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La BD reprend la réalité historique : la grève des sardinières en 1924, à Douarnenez, le pays de la sardine.
C'est vrai qu'à l'époque, les conditions de vie paraissaient inéluctables, figées pour l’éternité…
Sardinière de mère en fille et marin de père en fils. Voilà ce qu’accepte la population de Douarnenez au début du siècle.
« Qu’est- ce qu’on peut faire d’autre, au bout du Finistère en 1924 ?
Les hommes sont marins.
Les femmes sont sardinières.
Les enfants sentent le poisson et leur carrière est toute tracée.
A douze ans, ce sera le bateau ou l’usine.»
🐟 C’est à travers Mona, que l’on suit cette dure existence. Son mari est en mer et quand il rentre à terre, épuisé, il file au bistrot. Elle est sardinière, s’occupe de ses deux filles, attend un bébé et sa mère, ancienne ouvrière blessée reste à la maison.
L’ainée des enfants veut continuer l’école. Elle n’envisage pas sa vie dans la sardine ni son avenir avec un marin.
Tant pis, les conditions sont tellement misérables, qu’à dix ans, elle est coiffée du bonnet des sardinières et commence à l’usine.
🐟Le récit est précis quant au processus de la révolte, à son amplification, puis au mouvement de grève. Les conditions inhumaines du travail des femmes : l’injustice et la toute puissance des contremaîtresses, petits-chefs-chefs incontestés abusant de leur pouvoir, les cadences, les salaires dérisoires, et même diminués quand le travail est estimé « mal fait. »
C’est dur de faire de la grève, beaucoup n’y croit pas. La mère de Mona l’a faite quelques années auparavant, et elle a tout perdu…
La pression de la famille, des non-grévistes, de la répression aussi, est forte. Pourtant, leur courage va payer et les ouvrières obtiennent presque tout ce qu’elles ont demandé.
Une victoire qui reste dans les mémoires et fait la fierté ( à juste titre) des bretons car le combat était rude et violent.
🐟Une belle leçon de courage, un bel hommage aux femmes.
Car non seulement elles ont tenu face à l’injustice et l’exploitation, mais aussi et souvent face à la famille et au mari.
🐟 Le graphisme pastel, centré sur les expressions, accompagne parfaitement le récit. Les scènes de foule sont particulièrement bien saisies et très efficaces pour montrer la puissance de la révolte ou de la répression comme dans la double page 126 et 127.
💙 Un récit passionnant que je suis ravie d’avoir découvert.
Extraits :
🐟« Ici, c’est Douarnenez.
A Douarnenez, nos vies, c’est les sardines. »
🐟« Qu’est- ce qu’on peut faire d’autre, au bout du Finistère en 1924 ?
Les hommes sont marins.
Les femmes sont sardinières.
Les enfants sentent le poisson et leur carrière est toute tracée.
A douze ans, ce sera le bateau ou l’usine.»
🐟« _ Moi, j’aimerais bien aller à Paris.
_ Toi ?! Ma petite, t’es une fille de sardinière, une petite fille de sardinière.
Tu seras une Penn-sardin comme nous. »
🐟« Même le poisson, il est plus riche que nous. »
🐟« _ Pense donc à travailler. La grève, c’est pas pour nous.
_ la grève, c’est pas pour nous, l’école, c’est pas pour nous, l’argent, c’est pas pour nous… »