💙💙💙💙
Lima – les années 60 – Un enfant, Daniel, attend le bus, assis sur le banc. Sagement, tranquillement. Mais….
Il attend toute la journée. Il ne va plus à l’école, il attend seulement que le temps s’écoule…
C’est la même personne, 40 ans, plus tard, qui attend de la même façon.
📌Que s’est-il passé durant l’enfance de cet adulte, pour qu’il se sente aussi mal ? Même envers son compagnon, Lucas, pourtant rempli d’amour et de sollicitude, cela ne fonctionne plus. Daniel est allé au bout de l’enfouissement de son secret honteux, il va falloir parler, comprendre et peut-être guérir…
La parole est-elle possible quand on s’est tu si longtemps ?
📌 Ce que je voudrais restituer dans cette chronique est le ressenti de la lecture et du graphisme. C’est d’abord une impression qui s’amplifie au fil des pages : celle de la solitude, du mal-être, du poids de la honte tellement lourd, qu’il est impossible de l’évoquer. Et quand on referme la BD, cette impression demeure, avec une profonde empathie pour Daniel.
📌Comment l’auteur est-il parvenu à nous faire partager aussi bien la douleur de l’enfant ? Peut-être justement car l’adulte qui raconte, le fait avec ses souvenirs et ses yeux d’enfant. Comme si l’homme n’avait jamais pu vraiment grandir, prisonnier de son secret.
📌Ce n’est pas mon graphisme préféré. Pourtant, il accompagne parfaitement le scénario et le renforce.
D’abord dans les couleurs, très colorées dans les tons jaune, orange puis rouge sombre, voire violet « plombant » dans l’angoisse et le sentiment de Daniel de se débattre dans une toile d’araignée.
Puis, dans les expressions : des visages simplifiés, dans lesquels s’expriment complétement les émotions, les non-dits.
📌 Une émotion contenue qui en devient d’autant plus puissante et bouleversante. Une très belle découverte !
Merci aux éditions Sarbacane
Extraits
📌 « Je porte des cicatrices, pas la honte »
Jalal Ad-Din Muhammad Rumi – poète persan – 1207 – 1273
📌 « Ce secret a englouti ma vie. Je serais mort si quelqu’un avait appris ce qui se passait. Je me sentais coupable. Je me disais : « c’est moi qui l’ai cherché. »
📌 « Cette mer qui avait été le témoin de toutes mes émotions.
Les vagues étaient toujours les mêmes, tumultueuses.
Étrangement, j’avais l’impression que leur fureur s’était adoucie.
Comme une promesse de résurrection. »





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire