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J’ai lu d’une traite ce
magnifique récit et maintenant, je le referme avec regret.
Sans doute, car il change
de mes lectures habituelles : un
vrai roman d’aventures, un suspens permanent, des personnages attachants et
complexes et des thèmes intéressants.
🌊Embarquement immédiat dans
un autre temps, un autre espace.
1757 – Madras en Inde. Le
Norfolk, un navire marchand britannique s’apprête à repartir pour Londres avec
la cale remplie de marchandises.
Malgré la résistance farouche
du capitaine Attenborough, ancien officier de la Royal Navy, un dernier
passager est ajouté à bord : Thomas
Cockcroft, condamné pour meurtre. Le bateau doit le ramener en Angleterre pour
y être pendu. Cela fera plaisir à la riche famille de la victime, indique le
Gouverneur de Madras.
Rien ne va se passer comme
prévu et là, vous allez sentir le souffle de la mer, l’odeur de la poudre, la
terreur consécutive aux maudits français, aux pirates et à la tempête.
Ne croyez pas qu’il s’agît
de la somme rassemblée en un récit de tout ce qui peut arriver en mer. Surtout
pas !
🌊 La progression dramatique
est parfaitement maîtrisée, comme l’analyse psychologique des personnages.
🌊 J’ai aimé, non, j’ai adoré
la plume de l’auteur. La linéarité du récit. Pas de temporalité différente, pas
de narrateurs différents. Cela change des romans habituels et surtout, l’action
y est fluide, hyper vivante.
Une écriture visuelle où
j’ai vu les scènes se dérouler sous mes yeux, guidée par la plume percutante et
précise de l’auteur.
🌊 Sous couvert d’un vrai
roman d’aventures, c’est aussi un roman qui questionne :
- Sur la place de la femme
au 18ème siècle.
« Son éducation
d’abord, son quotidien de marin ensuite ne laissaient pas une grande femme aux
femmes, sinon d’être de courtoises et discrètes épouses, ou des prostituées
dans le bordel d’un port. »
- Sur la vision du monde qu’a
chacun au fond de soi :
L’une passive, fondée
sur l’illusion et la croyance, l’autre active, fondée sur l’expérience et les
faits. »
- Sur la nature de l’homme.
L’éternel débat :
est-ce l’éducation qui construit l’être humain, peut-il sortir d’une enfance
malheureuse, possède-t-il vraiment son libre arbitre ?
Et surtout les circonstances
peuvent-elles le faire changer ?
💙Quel bonheur de lecture,
ce roman !
Je découvrais Olivier Merle,
chercheur et écrivain, le fils de Robert Merle, et je vais me plonger dans ses
autres romans, et notamment Noir négoce.
Sa bio : https://oliviermerle-ecrivain.fr/auteurhttps://oliviermerle-ecrivain.fr/auteur
Extraits :
🌊 « Lieutenant, je
crois qu’il va être temps de filer à la française ».
Les français utilisent la
même expression que les Français, mais inversée, pour signifier la même
chose. »
🌊 « Un
argumentaire de négociation ? » Décidément, Crawford, vous n’êtes
jamais totalement dans la vraie vie. J’ai l’impression parfois que vous avez
fait trop d’études. »
🌊 Moment de nostalgie….
« le retour.
Le retour vers la
verdoyante Angleterre, son climat frais et supportable, les quais des docks,
les bateaux en carène et l’odeur du goudron, les vieilles tavernes , les pavés
mouillés, et puis, au-delà du faubourg, les champs clos des murets, l’herbe
grasse, les brebis paisibles, et cette pluie fine et délicate, si différente
des trombes d’eau qui s’abattent souvent sous les tropiques. »
🌊 « Attenborough
comprit comment Missingtooth, malgré la crainte qu’il inspirait, parvenait à
emporter l’adhésion des ses hommes. Il flattait et excitait continûment leurs
plus bas instincts, leur promettant plaisir et jouissance en jetant par-dessus
bord tous les freins imposés par la société. »
🌊« Son éducation
d’abord, son quotidien de marin ensuite ne laissaient pas une grande femme aux
femmes, sinon d’être de courtoises et discrètes épouses, ou des prostituées
dans le bordel d’un port. »
🌊« Elles n’étaient
plus qu’esclaves sexuelles, corvéables à merci,
privées du droit d’exprimer des sentiments. Le seul droit qu’elles conservaient
était celui de se taire. »
🌊 « Une dispute
éclata, âpre et passionnée car elle mettait au prise deux approches des
réalités du monde. L’une passive, fondée sur l’illusion et la croyance, l’autre
active, fondée sur l’expérience et les faits. »
🌊 « _ Je pense que
l’homme n’est ni bon ni mauvais. L’homme est comme un chien.
_Comme un chien !?
_ Oui. On peut le
dresser à être très gentil ou très méchant. Il est tellement influençable,
tellement facile à manipuler qu’on en fait ce qu’on en veut si on le prend
assez jeune. Très gentil ou très méchant. Oui, exactement comme pour un
chien. »