samedi 19 septembre 2026

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Suspens et humour !

🌟Stella est une sainte. Elle aime naturellement les gens et guérit les maux des hommes.

Le Vatican s’en réjouit, une sainte, et en plus, elle est américaine ! Il manque de saintes américaines ! 

Il ne s’en réjouit pas longtemps car Stella est une prostituée au grand cœur et guérit lors des rapports sexuels.

Une sainte, « putain », ça fait désordre…😊

Heureusement ( ou pas… 😊) le cardinal Carter a une idée : récupérer « la sainte » sans « la putain » : en faire une martyre.

Pour cela, des tueurs à gages, les frères Bronski sont engagés par ce fameux cardinal et son Éminence grise, une belle jeune femme, mais une vraie vipère guidée par son intérêt personnel.

Pour Stella, c'est maintenant un dur périple pour fuir les assassins lancés à ses trousses. Heureusement elle est aidée par le Père Brown et un journaliste intègre qui rêve du prix Pulitzer sur cette histoire hors de toutes les normes.

🌟 C’est addictif, jubilatoire et chargé de réflexions.

- C’est d’abord une attaque en règle du christianisme coincé dans ses dogmes, son intransigeance et son souci de respectabilité : « Stella était l’abondance. Tout ce que deux mille ans de christianisme ont corseté. La générosité du corps, le don de soi, la vie pulsant dans ses veines, la force de vie… »

- Le manichéisme du scénario est jubilatoire car l’auteur s’en sert pour dresser des portraits au vitriol. Largement plus vrais que nature.

Tant pour les jumeaux Bronski : « deux visages sans expression, remodelés par le bistouri et le collagène. » Imaginez les frères Bogdanoff…

Que pour le clergé : jouisseur, autocentré sur la respectabilité et les intérêts.

Ne pas oublier que le Vatican est un état à part entière : « Une multinationale gérant plus d’un milliard trois cents millions d’individus. »

🌟 Cela n’empêche pas la complexité de l’analyse psychologique, notamment pour les « gentils » du récit. Ils sont d’abord altruistes, mais leurs zones de fragilité sont bien démontrées.

💛Un énorme coup de cœur.

Un roman dont on ressort, en regrettant simplement qu’il soit déjà terminé.

Décidément, j’apprécie beaucoup cet auteur et je vais continuer à le découvrir. J’ai déjà lu « Le monde est fatigué » et là aussi, j’ai beaucoup aimé.

Si vous avec des titres à me conseiller, je suis preneuse.

Extraits

 🌟 « Nous manquons de saintes américaines, ajoute Simon II. C’est parfait, magnifique ! Quelle journée qui s’annonce ! Otto, donnez-moi encore un de ces formidables croissants… »

🌟  « _Vous voulez dire qu’il faut coucher avec elle pour être guéri ? »

 🌟 « Une sainte devenue martyre, en voilà une excellente idée ! Nous façonnerons un passé à cette fille.

Carter, veillez à ce que ce soit spectaculaire, atroce et viral. Je veux voir la moitié de la planète suivre la fin de Stella Thibodeaux sur son smartphone. »

🌟 « Dans le classement personnel des frères Bronski, les stars du showbiz venaient en numéro 2 des clients les plus chiants. En première position, il y avait les hommes politiques, difficiles à éliminer à cause de leurs gardes du corps. Mais aussi parce qu’ils n’arrêtaient pas de supplier pour qu’on leur laisse la vie sauve. Au seuil de la souffrance et de la mort, ils promettaient généralement n’importe quoi, comme dans leurs programmes électoraux. »

🌟 « Il vit aussi deux visages sans expression, remodelés par le bistouri et le collagène. Le barman l’ignorait mais les jumeaux Bronski avaient dû changer tant de fois d’identité qu’ils ne se ressemblaient plus. On n’imaginait pas une mère mettre au monde ces deux-là. »

🌟 « Il aurait dû réfléchir : une prostituée ne pourrait jamais être une sainte. (…) le Saint-Siège avait mis près de deux mille ans à asseoir son mythe. (…) Une multinationale gérant plus d’un milliard trois cents millions d’individus. »

🌟 « Le dogme est une vérité incontestable. Vous êtes une sorte de Vierge à l’envers, Stella. Vous comprenez ? Votre simple présence remet deux mille ans d’histoire en question. »

🌟 « _Vous êtes une âme pure, Stella… (…)

La grâce touche les âmes pures ou corrompues. Il n’y a pas de demi-mesure, c’est ainsi. Dieu vomit les tièdes. »

 🌟 « Le monde était vaste, si vaste que le bien et le mal réussissaient à cohabiter dans toutes leurs nuances. Mais aussi vaste qu’il fût, l’un ne pouvait échapper à l’autre. »

🌟 « Stella était l’abondance. Tout ce que deux mille ans de christianisme ont corseté. La générosité du corps, le don de soi, la vie pulsant dans ses veines, la force de vie… »

🌟 « Mais le dogme sera renversé, vos Paul de Tarse, vos Saint-Augustin, vos saintes toujours pucelles et martyres… Votre ennemi, ce n’est pas moi, c’est la liberté, c’est la délivrance par l’Amour de toutes vos hypocrisies et de vos convenances, c’est vos péchés et vos règles, la religion mère de la psychanalyse et de la possession des âmes… »

🌟 « l’Amérique était le pays des bonimenteurs et des prédicateurs. Il y avait une telle disponibilité au rêve que si quelqu’un assurait qu’il pouvait vous le vendre, alors vous faisiez tout pour l’acheter. Et à n’importe quel prix. »

 

vendredi 18 septembre 2026

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Amateurs de fantastique, cette BD est pour vous.

📌 Un univers parallèle où sont tombés Inès, son frère Tristan et leur chien Pégase.

Quiconque « déborde » dans ce monde devient amnésique. Et Inès et Tristan se sont oubliés…

J’ai aimé la transformation assumée des deux personnages, déjà engagée dans le tome 1. Tristan, autiste devient un rebelle. Tandis que sa sœur, soutient le régime…

Du moins, pour l’instant… 

📌 C’est surtout un éclairage particulier et intéressant sur le pouvoir, la dictature et l’injustice sociale. 

📌 Le graphisme contribue au caractère pesant de l’histoire. Des couleurs essentiellement sombres, l’accent porté sur les visages et surtout les yeux des personnages. En accord avec le scénario : à Bordeterre, les habitants deviennent en partie transparents, leurs contours sont flous.

📌 Un roman à découvrir, celui de Julia Thévenot (qui « cartonne » au niveau des ados) et une adaptation très réussie avec Timothée Leman.

Merci aux éditions Sarbacane !

 

 

 


mardi 15 septembre 2026

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Rester neutre (comme la Suisse) quand un conflit éclate à sa frontière ?

C’est la position du gouvernement suédois, à l’aube de la seconde guerre mondiale.

📕Faire respecter cette neutralité, c’est la mission confiée au capitaine Stig Blumfors, adjoint au commandant d’un aérodrome perdu dans le grand nord.

Il se heurte très vite à son supérieur hiérarchique, qui manifeste une grande admiration pour l’Allemagne et son régime autoritaire.

Comme il y a peu d’activité sur cette base, Blumfors se met à noircir des carnets dans lesquels il exprime ses doutes, ses réflexions mais aussi le descriptif des personnes qui travaillent sur la base ainsi que la vie des Sami, éleveurs de rennes plus ou moins nomades qui stationnent pendant une partie de l’année près de l’aérodrome et qui eux, ne se soucient pas des limites frontalières.

Même lieu mais changement de temporalité.

2023 - La Suède se propose de rejoindre l’OTAN, abandonnant ainsi son idée de neutralité.

Le capitaine Guy Puech, à la tête d’une unité spéciale de commandos parachutistes français, vient faire avec ses hommes, un stage d’entraînement aux conditions arctiques. Il est associé à la capitaine Maria-Pia Tedelius, qui a préparé moult exercices pour les hommes des deux unités, française et suédoise.

Rapidement, Guy Puech est fasciné par le mode de vie des Sami. Et comme Mirja,  la grand-mère de Marie-Pia réside à proximité, cette dernière décide de l’emmener chez cette aïeule, qu’elle a peu fréquentée ces dernières années. Mirja, apprenant que le compagnon de sa petite fille est français, décide de lui confier les carnets écrits par Blumfors, en lui faisant promettre de résoudre l’énigme que ces derniers recèlent.

Nous allons donc suivre, en parallèle, les deux récits liés à cette base aéronautique perdue au fin fond de la Suède.

📕 Contrairement à bon nombre de romans où le lecteur peut se perdre dans différentes temporalités, Olivier Turc parvient parfaitement à relier les deux histoires par le biais de la lecture quotidienne des carnets. Et petit à petit, le lecteur se trouve pris dans un engrenage feuilletonnesque et surtout addictif ! Comme les hommes du capitaine Puech, le lecteur attend avec impatience la suite des aventures de Stig Blumfors. C’est une vraie réussite !

📕 De plus, grâce à une écriture claire et précise, non dénuée d’humour, Olivier Turc nous plonge vraiment dans cet univers du grand nord, les problèmes (passés et présents) des autochtones et de leurs relations avec le reste de la population.

📕 A noter et cela m’a bluffée : quelle que soit l’époque, tous les personnages sonnent justes, avec leurs doutes, leurs certitudes et leurs aspirations. Même ceux dits « secondaires » (mais y a-t-il des seconds rôles dans la vraie vie ?) sont croqués avec justesse.

📕 Un grand roman d’aventure(s) qui nous fait réfléchir sur l’état actuel de notre monde, sur l’impossibilité de rester aveugle à ce qui se passe autour de nous et sur la question de la neutralité, qui ne fait qu’ouvrir à la porte à toutes les compromissions.

Un roman à découvrir et à savourer, bien au chaud près de la cheminée…🔥

Chronique établie par Gégé.