samedi 19 septembre 2026

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J’avais adoré « Stella et l’Amérique » ( voir chronique précédente) et je doutais fortement d’être autant séduite par la BD.

Et ben, j’avais tout faux !

Déjà, le titre est tout de suite plus provocateur : Holy ( la sainte) et F*ck, que je ne traduis pas…😊

Les auteurs nous embarquent dans ce road trip aux USA, en nous laissant souffler uniquement à la dernière page.

🌟Le scénariste, Xavier Betaucourt, a bien saisi l’état d’esprit du roman. Il demeure fidèle à sa trame et communique parfaitement la verve de l’auteur.

Il apporte – format de la BD oblige – encore plus de rythme au suspens, sans occulter le drame et les questions fondamentales qui traversent le récit.

Le dialogue est également beaucoup plus direct et contribue largement à la force du propos. Oreilles sensibles, s’abstenir !😊

🌟 Nadar, le graphiste, est génial. Chacun des personnages est très typé, infiniment travaillé dans le regard, les expressions et même les rides.

Les couleurs sont variées et correspondent particulièrement bien au sens de l’histoire. Rouge-violet, sombre, ocre-jaune, bleu. Une vraie palette de couleurs qui nous scotche au récit.

J’ai adoré les plans serrés sur les expressions. Voir le carrousel.

Il apporte une présence impressionnante à tous les protagonistes.

🌟 Jubilatoire et addictif !

Ils réussissent tous les deux à sublimer le roman.

Énorme coup de cœur !💛

Merci aux éditions Albin Michel  pour cette belle découverte.

 

Extraits :

🌟 « Une sainte devenue martyre, voilà une excellente idée »

🌟 « les frères Bronski…

Un véritable fléau pour ceux ayant affaire à leur petite entreprise.

1239 disparus, ça nous fait une cinquantaine de cas par an, soit un peu moins d’une occurrence par semaine. »

🌟 « Dans le classement personnel des deux stars, les stars du showbiz viennent en numéro deux des clients les plus chiants.

En première position, il y a les hommes politiques, à cause de leurs gardes du corps, mais aussi car ils n’arrêtent pas de supplier et de promettre n’importe quoi. … Comme dans leurs programmes électoraux. »

🌟 Stella

« Pourquoi moi ?

Les questions fondamentales n’ont jamais de réponse. »

🌟 Le père Brown à Stella :

« Votre simple présence remet deux mille ans d’histoires en question. »

 


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Suspens et humour !

🌟Stella est une sainte. Elle aime naturellement les gens et guérit les maux des hommes.

Le Vatican s’en réjouit, une sainte, et en plus, elle est américaine ! Il manque de saintes américaines ! 

Il ne s’en réjouit pas longtemps car Stella est une prostituée au grand cœur et guérit lors des rapports sexuels.

Une sainte, « putain », ça fait désordre…😊

Heureusement ( ou pas… 😊) le cardinal Carter a une idée : récupérer « la sainte » sans « la putain » : en faire une martyre.

Pour cela, des tueurs à gages, les frères Bronski sont engagés par ce fameux cardinal et son Éminence grise, une belle jeune femme, mais une vraie vipère guidée par son intérêt personnel.

Pour Stella, c'est maintenant un dur périple pour fuir les assassins lancés à ses trousses. Heureusement elle est aidée par le Père Brown et un journaliste intègre qui rêve du prix Pulitzer sur cette histoire hors de toutes les normes.

🌟 C’est addictif, jubilatoire et chargé de réflexions.

- C’est d’abord une attaque en règle du christianisme coincé dans ses dogmes, son intransigeance et son souci de respectabilité : « Stella était l’abondance. Tout ce que deux mille ans de christianisme ont corseté. La générosité du corps, le don de soi, la vie pulsant dans ses veines, la force de vie… »

- Le manichéisme du scénario est jubilatoire car l’auteur s’en sert pour dresser des portraits au vitriol. Largement plus vrais que nature.

Tant pour les jumeaux Bronski : « deux visages sans expression, remodelés par le bistouri et le collagène. » Imaginez les frères Bogdanoff…

Que pour le clergé : jouisseur, autocentré sur la respectabilité et les intérêts.

Ne pas oublier que le Vatican est un état à part entière : « Une multinationale gérant plus d’un milliard trois cents millions d’individus. »

🌟 Cela n’empêche pas la complexité de l’analyse psychologique, notamment pour les « gentils » du récit. Ils sont d’abord altruistes, mais leurs zones de fragilité sont bien démontrées.

💛Un énorme coup de cœur.

Un roman dont on ressort, en regrettant simplement qu’il soit déjà terminé.

Décidément, j’apprécie beaucoup cet auteur et je vais continuer à le découvrir. J’ai déjà lu « Le monde est fatigué » et là aussi, j’ai beaucoup aimé.

Si vous avec des titres à me conseiller, je suis preneuse.

Extraits

 🌟 « Nous manquons de saintes américaines, ajoute Simon II. C’est parfait, magnifique ! Quelle journée qui s’annonce ! Otto, donnez-moi encore un de ces formidables croissants… »

🌟  « _Vous voulez dire qu’il faut coucher avec elle pour être guéri ? »

 🌟 « Une sainte devenue martyre, en voilà une excellente idée ! Nous façonnerons un passé à cette fille.

Carter, veillez à ce que ce soit spectaculaire, atroce et viral. Je veux voir la moitié de la planète suivre la fin de Stella Thibodeaux sur son smartphone. »

🌟 « Dans le classement personnel des frères Bronski, les stars du showbiz venaient en numéro 2 des clients les plus chiants. En première position, il y avait les hommes politiques, difficiles à éliminer à cause de leurs gardes du corps. Mais aussi parce qu’ils n’arrêtaient pas de supplier pour qu’on leur laisse la vie sauve. Au seuil de la souffrance et de la mort, ils promettaient généralement n’importe quoi, comme dans leurs programmes électoraux. »

🌟 « Il vit aussi deux visages sans expression, remodelés par le bistouri et le collagène. Le barman l’ignorait mais les jumeaux Bronski avaient dû changer tant de fois d’identité qu’ils ne se ressemblaient plus. On n’imaginait pas une mère mettre au monde ces deux-là. »

🌟 « Il aurait dû réfléchir : une prostituée ne pourrait jamais être une sainte. (…) le Saint-Siège avait mis près de deux mille ans à asseoir son mythe. (…) Une multinationale gérant plus d’un milliard trois cents millions d’individus. »

🌟 « Le dogme est une vérité incontestable. Vous êtes une sorte de Vierge à l’envers, Stella. Vous comprenez ? Votre simple présence remet deux mille ans d’histoire en question. »

🌟 « _Vous êtes une âme pure, Stella… (…)

La grâce touche les âmes pures ou corrompues. Il n’y a pas de demi-mesure, c’est ainsi. Dieu vomit les tièdes. »

 🌟 « Le monde était vaste, si vaste que le bien et le mal réussissaient à cohabiter dans toutes leurs nuances. Mais aussi vaste qu’il fût, l’un ne pouvait échapper à l’autre. »

🌟 « Stella était l’abondance. Tout ce que deux mille ans de christianisme ont corseté. La générosité du corps, le don de soi, la vie pulsant dans ses veines, la force de vie… »

🌟 « Mais le dogme sera renversé, vos Paul de Tarse, vos Saint-Augustin, vos saintes toujours pucelles et martyres… Votre ennemi, ce n’est pas moi, c’est la liberté, c’est la délivrance par l’Amour de toutes vos hypocrisies et de vos convenances, c’est vos péchés et vos règles, la religion mère de la psychanalyse et de la possession des âmes… »

🌟 « l’Amérique était le pays des bonimenteurs et des prédicateurs. Il y avait une telle disponibilité au rêve que si quelqu’un assurait qu’il pouvait vous le vendre, alors vous faisiez tout pour l’acheter. Et à n’importe quel prix. »

 

vendredi 18 septembre 2026

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Amateurs de fantastique, cette BD est pour vous.

📌 Un univers parallèle où sont tombés Inès, son frère Tristan et leur chien Pégase.

Quiconque « déborde » dans ce monde devient amnésique. Et Inès et Tristan se sont oubliés…

J’ai aimé la transformation assumée des deux personnages, déjà engagée dans le tome 1. Tristan, autiste devient un rebelle. Tandis que sa sœur, soutient le régime…

Du moins, pour l’instant… 

📌 C’est surtout un éclairage particulier et intéressant sur le pouvoir, la dictature et l’injustice sociale. 

📌 Le graphisme contribue au caractère pesant de l’histoire. Des couleurs essentiellement sombres, l’accent porté sur les visages et surtout les yeux des personnages. En accord avec le scénario : à Bordeterre, les habitants deviennent en partie transparents, leurs contours sont flous.

📌 Un roman à découvrir, celui de Julia Thévenot (qui « cartonne » au niveau des ados) et une adaptation très réussie avec Timothée Leman.

Merci aux éditions Sarbacane !