mercredi 6 mai 2026

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Pascal Wagner-Egger explique et analyse parfaitement la théorie du complot appliquée sur différents sujets : les attentats du 11 septembre 2001, l’assassinat de JFK, la mort de Diana, le complot juif, le grand remplacement, le réchauffement climatique, les pandémies, ainsi que sur bien d’autres sujets.

C’est très pédagogique avec les points forts repris en encadré rose, les arguments détaillés en faveur ET en défaveur du complot, quelquefois les explications supplémentaires dans des cases grises.

C’est bien documenté, clair, et ma foi, plutôt érudit.

On se sent plus intelligent après les propos de Pascal Wagner-Egger. Un enseignant-chercheur en psychologie sociale et en statistique à l’Université de Fribourg.

Gilles Bellevaut illustre avec humour et justesse, les explications de son complice. C’est déjà lui qui illustrait « Méfiez-vous de votre cerveau » pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Je laisse la parole aux auteurs :

📌 A propos de l’assassinat de JFK : « les multiples enquêtes ont conclu que jack Ruby avait agi de manière impulsive et qu’aucun lien n’existait entre lui et une quelconque conspiration. »

Pour les plus jeunes d’entre nous, c’est lui qui assassina Lee Harvey Oswald, l’assassin de JFK.

📌 A propos du complot juif : « La communauté juive aurait inventé, ou exagèrerait, l’existence pour servir ses propres intérêts. »

📌 A propos des pandémies : « la recherche de boucs émissaires en cas d’épidémie ou de pandémie est loin d’être un phénomène inédit. (…) Déjà, lors des épidémies de peste ou de lèpre qui ont touché l’Europe au cours des siècles passés, les juifs étaient accusés d’empoisonner les puits. »

📌 A propos des vaccins : « Cette corrélation entre méfiance et complotisme s’explique de deux façons : d’une part, la mentalité complotiste conduit à percevoir des complots partout y compris dans l’industrie pharmaceutique, d’autre part, la méfiance envers les vaccins trouve dans le complotisme une voie pour rationaliser son refus de la vaccination. »

Un document passionnant et très accessible !

Merci aux éditions 41.  

 


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Madeleine, c’est une adolescente comme une autre. Les copines, la musique, les cours, le premier garçon qui la fait flasher…

Presque, comme une autre ado…

Car elle a un rêve : elle se voit championne de sumo.

Plutôt surprenant pour « une jeune fille « et même déplacé pour certaines, comme sa mère :  « _ Quand t’étais enfant, c’était rigolo, mais là, t’es presque une femme, ma puce…

_Et les femmes sumo sont pas des vraies femmes selon toi ? »

Quant à son père, inutile d’attendre un appui de sa part, il recherche surtout la quiétude familiale.

Alors, c’est pas gagné !!!

Mais sur sa route, elle rencontre Michel, un ancien sumo, qui veut la préparer aux qualifications juniors de sumo…

🏆C’est une histoire qui se lit d’une traite.

- D’abord car le rythme est rapide, le dessin, très vivant, coloré, bien travaillé dans les expressions et les attitudes. Les positions de sumo sont saisissantes de réalité. Comme LE geste parfait saisi par un appareil photo.

- Car les personnages sont très attachants, surtout celui de Madeleine, dont on comprend que le sumo fait partie d’elle, et qu’en même temps, il lui renvoie une image négative pour une fille : « grosse et moche ». Un vrai dilemme ! 

- Car il y a de la tendresse et de l’humour dans ce récit. Bien sûr, il ne s’agit pas des mêmes circonstances, mais on retrouve nos élans et nos freins d’ado.

- Et surtout car l’autrice a traité avec infiniment de justesse l’importance de l’image renvoyée aux autres, surtout quand on est une fille,  et le sentiment d’urgence de réaliser ce qui tient à cœur.

🏆 Un album tout public, très réussi dans le scénario et le graphisme. 

🏆 Et vous, auriez-vous envisagé l'art du sumo pour une fille ? 

Merci à Léa Hybre pour cette réflexion judicieuse.  

Merci aux éditions Sarbacane. 

Extraits :

🏆 « _ Quand t’étais enfant, c’était rigolo, mais là, t’es presque une femme, ma puce…

_Et les femmes sumo sont pas des vraies femmes selon toi ? »

🏆  « l’art sumo est rempli de règles.

Mais il y a tout autant de règles qui n’existent pas.

Et ça, c’est un espace de liberté. (…)

Un bon sumotori est un sumotori qui se démarque par sa personnalité.

Le sumo est aussi un apprentissage de soi. »

🏆 « J’aurais jamais dû me lancer dans ce truc de sumo, ça me rend grosse et moche !! »

🏆 « _Mais non, ça n’a rien à voir avec le poids ! Ce qui leur fait peur aux garçons…

Ce sont les femmes fortes, combatives, indépendantes. Ça, c’est clair que ça les fait paniquer. »

🏆 Le père, qui recherche surtout la tranquillité familiale…

« Ça fait vingt ans que je passe huit heures par jour à recevoir des ordres à la mairie, et c’est pareil à la maison. »


mardi 5 mai 2026

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Sialuk, une adolescente, est perdue dans ses souvenirs…

Son frère Eino et elle, discutent dans leur village groenlandais. On perçoit l’affection forte qui les relie. Le père appelle Eino pour relever les filets…

Sialuk voudrait aider, mais c’est une fille….

Mais cette discussion entre les enfants ne fait plus partie de la réalité : Eino est mort dans un accident lors d’une chasse aux phoques, avec son père. Il lui a raconté les circonstances du drame, son impuissance à sauver son frère.

Rien n’y fait, elle attend son retour, et s’isole de tout ce qui n’est pas la mémoire d’Eino.

Son père décide alors de l’emmener sur les lieux du drame. Essayer de lui faire accepter la triste réalité.

📘Les thèmes sont abordés avec justesse et sensibilité :

- Le déni de la mort d’un proche et l’impossibilité de vivre.

- La situation des inuits et le rôle du gouvernement danois, bien raconté par la mère de Sialuk.

- L’affection et la proximité des deux enfants.

- Le paradoxe du Groenland : une immensité mais en même temps une prison, pour ceux qui rêvent d’un ailleurs.

📘 C’est une histoire grave et parfaitement scénarisée, sur un graphisme doux aux tons pastel. Le contraste entre les deux rend le récit encore plus saisissant. Un univers mélancolique et pesant où la tristesse de l’enfant, le déni de la mort sont encore plus bouleversants.

Émotion et justesse, tant dans le dessin que le ton. 

Merci aux éditions Sarbacane.  

 

Extraits :

📘« Ce serait trop facile si on voyait tout. On ne se poserait plus de questions ! »

📘 « Au fil des siècles, ils ont tout fait pour arracher ce qui fait de nous des inuits. J’ai vu mes parents être obligés d’abandonner leur traineau pour une maison préfabriquée. »