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Bo est un vieil homme, quatre-vingt-neuf printemps, ou plutôt quatre-vingt-neuf hivers.
Car il dort beaucoup, trébuche quelquefois, oublie souvent …
Ce ou plutôt celui qu’il n’oublie jamais est son chien Sixten, un chien d’élan toujours près de lui. Une relation fusionnelle entre eux.
Bo nous raconte son quotidien, les visites des aides à domiciles, mais aussi et surtout, se rappelle son passé. Un homme fragile physiquement, quelquefois mentalement, mais plutôt lucide dans ses souvenirs.
Il évoque son père, un homme dur, sa femme chérie en EHPAD pour Alzheimer, les relations compliquées avec son fils Hans…
D’autant plus que Hans, constate la dégradation de l’état de santé de son père et souhaite confier Sixten à des personnes qui pourront le faire sortir sans craindre de voir son père tomber en forêt.
La peur des aidants… La peur, souvent mauvaise conseillère.
🐶 Le message de l’autrice est fort, sans jugement. Elle montre les situations et ouvre notre champ de compréhension :
- Que c’est dur, d’être très vieux !
- Que c’est dur, d’être le proche d’une personne en grande fragilité physique et mentale !
Car notre ami Bo est vulnérable, mais aussi – comme très souvent les personnes du 4ème âge, dont les peurs sont nombreuses – très têtu. Il s’arc-boute sur ses positions, ne veut rien entendre, boude, et refuse en bloc …
Car Hans veut choisir le meilleur pour son père, essaie de s’adapter au mieux mais il n’a pas compris que Sixten est le seul et dernier être vivant pour qui BO EST UTILE ET INDISPENSABLE… Le seul aussi à ne pas le juger, vieilli et amoindri. Le seul à l’accepter et l’aimer comme il est. Avec son chien, il est encore VIVANT !
- Que c’est dur d’avoir la bonne attitude envers les plus fragiles !
Protéger, mais ne pas surprotéger, voire infantiliser, ce qui RÉDUIT la personne à un statut de malade, d’incapable.
Impossible à accepter quand on a du caractère et Bo n’en manque pas.
- Écouter la personne. Bo a l’impression, et ce n’est pas qu’une impression, qu’on ne l’écoute pas. Il est dépossédé de sa vie, de son identité. INVISIBLE.
- Accepter un rythme plus lent, Nos rythmes trop rapides les stressent. Et ne pas décider sans cesse ce qui est bien pour la personne.
🐶 Un roman précieux et lumineux sur la vieillesse.
Une vraie pépite. Bien écrit, prenant et surtout bouleversant.
J’ai compris bien des choses en le lisant.
Merci Lisa Ridzen !
Extraits :
🐶 « Il me gare dans le fauteuil. Les gens me garent à différents endroits désormais, comme si j’étais attaché à un siège passager. »
🐶 « J’ai l’impression d’exploser de l’intérieur quand il saute sur moi. Il enfouit son museau sous mon aisselle et s’installe confortablement. Je caresse son flanc, son pelage est frais. »
🐶 « Avant que j’ai le temps de lui dire que le déambulateur suffit, il est déjà parti vers l’entrée. Pourquoi est-il si pressé ? »
🐶 « Un son de trompette interrompt mes pensées et deux oiseaux majestueux volent juste au-dessus de moi. Les premières grues de l’année. Je m’arrête et je les suis du regard. J’observe leurs ailes puissantes qui battent régulièrement et propulsent les grands oiseaux vers l’avant. Je me promets qu’avant qu’elles ne repartent vers le sud, j’aurai quitté cet endroit. »
🐶 « J’ai envie de me lever, de taper du poing sur la table et de dire que je fais ce que je veux, bon sang. Que je suis le capitaine de mon propre navire.
Mais je ne le fais pas. Parce que je ne suis pas le capitaine. Je ne suis qu’un balluchon attaché à un bateau en pleine tempête. »
🐶 « Mais plus personne ne prête attention à mes paroles rauques. Comme des oiseaux morts tombés du ciel, elles se fracassent à un endroit où personne ne va jamais. »
🐶« Je te regarde un instant dans les yeux. C’est absolument incroyable qu’une personne aussi belle que toi veuille être avec quelqu’un comme moi. »
🐶 « Mais ce qu’elle ne comprend pas, c’est que refuser, c’est la seule chose que je peux faire. »






