mardi 1 septembre 2026

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Je reconnais que le titre ne me branchait pas du tout.

La monarchie britannique, ce n’est vraiment pas ma « cup of tee »…

Merci Laura de m’avoir expliqué le contenu du roman car j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, passionnant même !

🌺C’est Rebecca qui raconte, la fille de Cindy. Sa mère éprouve un sentiment de dévotion envers la princesse anglaise, et se projette complètement – corps et âme – dans la vie de Diana.  Il faut dire qu’elle lui ressemble physiquement.

Elle accentue ses traits de ressemblance et devient, carrément « Lady Diana », auprès de tous ceux qu’elles rencontrent.

Tous les moyens sont bons pour se faire « adouber » et AIMER comme la Princesse.  Les tenues, les mimiques sont semblables et elle parle désormais français avec l’accent anglais…

De plus, elle déniche un « Dody Al-Fayed », sur un yacht basé à Nice, en la personne de Carlos.  Amoureux de cette femme fantasque et sensuelle, il joue le jeu et devient le compagnon de Cindy-Diana.

🌺 Très souvent, je me suis demandé en voyant des personnes investir totalement un autre personnage (Johnny Hallyday. Elvis Presley… ) ce qui les motivait.

Ce besoin de vivre par procuration la vie d’une star, de s’y identifier tellement que leur vie propre semble réduite à néant... La substitution d’une identité à une autre... La peur de ne pas être reconnu en tant que soi-même..

🌺 La réponse de l'autrice est intéressante :

- C’est le besoin d’être reconnu, célébré. Être assuré que tous les projecteurs se braqueront sur vous…

Bien sûr, le trait est excessif pour ce type de projection en un people, mais il est révélateur d’une société pour qui l’apparence et l’image deviennent essentielles, voire vitales.

A rapprocher du magnifique roman de Delphine de Vigan, « les enfants sont rois » où le reflet de soi devient plus important que la réalité.

🌺 J’ai beaucoup aimé ce roman, à l’écriture fluide et travaillée. Mais… En éprouvant un sentiment de frustration.

Car bien sûr, lors de la mort de la vraie Lady Diana, tout s’écroule pour notre doublure.

Pourquoi, avoir terminé si rapidement le récit ?

Il me semble ( de mon petit point de vue de lectrice) qu’il y avait encore « beaucoup de grain à moudre » sur l’effondrement du château de cartes pour Cindy, les conséquences psychiques, familiales et conjugales…

Une lecture agréable et intéressante que je conseille. Et une autrice à suivre.

Merci aux éditions du Seuil et à Laura Tinard.

Extraits :

🌺 « Lady Diana représentait un modèle pour les femmes, parce qu’elle osait mettre l’épanouissement personnel, la santé mentale, la liberté, au premier plan de ses combats. »

🌺 « Le temps passait et elle avait eu besoin de redevenir quelqu’un à Nice, de reconnaissable, mais certainement pas elle-même. »

🌺 « En calquant grossièrement sa vie sur celle de la Princesse chic et rebelle, elle fuyait son quotidien morne. Elle défiait une forme de médiocrité. Elle rendait sa vie plus imaginative. »

🌺 « Ce mal de l’image de soi, elle l’a porté seule, sans personne à qui confier ce poison. »

🌺 « Moi, la fille cachée, je me suis retrouvée accroupie entre deux personnes qui se prenaient pour des cadavres dans un yacht à trois étages. »

 

 

dimanche 30 août 2026

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Est-ce un roman d’aventure dont l’action se déroule au XVI° siècle ou un roman de science-fiction qui nous plonge dans un futur très proche ?

Peut-être les deux, ou pas… 😗

📌Deux espace-temps bien différents.

D’un côté :

Nous suivons les pérégrinations de Donato/Francisco (qui a changé d’identité pour échapper à l’inquisition portugaise) à travers l’océan Indien puis son arrivée dans une contrée qui n’est autre que le Japon actuel.

Sa découverte d’une autre civilisation, les nouveaux repères qu’il doit mettre en place pour comprendre le mode de vie des habitants de cette lointaine contrée, ainsi que les enjeux politiques et territoriaux de ces shoguns et autres potentats, toujours avides de pouvoirs.

L’auteur décrit parfaitement tous les efforts faits par les Jésuites portugais pour convertir et imposer des comptoirs commerciaux dans cet extrême orient. Pour les moins jeunes d’entre nous, nous replongeons avec plaisir dans la série « Shogun » des années 80. Mais, quelques phrases « codées » peuvent laisser penser à un jeu vidéo…

D’un autre côté :

Nous assistons au montage d’une expédition interstellaire à travers les portraits de différents scientifiques de haut vol. Une spécialiste de l’hibernation, un expert en propulsion nucléaire, une linguiste distinguée, etc… Et surtout les responsables d’entreprise tournées vers la conquête spatiale, pour qui l’objectif n’est pas tant la réussite du projet que les perspectives de récupérer beaucoup d’argent à cette occasion.

C’est en creux, mais drôlement bien suggérés, les portraits des géants de la « tech » ainsi que celle de la folie d’un Elon Musk.

📌 Il est parfois bien difficile de suivre les deux temporalités et surtout le nombre important des protagonistes, qui viennent couper le récit des aventures de Donato/Francisco. Je m’y suis sentie perdue à plusieurs reprises.

Ce qui est sûr, c’est qu’il fait travailler nos petites cellules grises et nous fait réfléchir sur le bien-fondé de la recherche de pouvoirs et de territoires, même intergalactiques

📌 J’ai beaucoup aimé :

- L'écriture, travaillée et très visuelle. Dès les premières pages, j’ai vu comme sur un écran, l’action se dérouler. Blas de Roblès est un véritable conteur.

- La force de l’analyse psychologique de l’ensemble des personnages.

- L’intérêt des temporalités différentes pour un même objectif. Comme quoi, la nature de l’homme ne change pas trop, au fil des siècles…

- Un suspense maintenu malgré les changements de plans spatio-temporels.

- L’arrière-plan historique de l’Inquisition portugaise. Je savais qu’elle avait existé en Espagne, bien sûr, mais au Portugal, je ne le savais pas. Les objectifs financiers de l’inquisition sont parfaitement décrits.

📌 J’ai moins aimé :

- Il faut s’accrocher pour suivre les multiples personnages sur des plans différents.

- La conclusion qui suscite encore en moi des interrogations car je l’ai trouvée un peu hâtive et peu explicative. Est-ce la vie qui suscite le rêve ou la vie n’est-elle rien d’autre qu’un rêve ?

📌 En conclusion

Un roman pour les curieux et les patients : mais où l’auteur veut-il nous embarquer, qu’est-ce qu’il cherche à nous dire ?

Cela vaut le coup de persister car il nous interroge sur la nature profonde de l’homme, identique malgré les siècles écoulés :

- Sa soif de conquêtes dans tous les domaines, géographique, politique ou technologique.

- Sa curiosité jamais assouvie qui le pousse à toujours aller plus loin. Trop loin ?

En tous cas, un roman impossible à oublier !

Merci aux éditions Zulma  

Roman reçu en double. Un exemplaire est donc à gagner sur Instagram.

 

 

 

 

 

samedi 29 août 2026

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Bo est un vieil homme, quatre-vingt-neuf printemps, ou plutôt quatre-vingt-neuf hivers.

Car il dort beaucoup, trébuche quelquefois, oublie souvent …

Ce ou plutôt celui qu’il n’oublie jamais est son chien Sixten, un chien d’élan toujours près de lui. Une relation fusionnelle entre eux.

Bo nous raconte son quotidien, les visites des aides à domiciles, mais aussi et surtout, se rappelle son passé. Un homme fragile physiquement, quelquefois mentalement, mais plutôt lucide dans ses souvenirs.

Il évoque son père, un homme dur, sa femme chérie en EHPAD pour Alzheimer, les relations compliquées avec son fils Hans…

D’autant plus que Hans, constate la dégradation de l’état de santé de son père et souhaite confier Sixten à des personnes qui pourront le faire sortir sans craindre de voir son père tomber en forêt.

La peur des aidants… La peur, souvent mauvaise conseillère.

🐶 Le message de l’autrice est fort, sans jugement. Elle montre les situations et ouvre notre champ de compréhension :

- Que c’est dur, d’être très vieux !

- Que c’est dur, d’être le proche d’une personne en grande fragilité physique et mentale !

Car notre ami Bo est vulnérable, mais aussi – comme très souvent les personnes du 4ème âge, dont les peurs sont nombreuses – très têtu. Il s’arc-boute sur ses positions, ne veut rien entendre, boude, et refuse en bloc …

Car Hans veut choisir le meilleur pour son père, essaie de s’adapter au mieux mais il n’a pas compris que Sixten est le seul et dernier être vivant pour qui BO EST UTILE ET INDISPENSABLE… Le seul aussi à ne pas le juger, vieilli et amoindri. Le seul à l’accepter et l’aimer comme il est. Avec son chien, il est encore VIVANT !

- Que c’est dur d’avoir la bonne attitude envers les plus fragiles !

Protéger, mais ne pas surprotéger, voire infantiliser, ce qui RÉDUIT la personne à un statut de malade, d’incapable.

Impossible à accepter quand on a du caractère et Bo n’en manque pas.

- Écouter la personne. Bo a l’impression, et ce n’est pas qu’une impression, qu’on ne l’écoute pas. Il est dépossédé de sa vie, de son identité. INVISIBLE.

- Accepter un rythme plus lent, Nos rythmes trop rapides les stressent. Et ne pas décider sans cesse ce qui est bien pour la personne.

🐶 Un roman précieux et lumineux sur la vieillesse.

Une vraie pépite. Bien écrit, prenant et surtout bouleversant.

J’ai compris bien des choses en le lisant.

Merci Lisa Ridzen !


Extraits :

🐶 « Il me gare dans le fauteuil. Les gens me garent à différents endroits désormais, comme si j’étais attaché à un siège passager. »

🐶 « J’ai l’impression d’exploser de l’intérieur quand il saute sur moi. Il enfouit son museau sous mon aisselle et s’installe confortablement. Je caresse son flanc, son pelage est frais. »

🐶 « Avant que j’ai le temps de lui dire que le déambulateur suffit, il est déjà parti vers l’entrée. Pourquoi est-il si pressé ? »

🐶 « Un son de trompette interrompt mes pensées et deux oiseaux majestueux volent juste au-dessus de moi. Les premières grues de l’année. Je m’arrête et je les suis du regard. J’observe leurs ailes puissantes qui battent régulièrement et propulsent les grands oiseaux vers l’avant. Je me promets qu’avant qu’elles ne repartent vers le sud, j’aurai quitté cet endroit. »

🐶 « J’ai envie de me lever, de taper du poing sur la table et de dire que je fais ce que je veux, bon sang. Que je suis le capitaine de mon propre navire.

Mais je ne le fais pas. Parce que je ne suis pas le capitaine. Je ne suis qu’un balluchon attaché à un bateau en pleine tempête. »

🐶 « Mais plus personne ne prête attention à mes paroles rauques. Comme des oiseaux morts tombés du ciel, elles se fracassent à un endroit où personne ne va jamais. »

🐶« Je te regarde un instant dans les yeux. C’est absolument incroyable qu’une personne aussi belle que toi veuille être avec quelqu’un comme moi. »

🐶 « Mais ce qu’elle ne comprend pas, c’est que refuser, c’est la seule chose que je peux faire. »