mardi 7 avril 2026

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Avant-propos

« Mort blanche se base sur des faits s’étant déroulés durant la guerre d’Hiver opposant l’URSS à la Finlande, dans un rapport de forces déséquilibré. Si le titre emprunte le surnom de Simo Häyhä, soldat finlandais du conflit, le récit s’inspire aussi de la vie de Hirō Onoda ( et son livre No Surrender), ainsi que d’autres éléments et anecdotes, et ne peut en aucun cas être pris pour une biographie. Il s’agit d’une fiction se déroulant dans un contexte historique. »

 

📌Je ne comprends pas… Pourquoi avoir confondu en un seul récit la vie et la personnalité de deux héros de la guerre.

Deux personnalités bien différentes, deux guerres différentes ?

L’histoire de Simo Häyhä, le sniper finlandais contre l’agression russe en novembre 1939 à mars 1940, la guerre d’Hiver, et le japonais Hirō Onoda qui s'est caché dans la jungle de 1944 à 1974, refusant de croire que le Japon avait pu se rendre et que la Seconde guerre mondiale était terminée.

Même si on n’a pas lu le sublime roman d’Olivier Norek, consacré à Simo Häyhä (qui figure parmi mes chouchous), on ne se retrouve pas dans cette histoire.


📌 On pourrait comprendre ce récit comme un plaidoyer contre la guerre en général, les personnalités qui se distinguent, et la violence de tous les conflits armés. Le graphisme le souligne largement avec les dessins d’Holgado, familier des récits de guerre. Mais les morts en gros plan et surtout le décompte lugubre et macabre des cibles touchées par Simo Häyhä démontre plutôt une fascination de la performance…

Déception, mais cela arrive... 😞

Cela ne m’empêchera pas de découvrir « Graine de vaurien » qui est sorti le 1er avril 2026.

 


mercredi 1 avril 2026

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Commençons par le début : une superbe couverture, tant en illustration qu’en qualité. Douce à caresser, plaisir sensuel de la lecture qui commence par là.

🌳Gemma, une ado, vit dans la montagne avec sa sœur et ses parents. Avec des limites à ne surtout pas dépasser, sous peine de colère, voire de correction du père. C’est le sanctuaire. Là, ils sont en sécurité,car protégés du virus transmis par les oiseaux, qui a décimé la quasi-totalité des humains.

Gemma, dressée par son père, tue gibiers et oiseaux. C’est même une redoutable chasseresse.

En parfaite harmonie avec la nature, elle pousse les limites du sanctuaire pour se retrouver entre les griffes d’un fauconnier sauvage et brutal.

Parmi les rapaces, un aigle va fasciner et toucher l’adolescente…

🌳 Les thèmes sont traités avec beaucoup de puissance :

- La forêt est un personnage à part entière. Un refuge ou une prison ?

- La notion d’emprise paternelle est parfaitement analysée. Quelle frontière entre le pseudo-sentiment de protection et la domination ? 

- La figure de Gemma est attachante et parfaitement crédible : une adolescente, qui malgré la situation, se cherche et peut-être se trouvera. Malgré son père, malgré la vision du monde qu’il lui impose. Emprise physique et mentale…

🌳 J’ai regretté le manque de nuances de l’emprise doublement masculine, par le père puis le fauconnier.

D’ailleurs, je n’ai pas compris qui était vraiment cet homme…

🌳 En revanche, le graphisme m’a complètement séduite.

Dessins somptueux bleu glacé et noir profond,  en parfaite harmonie avec le texte. Qui se noircissent davantage lors des moments forts, et renforcent le sentiment pesant d’impuissance et d’enfermement.  

C’est beau, tout simplement, et cela donne envie de le relire en savourant le dessin.

 

Extraits

« Et puis, il y a eu cette usine de poulets, des bêtes qu’on brûle et un flash qui tourne en boucle sur les écrans, cette voix… Le virus a mité. Les oiseaux porteurs de la maladie, les oiseaux porteurs de la mort. »