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Une BD qui exprime et
explique particulièrement bien un état d’esprit, celui de Robert Badinter. Un
homme de justice et de convictions. Intègre. Impliqué et sincère. Intelligent et lucide.
Entier et sans concessions.
📘Les auteurs racontent la
vie de Robert Badinter :
- En s’attardant sur son
enfance, une famille juive dont le père est mort en déportation. « Jusque sur les bords du monde, on
porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi, je suis et resterai
pour toujours l’orphelin. »
- En détaillant son
engagement d’avocat, de Ministre de la Justice.
L’abolition de la peine de
mort en 1981.
L’abrogation des lois
restrictives à la liberté, les réformes comme celle de la magistrature « pour
la rendre plus indépendante du gouvernement. » Comme celle de « La
dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général comme
alternative à la prison. »
Une prison plus humaine où la réinsertion
est un objectif essentiel :
« La prison
servait surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était
souvent impossible. Les criminels et petits
délinquants se retrouvaient mélangés. Bref, la prison était
aussi une école du crime.»
Philippe Maurice est un
exemple de réinsertion réussi, mais le cas de Patrick Henri est oublié… En 1977, la plaidoirie de Badinter lui évite
la peine de mort. En 2001, il est placé sous liberté conditionnelle mais
retourne en prison en avril 2003 pour trafic de stupéfiants.
📘 En 1986, c’est le procès
Barbie et les interrogations à propos du régime de Vichy. La France doit-elle
s’excuser de son passé ?
Mitterrand choisit de bien
dissocier le régime de Vichy et la France de De Gaulle. Il ne s’excuse pas au
nom de la France. Quand il dépose des gerbes au Vel ’d’Hiv, il est conspué. Ce
qui provoque la grosse colère de Badinter : « Vous m’avez fait
honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »
📘 C’est facile à lire, passionnant
et parfaitement documenté. Une BD à découvrir et à faire découvrir !
Merci aux Éditions Dunod Graphic !
Extraits :
📘 « Tu te rends
compte, la France est le premier pays à avoir reconnu aux juifs le statut de
citoyens en 1791.
_ N’est-ce pas aussi le
pays de l’Affaire Dreyfus ? »
_ Justement !
Tu en connais des
peuples qui se divisent pour un juif condamné à tort et qui placent la justice
au-dessus de l’honneur de l’armée ?! »
📘 « Ma mère, mon frère et
moi devons la vie à ces villageois qui nous ont accueillis. Je ne les ai jamais
oubliés. Ce village-là, pour moi, c’est la France, la vraie. »
📘 « Jusque sur les
bords du monde, on porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi,
je suis et resterai pour toujours l’orphelin. »
📘 « La défense, mon
petit, ça ne s’exerce pas à moitié. Il faut s’engager totalement comme si ta
vie en dépendait.
Tu vois, défendre,
c’est comme prendre un homme sur son dos. »
📘 « Le crime
angoisse, et la mort du criminel vide cette angoisse, elle rassure. Elle donne
l’impression que l’on peut tuer le crime avec le criminel. »
📘 « Je réalisais
maintenant que la passion vengeresse était irrationnelle. Et que c’était à ce
niveau d’irrationalité qu’il fallait agir pour convaincre le jury. Non
seulement, la peine de mort était irrationnelle mais elle était aussi
démagogique. »
📘 17 septembre 1981 –
Assemblée Nationale
« Demain, grâce à
vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue.
Demain, grâce à vous,
il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives à l’aube, sous
le dais noir, dans les prisons françaises. »
📘 Robert Badinter, Ministre
de la Justice, sous Mitterrand
« Pour me prémunir
de la vanité, j’installais un Schtroumpf sur mon bureau, cadeau de mon fils
Benjamin. Impossible de me prendre au sérieux sous le regard du personnage en
plastique ».
📘 « Réforme de la
magistrature, pour la rendre plus indépendante du gouvernement »,
« la dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général
comme alternative à la prison.
Un de mes grands
combats fut d’humaniser la détention carcérale.
(…) La prison servait
surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était souvent
impossible.
Les criminels et petits
délinquants se retrouvaient mélangés.
Bref, la prison était
aussi une école du crime.»
📘 « Vous m’avez fait
honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »
📘 Quand on lui propose de
présenter à la présidentielle de 1995 :
« Je suis juif. Je
suis riche et j’ai aboli la peine de mort. Il y aura trop de conjonctions,
d’oppositions. »
📘 « Pour preuve,
Philippe Maurice, dernier condamné à mort de notre histoire en 1980. Il reprend
ses études en prison. Docteur en Histoire en 1995, libéré sous condition en
2000, il est aujourd’hui chargé de recherche au CNRS. »