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Un auteur à part…
Roman noir, très noir, dans une région du Nord. Humour noir. Un humour toujours cruel pour ses personnages.
👽L'histoire.
Pourtant, il avait l’air d’un brave gars, l’ami Bernard, la cinquantaine bien sonnée, le personnage central du roman. Insignifiant, trop gentil même au point de sacrifier sa vie à sa peste et folle de sœur, Yolande…
Mais chez l’auteur, il ne faut jamais se fier aux apparences. C’est la première leçon qu’on apprend en le lisant.
Bernard est atteint d’un cancer et décide d’arrêter le traitement.
Choisir sa mort, c’est regagner sa liberté, CHOISIR ENFIN SA VIE.
Pour lui, c’est ne plus « tenir sa vie en laisse ». Céder à ses envies, à ses pulsions.
Il faut dire qu’il n’est pas gâté avec sa sœur, Yolande. Elle s’est cloitrée dans leur maison à la fin de la seconde guerre mondiale après avoir été tondue. Tout est clos dans la maison, exceptée une « seule ouverture sur l’extérieur. Selon son humeur, elle l’appelle : le « nombril » ou le « trou du cul du monde ».
👽 L’environnement est un personnage à part entière.
Le troquet du coin dirigé par Roland alcoolique et violent envers sa femme, Jacqueline. Dont Bernard a été amoureux dans sa jeunesse.
Le chantier de l’A26, désert et propice à toutes les actions.
👽Une ambiance glauque, des personnages misérables et paumés. Un humour grinçant. Une écriture ciselée et acérée : « Et même si la mort pond des œufs dans son ventre. »
La noirceur du monde, désespérante.
👽 Cet extrait du Monde résume parfaitement en quelques lignes le talent de Pascal Garnier : « De Pascal Garnier (1949-2010), on retiendra les phrases d’une fausse simplicité sur lesquelles nos yeux s’arrêtent comme face à un chef-d’œuvre d’orfèvrerie. Quelques mots bien agencés, et se dégagent toute la mélancolie, l’âpreté d’être au monde et un sérieux appétit pour les dingues et les paumés. Pascal Garnier est un prodigieux raconteur d’histoires. »
Une pépite sombre de 110 pages !
Extraits :
👽 « De Pascal Garnier (1949-2010), on retiendra les phrases d’une fausse simplicité sur lesquelles nos yeux s’arrêtent comme face à un chef-d’œuvre d’orfèvrerie. Quelques mots bien agencés, et se dégagent toute la mélancolie, l’âpreté d’être au monde et un sérieux appétit pour les dingues et les paumés. Pascal Garnier est un prodigieux raconteur d’histoires. »
👽 « Dans toute la maison, c’est la seule ouverture sur l’extérieur. Selon son humeur, elle l’appelle : le « nombril » ou le « trou du cul du monde ».
👽 « Yolande peut avoir entre vingt et soixante-dix ans »
👽 « Bien sûr, il savait depuis longtemps qu’il allait mourir. (…). Au fond, depuis ces derniers mois, c’est l’espoir qui lui avait fait le plus mal.
👽 « Bernard Bonnet, votre grâce a été rejetée. » Il se sentait libre, il n’avait plus rien à perdre. »
👽 « Tous deux pataugeaient dans la boue, le cul de Maryse à quelques centimètres du nez de Bernard. Toute une vie tenue en laisse…
La fille n’avait pu émettre qu’un bruit de ballon qui se dégonfle quand il lui avait sauté dessus. »
👽 « Quand elle était rentrée à la maison, le crâne rasé, pour ne plus jamais en ressortir, elle avait l’air soulagé, un visage de jeune nonne, sereine. Ils ne voulaient plus d’elle, elle n’avait jamais voulu d’eux. Les choses étaient enfin claires, en ordre, chacun chez soi. »
👽 « Ils n’ont qu’à faire comme elle, ne rien aimer, comme ça on n’est jamais déçu et on fout la paix aux autres. »
👽 « Mais oui, j’ai bien cru que j’allais y passer. La mort monte comme la mer. Elle me frappe de plein fouet, une grande vague d’écume noire. Je me dis que c’est maintenant, mon sac est tout prêt dans ma tête et puis elle se retire. Elle reviendra. »
👽 « Joseph Haendel, c’est comme ça qu’il s’appelait mon Boche. Un jour, il a fait partie d’un peloton qui devait zigouiller les otages. Quand je l’ai vu le lendemain, ce n’était plus le même homme. On aurait dit qu’il avait perdu quelque chose de précieux, comme un bras ou une jambe. »
👽 « Et même si la mort pond des œufs dans son ventre, »
👽 « Il a toujours su que c’était un vicelard, ce mec-là, avec son petit air de ne pas y toucher. Déjà tout môme, il était comme ça, faire ses coups en douce et se réfugier dans les jupes de sa frangine dès que cela tournait mal. »

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