera comme un château de cartes.
Il reviendra aux yeux de tous, ce qu’il a toujours été…
Un batard. »
🔥 Cauchon :
« Charles VII veut la lumière, elle lui fait de l’ombre.
Elle est devenue son problème. »
« Chacun aurait cru que le froid et les privations la feraient plier.
Mais il n’en fut rien. Jamais elle ne cilla, jamais elle ne trébucha. »
🔥 Jeanne :
« le Seigneur m’a choisie, et c’est la jalousie qui vous met dans cet état, Cauchon »
« Il y a plus de sincérité dans les croyances de cette gamine que dans tous les sermons de ta glorieuse assemblée ! »
« les Anglais ont mis une fortune dans ce procès. Rien ne les empêchera de le mener à son terme. »
« _Jeanne, êtes-vous dans la grâce de Dieu ?
_ Si je n’y suis pas, qu’il m’y mette.
Si j’y suis, qu’il m’y garde. »
🔥 Isembar – les auteurs lui donnent le regard du candide, notre regard…
« Je crois qu’elle est sincère ou folle.
Mais ni l’un ni l’autre ne justifie de l’envoyer au bûcher. Il n’y a point de malice chez elle. »






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