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Merci Gilles, de nous avoir expliqué lors du Printemps du Livre de Montaigu, la genèse de cet album. Un feeling immédiat entre vous et Cécile Dupuis, sur la conception et l’illustration d’une histoire.
Résultat : une BD poétique et grave à l’image de vos deux univers.
🎵 L’histoire :
C’est Anton qui raconte. Il est en couple avec Hélène.
Elle, elle coche toutes les cases : violoncelliste talentueuse, attentive, aimante.
Anton est livreur : « C’est ça, ma vie. Je livre et je livre. Et quand c’est fini, je livre encore. Des colis de toutes tailles, de toutes formes. Des portes qui claquent, quelques mercis, pas beaucoup. Et je relivre. »
Il est dévoré par un sentiment d’imposture qui le rend taiseux, qui le mure dans le silence et l’éloigne d’Hélène. Un sentiment de n’être RIEN, alors qu’elle est tout, et qu’elle représente TOUT pour lui : « Elle était le bout de mon monde. »
🎵 Les phrases sont courtes, le vocabulaire précis et poétique. On ressent le manque d’Hélène, l’impossibilité de la rejoindre, son sentiment de nullité.
« Personnellement, je ne suis pas très intéressant. A l’école… A la maison… Au conservatoire…
On m’a dit je ne ferais jamais rien de ma vie. (…) Alors, j’ai fini par le croire. »
C’est simple, comme tous les mots qui touchent le cœur.
🎵 Le graphisme est riche, infiniment varié dans ses couleurs et dans la liberté des cases. Les expressions des personnages sont bien travaillées et particulièrement évocatrices de l’errance d’Anton et de sa douleur.
🎵 Une magnifique partition poétique et graphique à découvrir et surtout à relire.
Extraits :
🎵b« Elle était le bout de mon monde. »
🎵 « Personnellement, je ne suis pas très intéressant. A l’école… A la maison… Au conservatoire…
On m’a dit je ne ferais jamais rien de ma vie. (…) Alors, j’ai fini par le croire. »
🎵 « Je crois bien que j’ai commencé à m’éteindre tout doucement.
Ou le silence me dévorait.
C’était comme si, à force de livrer, il ne restait plus rien de moi. »
🎵 « J’étais devenu un étranger. Son étranger et mon étranger. »
🎵 « Hélène me disait qu’il fallait que je change de boulot, que j’étais en train de me noyer. (…)
Moi, j’avais juste envie de m’enfermer, de me cacher, de m’oublier.
En attendant d’être livré à quelqu’un qui saurait quoi faire de moi. »
🎵 « Je n’ai jamais vu une ville comme ça. Dans quel endroit, dans quel pays, suis-je donc tombé ? J’ai l’impression d’avoir atterri dans un conte pour enfants, une de ces histoires où il est impossible de sortir. »











