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De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim.
📓Face à la violence du régime de Bachar Al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait un pari insolite : sauver des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.
La bibliothèque secrète de Daraya
📓 C’est le récit de quatre ans de correspondance quotidienne via Skype, entre Delphine Minoui et Ahmad ainsi que plusieurs de ses camarades. Chaque narrateur y apporte sa voix et son ressenti.
📓 J’ai beaucoup aimé la franchise et la simplicité des échanges. L’autrice pose aussi les questions qui dérangent comme celle-ci : avez-vous été tentés par le Djihad ? Ils répondent tout aussi sincèrement que cela a été une tentation pour certains, mais non. Finalement la raison et la réflexion l'ont emporté.
Même si elle manifeste pour les assiégés beaucoup d’empathie, de compassion, elle s’en tient aux faits. Et c’est sans doute encore plus fort et plus émouvant.
📓 Ce livre est la voix de la résistance et de la détermination de ces hommes pour choisir une autre voie que celle de la dictature et de la violence.
Le contraste est particulièrement bien marqué et démontré entre le pire, Al-Assad – Daech, et le meilleur de l’humanité : la liberté, la démocratie, la vie, en réponse à la haine et à la guerre. Cela aurait-il était possible sans les livres ?
📓 Tout le talent et l’engagement de la journaliste-autrice.
Un livre qui m’a marquée et que je souhaitais faire revivre aujourd’hui.
Énorme coup de cœur !
📓 A rapprocher du roman de Rachid Benzine de 2025 : « L’homme qui lisait des livres ».
Extraits
📓 « Il me raconte sa
ville dévastée, les maisons en ruine, le feu et la poussière et dans tout ce
fracas, les milliers d’ouvrages sauvés des décombres et rassemblés dans ce
refuge auquel tous les habitants ont accès. (…) Il me parle des bombardements
incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la
faim. Et de toutes ces lectures effrénées pour se nourrir l’esprit. Face aux
bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes
d’instruction massive. »
📓 « Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit »
📓 « A l’ombre de la guerre, les phrases peuvent de nouveau vibrer. Elles sont la marque du temps qui reste, quand tout est condamné à disparaitre. Elles frémissent de tous ces mots, ceux de la sagesse, de l’espoir, de la science, de la philosophie qui résistent à la poudre d’explosif. Parfaitement ordonnés et classés sur les étagères, les mots sont solides, (ils tiennent debout, triomphants, résistants, vaillants, crédibles, empreints de vérité). Ils offrent des pistes de réflexion, des torrents d’idées, des histoires pour s’échapper. Le monde entier à portée de main. »
📓 « Notre problème n’était pas Israël, ce n’était pas non plus Assad. Notre problème, c’était notre lâcheté, notre manque d’éducation, notre manque de courage pour faire bouger les choses. »
📓 « Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. Des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ses lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive. »
📓 « A Daraya, le régime s’est évertué à effacer toute trace positive et intellectuelle de la révolution. Pour Assad, un homme cultivé et éduqué est un homme dangereux, parce qu’il représente un défi à l’ordre établi. Mais j’ai l’impression de ressortir grandi de cette tragédie. Jamais, je ne me suis senti aussi libre, porteur d’une mémoire que personne ne pourra m’arracher »

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