dimanche 25 janvier 2026

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1986 – Les années Thatcher en Écosse.

Les copains, le punk rock, l’alcool, de drogue et le foot.

C’est Jimmy qui raconte. Lui, est un étudiant de 18 ans, son ami le plus proche est Tully, un ouvrier de 21 ans. Infiniment charismatique. Autour d’eux, et inséparables dans ces années 80, leurs quatre copains.

Si on n’a pas les codes musicaux et politiques, on se sent bien seul dans cette première partie… Et je ne parle même pas du foot…

🎵 Il ne faut pas renoncer, car la seconde partie, en 2017, est bouleversante, poignante et surtout intense.

Chacun a fait sa vie, les liens se sont distendus.

Mais quand Tully, gravement malade, appelle Jimmy au secours, ce dernier est immédiatement présent.

Peut-être trop, au goût d’Anna, la femme de Tully…

« Anna gère le plus difficile avec Tully et lui, il met un plan au point avec quelqu’un d’autre. C’est vraiment un truc de mecs, ça. »

🎵Le thème de l’amitié sincère, indéfectible est superbement traité.

Quand l’amitié est plus puissante que tous les autres sentiments, même l’amour, même la maladie. Les deux doigts d’une main, liés à jamais, dans la vie et dans la mort.

« Il parle à travers toi, et tu parles à travers lui »

Merci aux Éditions Métailié

Extraits

🎵 « C’est comme une explosion de vie qui se produit et après c’est fini, dit-il. On a fait notre temps, vieux. Je l’ai accepté, je ne suis jamais allé en Suisse et je suis prêt. »

🎵 « Anna gère le plus difficile avec Tully et lui, il met un plan au point avec quelqu’un d’autre. C’est vraiment un truc de mecs, ça. »

🎵 « Je ne fais pas partie de cette histoire, Jimmy. Je suis sa femme. Et je voulais le garder en vie parce que je ne supporte pas l’idée de le perdre. »

🎵 « Les gens parlent du pouvoir des vieilles amitiés. Je prends ce pouvoir en compte, Jimmy. Il parle à travers toi, et tu parles à travers lui, et il n’y a pas de places pour la discussion. »

 

 

 

 

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Une lecture légère et agréable, mais qui analyse bien un aspect précis de notre société : l’immédiateté, la facilité d’une part et le temps et l’effort d’autre part.

🍇L’histoire :

C’est une véritable correction pour Wei, fils unique d’un magnat de Shanghai d’être envoyé en France par son père, afin de lui rendre compte d’un domaine viticole acheté à Bordeaux.

Il faut dire que l’ami Wei, « fils à papa » totalement immature,  cultive les « conneries »… Trop facile, la vie d’un gamin riche et gâté, avec les copains, les filles, le jeu…

Bien sûr, en France, son état d’esprit reste le même. Sauf qu’il tombe amoureux de Lola, l’œnologue du domaine dont il est chargé de rendre compte.

Et Lola, ne manque ni de caractère, ni d’implication dans son travail….

Allons-nous assister à une véritable mutation ou le naturel va-t-il revenir au galop ?

🍇 Bien sûr, c’est une comédie romantique classique, mais :

1 / Elle n’est surtout pas mièvre.

Les thèmes abordés le sont avec intelligence, lucidité et souvent avec humour.

En plus de ceux évoqués au début de cette chronique, et particulièrement bien traités, elle suggère aussi les non-dits. Comme la difficulté de dire « je t’aime » entre un père et un fils. Voir la page 122.

2 / les personnages sont parfaitement campés, crédibles et bien attachants.

« La tête à claques » qu’est Wei devient touchante au fil du récit.

3 / On apprend aussi beaucoup de choses sur la vinification mais aussi sur son environnement, sur ses codes.

4 / Elle fait du bien et repose de nos lectures souvent ( trop souvent ) bien graves, voire dramatiques.

🍇 Un vrai bouquet de plaisirs que cette BD : scénario bien construit et prenant, personnages attachants, connaissance du vin, et graphisme précis, travaillé et tellement bien colorisé.

A savourer comme un excellent vin ou, cela me parle beaucoup plus, comme un trop bon chocolat noir ! ....

💜 En tous cas, que du bonheur !

Grand merci à Clementine-littéraire et à Grand Angle pour l’envoi de Bordeaux-Shangaï qui titillait ma curiosité, depuis sa parution.

 

 


vendredi 23 janvier 2026

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 On entend à peu près tout et son contraire à propos du développement personnel. Cet essai conçu avec humour par Alexandre Thalmann – professeur de psychologie - et renforcé par les dessins de Matyo, s’efforce de faire la part des choses.

📌 L’auteur reprend les principaux mantras du développement personnel dans chacun des chapitres et les analyse, avec beaucoup de finesse.

Une version aboutie de soi-même ? Faut-il booster son estime de soi ? Sommes-nous intrinsèquement bons ?...

📌 Son objectif dans ce court essai est le suivant :

« Il ne s’agit pas de démonter mais de prendre de la distance et d’introduire de la nuance. Quitte à y glisser un peu d’humour, comme sait si bien le faire le dessinateur Matyo, mon complice depuis plusieurs années. »

📌 J’ai surtout aimé le réalisme de l’auteur : « Mieux se connaître soi-même. Y parvient-on vraiment en consultant des ouvrages de développement personnel nous rappelant à quel point nous sommes des personnes formidables et bonnes, destinées à réussir tout ce que nous entreprenons ? »

Un essai intéressant qui nous invite à la nuance, en nous rappelant que « le mieux est toujours l’ennemi du bien ».

S’améliorer en acceptant les défauts et les faiblesses sans idéaliser la perfection de soi-même.

📌J’avais déjà beaucoup apprécié « Méfiez-vous de votre cerveau – 30 biais cognitifs » dans la même collection : connaissance – pédagogie – analyse et humour.

Un excellent cocktail !💙

Merci aux Éditions 41

Extraits :

📌 « Il ne s’agit pas de démonter mais de prendre de la distance et d’introduire de la nuance. Quitte à y glisser un peu d’humour, comme sait si bien le faire le dessinateur Matyo, mon complice depuis plusieurs années. »

📌 « Les tests qui prétendent décrire votre personnalité profonde ne font que de débiter des généralités. Alors pourquoi, y croyons-nous souvent ? A cause d’un phénomène appelé « effet Barnum » :  « Je viens de faire un jogging, je peux bien m’empiffrer de chips ! J’ai trié mes déchets, je peux bien prendre l’avion !

Gare au piège de « licence morale »  qui nous fait agir quand on s’est acheté une bonne conscience. »

📌 « Un mantra du développement personnel dit : « on n’apprend bien que de ses erreurs »

Résultat : certains gourous invitent à célébrer les ratés et les échecs ! Sans penser que l’objectif est quand même d’arrêter de se tromper. »

 

 

 

mardi 20 janvier 2026

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Une BD qui exprime et explique particulièrement bien un état d’esprit, celui de Robert Badinter. Un homme de justice et de convictions. Intègre. Impliqué et sincère. Intelligent et lucide. Entier et sans concessions.

📘Les auteurs racontent la vie de Robert Badinter :

- En s’attardant sur son enfance, une famille juive dont le père est mort en déportation.  « Jusque sur les bords du monde, on porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi, je suis et resterai pour toujours l’orphelin. »

- En détaillant son engagement d’avocat, de Ministre de la Justice.

L’abolition de la peine de mort en 1981.

L’abrogation des lois restrictives à la liberté, les réformes comme celle de la magistrature « pour la rendre plus indépendante du gouvernement. »  Comme celle de « La dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général comme alternative à la prison. »  

Une prison plus humaine où la réinsertion est un objectif essentiel : 

« La prison servait surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était souvent impossible. Les criminels et petits délinquants se retrouvaient mélangés. Bref, la prison était aussi une école du crime.»

Philippe Maurice est un exemple de réinsertion réussi, mais le cas de Patrick Henri est oublié…  En 1977, la plaidoirie de Badinter lui évite la peine de mort. En 2001, il est placé sous liberté conditionnelle mais retourne en prison en avril 2003 pour trafic de stupéfiants.

📘 En 1986, c’est le procès Barbie et les interrogations à propos du régime de Vichy. La France doit-elle s’excuser de son passé ?

Mitterrand choisit de bien dissocier le régime de Vichy et la France de De Gaulle. Il ne s’excuse pas au nom de la France. Quand il dépose des gerbes au Vel ’d’Hiv, il est conspué. Ce qui provoque la grosse colère de Badinter : « Vous m’avez fait honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »

📘 C’est facile à lire, passionnant et parfaitement documenté. Une BD à découvrir et à faire découvrir ! 

Merci  aux Éditions Dunod Graphic ! 

 

Extraits :

 📘 « Tu te rends compte, la France est le premier pays à avoir reconnu aux juifs le statut de citoyens en 1791.

_ N’est-ce pas aussi le pays de l’Affaire Dreyfus ? »

_ Justement !

Tu en connais des peuples qui se divisent pour un juif condamné à tort et qui placent la justice au-dessus de l’honneur de l’armée ?! »

📘 « Ma mère, mon frère et moi devons la vie à ces villageois qui nous ont accueillis. Je ne les ai jamais oubliés. Ce village-là, pour moi, c’est la France, la vraie. »

📘 « Jusque sur les bords du monde, on porte son enfance » a dit le poète Andrée Chedid. Moi, je suis et resterai pour toujours l’orphelin. »

📘 « La défense, mon petit, ça ne s’exerce pas à moitié. Il faut s’engager totalement comme si ta vie en dépendait.

Tu vois, défendre, c’est comme prendre un homme sur son dos. »

📘 « Le crime angoisse, et la mort du criminel vide cette angoisse, elle rassure. Elle donne l’impression que l’on peut tuer le crime avec le criminel. »

📘 « Je réalisais maintenant que la passion vengeresse était irrationnelle. Et que c’était à ce niveau d’irrationalité qu’il fallait agir pour convaincre le jury. Non seulement, la peine de mort était irrationnelle mais elle était aussi démagogique. »

📘 17 septembre 1981 – Assemblée Nationale

« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue.

Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, d’exécutions furtives à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. »

📘 Robert Badinter, Ministre de la Justice, sous Mitterrand

« Pour me prémunir de la vanité, j’installais un Schtroumpf sur mon bureau, cadeau de mon fils Benjamin. Impossible de me prendre au sérieux sous le regard du personnage en plastique ».

📘 « Réforme de la magistrature, pour la rendre plus indépendante du gouvernement », « la dépénalisation de l’homosexualité et le travail d’intérêt général comme alternative à la prison. 

Un de mes grands combats fut d’humaniser la détention carcérale.

(…) La prison servait surtout à enfermer et non à réhabiliter. Y reprendre ses études était souvent impossible.

Les criminels et petits délinquants se retrouvaient mélangés.

Bref, la prison était aussi une école du crime.»

📘 « Vous m’avez fait honte ! Vous déshonorez la cause que vous croyez servir. »

📘 Quand on lui propose de présenter à la présidentielle de 1995 :

« Je suis juif. Je suis riche et j’ai aboli la peine de mort. Il y aura trop de conjonctions, d’oppositions. »

📘 « Pour preuve, Philippe Maurice, dernier condamné à mort de notre histoire en 1980. Il reprend ses études en prison. Docteur en Histoire en 1995, libéré sous condition en 2000, il est aujourd’hui chargé de recherche au CNRS. »