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Je ne sais pas si j’ai aimé beaucoup ou passionnément ce titre… J’ai besoin de verbaliser mon ressenti pour le savoir.
Il est tellement à part dans son graphisme et son scénario…
📌C’est une autobiographie, ou plutôt un souffle ou même un cri. Un récit écrit au fil de la plume et surtout au fil des émotions. Comme une thérapie où l’écriture et le dessin apportent lentement la clarté et le discernement. D’où de nombreuses répétitions dans le discours, mais elles ne sont pas gênantes car elles suggèrent le parcours erratique de l’autrice pour se retrouver et se situer. Mais je comprends que cela peut paraître un peu verbeux et redondant.
📌 Tessa raconte, se raconte. Elle est la troisième génération d’une famille chinoise installée aux États-Unis. Sa grand-mère est folle (on va comprendre pourquoi ) et sa mère instable mentalement.
Une mère qui n’arrive pas à se situer, chinoise ou américaine... Et qui le répercute sur sa fille, Tessa. Cette dernière, en mal-être, choisit la fuite, ou plutôt la fuite en avant. Ne pas se confronter à ses questions existentielles, partir et vivre !
« Alors que j’approchais de la trentaine, la vie que j’avais menée jusque-là m’apparaissait moins comme un espace de liberté que comme une autre sorte de cage. »
Arrivée à la trentaine, le décès de sa grand-mère est un déclencheur et elle décide avec sa mère de partir en Chine, rechercher ses racines et enfin comprendre. Se confronter à ses questions, à ses fantômes affamés (d’où le titre) qui ont soif de réponses.
📌 L’arrière-plan historico-politique est passionnant, j’avoue que j’ai appris plein de choses et surtout que cela donne envie d’en savoir plus sur la Chine.
Une quête d’identité passionnante que connaissent nombre d’immigrés. Ne plus appartenir au pays d’origine, et ne pas faire partie du pays d’accueil.
« Ma mère ne m’a élevée dans l’idée que j’étais à la fois chinoise et américaine. Elle m’a appris que je n’étais ni l’une ni l’autre. »
Thème parfaitement exposé également par Alice Zeniter dans « L’art de perdre » où elle est la troisième génération d’une famille algérienne.
📌 Graphiquement, le trait m’a bluffée : noir, dense, avec une grande liberté dans les cases. Rien n’est ordonné, rien n’est linéaire et cela accompagne parfaitement le récit. Il accentue le caractère pesant de l’histoire et l’oppression de Tessa. Comme un insecte pris dans une toile d’araignée…
En tous cas, un album à découvrir, et sans doute à relire !
J’attends avec impatience vos retours, savoir si vous êtes plus tranchés que moi dans l’appréciation de ce récit.
Merci aux éditions Sarbacane
Extraits :
📌 Tessa
« Nous avons survécu au trauma en niant son existence. Et ni ma mère, ni sa mère n’étaient en mesure de voir les fantômes qui grouillaient en elles. Pour moi, ils apparaissaient très clairement.
C’est peut-être ça, être une enfant d’immigrés.
Être la première génération à témoigner suffisamment à distance de la douleur pour en cerner la profondeur. »
📌 « Je sais que ma mère essayait de me protéger
Elle ne savait aimer que ce qui était brisé
Pour m’aimer, il fallait que je sois brisée
Pour que je sois brisée, il fallait qu’elle me brise
Elle ne pouvait me guérir d’une maladie mentale sans que je sois d’abord malade mentalement. »
📌 « Alors que j’approchais de la trentaine, la vie que j’avais menée jusque là m’apparaissait moins comme un espace de liberté que comme une autre sorte de cage. »
📌 « Une expédition dans mon passé familial. »
📌 « Ma mère ne m’a élevée dans l’idée que j’étais à la fois chinoise et américaine. Elle m’a appris que je n’étais ni l’une ni l’autre. »




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